A cheval dans le Sancerrois

Soudain, au détour d’un virage, apparaît à l’horizon d’un océan de vigne la ville de Sancerre, perchée sur son piton haut de 312 mètres. Magique. Nous lançons alors nos chevaux au galop sur le chemin de terre qui surplombe le vignoble.

© Danièle Boone

Débutants pas de panique! Christine Herlin adapte ses randonnées selon les niveaux et ses henson, petits chevaux à la robe beige dorée, sont très dociles. De plus, Christine, éthologue, prépare et met à l’aise, en une demi-journée seulement, ceux qui rêvent de monter mais n’ont pas encore osé franchir le pas. Pour l’heure, nous abandonnons nos montures pour visiter la ville.

De l’esplanade de la porte César, on découvre à 180° la vallée de la Loire, le canal latéral du fleuve, Saint-Satur et son viaduc. De son côté protestant, Sancerre n’a gardé que la tour des Fiefs, le donjon cylindrique du château des comtes de Sancerre détruit en 1573. Les petites rues aux noms imagés, Carroir-de-Velours, Pavé-Noir, Trois-Barbes… aboutissent à la Nouvelle Place où tout est dédié aux fameux vins de Sancerre, blancs ou rouges.

De retour dans le vignoble, on découvre les villages d’Amigny, Crézancy, Bué, Verdigny, Sainte-Gemme, blottis au fond de la vallée pour bénéficier d’un maximum d’ensoleillement. Nous traversons le pittoresque village de Chavignol qui a donné son nom à l’un des crus les plus réputés et aux fameux crottins, petits fromages ronds au lait de chèvre. Mais aujourd’hui, plus de chèvres, la vigne occupe tout. Il faut aller, un peu plus loin, dans les terres non AOC pour retrouver les biquettes.

© Danièle Boone

Arrivés à la ferme des Prés, détente et apéro au bord de la piscine tandis que les enfants découvrent les poulains qui viennent de naître, les poules, les chiens et chats… Quant à nos chevaux, nous les avons reconduits au pré où ils savourent pleinement leur liberté. Leurs robes prennent des tons dorés dans le soleil couchant.

Le lendemain, direction Le Pays Fort, ainsi appelé pour la dureté de ses sols. Nous traversons le bocage avec ses haies d’aubépines et de sureaux en fleurs, puis la forêt et ses chemins menant à des clairières muettes et des étangs, pour arriver au château de Boucard. Entouré de douves, il apparaît au creux d’un vallon comme une vision de conte de fée.

Autre balade: la découverte du village de potiers de La Borne. Il faut pour cela couper à travers la magnifique forêt de feuillus dans laquelle se cache la terre à grès qui a fait la renommée du lieu. Il y a cinq siècles déjà, on y tournait écuelles et pots à lait émaillés à la cendre de bois. Dans le musée, les pièces anciennes, signées Talbot, Rozay, Lerain, côtoient la production contemporaine.

© Danièle Boone

A quelques kilomètres de là, sur la commune voisine de Neuvy-Deux-Clochers, Jean Linard, un extraordinaire artiste, céramiste et peintre, construit depuis plus de trente ans une fabuleuse cathédrale dressée sous la voûte des arbres, une œuvre cousine des constructions naïves du facteur Cheval ou de Picassiette.

Nos chevaux intrigués par le scintillement des rayons du soleil dans les fragments de miroirs utilisés par l’artiste, dressent leurs oreilles. Après une passionnante visite, nous passons par la tour de Vesvre, vestige de la plus ancienne forteresse du Berry construite aux environs de 1170. A l’intérieur, sur une poutre, un serpent sculpté aux lèvres rouges, représente la Vouivre, la mythique mangeuses d’hommes!

ligne3.jpg&
Christine
Herlin, l’âme de la ferme des prés, s’en est allée non sans avoir lutter contre la méchante maladie qui l’a emportée le 27 janvier 2012, bien trop tôt. Elle avait seulement 50 ans. La plupart de ses chevaux sont partis. Il ne reste plus que les plus âgés qui vont finir leur vie en toute tranquillité dans ce havre de paix. Thierry, son mari, et Benjamin, leur fils, poursuivent l’activité chambres et tables d’hôtes.

Même si les balades équestres ne sont plus au programme, je laisse cet article sur ce blog, en hommage à Christine.

La Ferme des Prés
Les Girardins, Neuilly-en-Sancerre. Tél.: 02 48 26 75 69 / 06 15 88 32 23
ligne3.jpg

© Danièle Boone – Toute reproduction même partielle du texte ou des photos est soumise à autorisation

Retour page d’accueil

4 Responses to A cheval dans le Sancerrois

  1. Bonjour,
    Belle échappée bucolique et belle écriture.
    Précision sur le Crottin de Chavignol (ou « Chavignol »), qu’il faut aussi citer, car l’AOP le concerne, tout comme le vin !
    Etes-vous revenue depuis ?

    ————————————————————————————
    Vous avez raison, le crottin de Chavignol a aussi une AOC mais son territoire est très large beaucoup plus que celui du vignoble.
    Oui, j’y suis tellement revenue que lorsque j’ai quitté Paris, je me suis décidée pour la région.
    J’habite à 45 km de Sancerre.

  2. bonjour, je viens de découvrir votre blog, et me permet de vous remercier pour votre article sur le Sancerrois.
    Je viens de publier un guide touristique sur le net, pour en faire également la promotion, et faire découvrir notre si belle région.
    je souhaiterai créer un lien vers votre blog et recueillir votre avis critique pour me permettre d’améliorer la qualité de mon guide.
    URL : http://sancerre-tourism.com
    cordialement
    Fabien PERREAU

  3. très bel article avec de jolies photos qui donne envie de partir à l’aventure avec vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *