La nature en bord de chemin

« La ville, c’est loin de tout ». Avec son sens habituel de la formule, Marc Giraud résume la situation et nous invite à l’accompagner sur les chemins de France. « Pour peu que l’on prenne la peine de regarder, chaque promenade est un festival de surprises, car l’extraordinaire se cache dans l’ordinaire. » Il avertit d’emblée ses lecteurs : il existe en France des tas d’animaux prestigieux (ours, lynx, loups, castors, genettes, loutres…) qu’on n’a quasiment aucune chance de voir. Donc il n’en parle pas. Marc préfère nous intéresser à ceux qui sont facilement à portée de regard et non pas à ceux qu’on ne voit que dans les livres car, dans la nature, rien ne vaut l’émotion d’une rencontre.
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Les visiteurs de l’été sont arrivés

Le rougequeue a été le premier. Il y a un bon mois déjà, tout à coup je l’ai vu, sur la barrière agitant sa queue de manière caractéristique. Et puis, il y a le pouillot veloce, un autre du peloton de tête des visiteurs de l’été. On sait qu’il est là grâce au tchip tchap de son chant. Ce petit oiseau très rapide comme l’indique son nom n’est pas très facile à observer sauf lorsqu’il est pris en flagrant de gourmandise. J’ai ainsi pu observer un couple se gaver de bourgeons de forsythia. Je me suis même lassée avant eux!
Dans le même temps, il y a eu les hirondelles de fenêtres et deux semaines plus tard les rustiques. Dans la semaine, le rougequeue à front blanc s’est montré sur le noisetier juste devant la fenêtre de mon bureau. Samedi, j’ai entendu la huppe. Je savais qu’elle était arrivée dans le sud du département. La voilà enfin chez moi. Et hier, tout à coup, j’ai reconnu le chant du rossignol. On attend encore le loriot, la tourterelle de bois et, celui que tout le monde connaît, le coucou.
En fin de journée, lorsque la lumière s’adoucit, c’est un vrai concert, surtout en ce moment. Ces oiseaux qui viennent nicher chez nous n’ont pas de temps à perdre. Le chant fait partie de la grande manœuvre pour séduire les femelles et assurer sa descendance. Dans quelques mois, les oisillons devront être prêts pour leur premier grand voyage.

© Danièle Boone

Au nom de la terre avec Pierre Rabhi

Voilà un film incontournable pour tous ceux qui aiment la nature ou qui ont l’âme écologiste. Du Sahara algérien où il est né à l’Ardèche, son pays d’adoption, Pierre Rabhi a suivi sa voie. Imperturbablement. A 75 ans, il est célèbre pour ses paroles libres et surtout son action, une « résistance tranquille » contre une « société de la frénésie qui a donné à l’argent les pleins pouvoirs ». En effet, il ne « croit pas à la lutte dans les éclats de la colère ».

Parce qu’il y a « des lois intangibles » et que « vouloir transgresser les lois de la nature, c’est se condamner à mort », Pierre Rabhi prône l’agroécologie, « cette pratique qui, comme l’explique Edgar Morin, dépasse le simple traitement bio de la terre, des animaux et des végétaux pour s’inscrire dans la création ou la recréation du système où nous vivons en respectant son organisation éco-systémique complexe, manifestation spontanée de la biodiversité. »

De plus en plus de gens ont envie de faire bouger le monde mais souvent, ils se sentent impuissants et baissent les bras. Pourtant, chacun d’entre nous, peut comme Pierre Rabhi, résister sans éclat de voix contre « un modèle défaillant, celui du productivisme agricole » qui produit de la mort. Les scandales alimentaires qui se succèdent sont la partie immergée de l’iceberg. Pour cela, il suffit de choisir de consommer local. Si chacun d’entre nous, s’y contraignait, l’humanité ferait un bond de géant en avant. Et puis, bien sûr, tous ceux qui ont la chance d’avoir un jardin, une terrasse ou un balcon, peuvent transformer leur petit coin de nature en un mini paradis pour la biodiversité en bannissant tous les produits chimiques, des biocides, tueurs de vie. Une fois sur le chemin, on se rend très vite compte que tous les « indispensables » vantés par la publicité ne servent à rien. La liberté est là, le bonheur aussi.

Au nom de la terre, documentaire réalisé par Marie-Dominique Dhelsing, est au cinéma ce mercredi 27 mars.
☞ Kaysen, hors série spécial Pierre Rabhi, 132 pages sans publicité.

A lire sur ce blog
Ma rencontre avec Pierre Rabhi
Pierre Rabhi, parole de terre

© Danièle Boone

Je fais fuir les escargots et les limaces

Qui n’a pas découvert au matin une très prometteuse pousse de potimarron disparue sous les dents d’un gastéropode ne peut comprendre la haine des jardiniers pour les escargots et les limaces. On essaie tout : le piège à bière (néfaste pour les hérissons qui se saoulent), la barrière de cendres, la récolte nocturne des ennemis à la lampe torche… Y’en a même qui craquent et cèdent à la tentation de la chimie. Ceux là font complètement fausse route car, en plus, ils empoisonnent aussi leurs prédateurs naturels, grenouilles, crapauds, merles… Ce petit livre très documenté, à l’écriture vive et pleine d’humour est à conseiller à tous ceux qui frémissent pour leurs petits légumes tout neufs et tout tendres.   ☞ lire la suite

 

Le pape François a oublié la nature

Choisir François d’Assise pour référent – une première dans la papauté – c’est assurément rompre avec la tradition. Paix et pauvreté seront donc les deux grands mots – de ce pontificat naissant. Mais, François d’Assise, c’est aussi l’harmonie avec la nature et tous les êtres vivants. Hélas, cette facette du saint, patron des écologistes, ne semble pas inspirer le nouveau pape. Dommage ! Le monde et les hommes auraient bien besoin d’un porte flambeau de cette envergure. Qui sait, le « Très-Bas » comme l’a nommé Christian Bobin va peut-être faire un miracle!

Lire Construire la terre, un article paru sur ce blog où il est question de François d’Assise.

© Danièle Boone

Des abeilles et des hommes

Une tête coiffée d’antennes apparaît. Les ouvrières s’affairent. Nous assistons à la naissance d’une reine. Telles sont les premières images, rares et précieuses, du documentaire de Markus Imhoof. Bien d’autres séquences sont époustouflantes notamment l’accouplement en plein vol d’une autre reine avec des faux bourdons.
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.© Danièle Boone