Arbres

Il y a peu, j’ai été invitée à une lecture de « l’Homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. Je me suis empressée d’accepter cette invitation car c’est un texte que j’adore et que je n’avais jamais entendu lu. Dans les jours qui ont suivi, et face à la sécheresse qui font souffrir les arbres, je me suis dit que, quelque part, Giono, avait été visionnaire. Il serait urgent de replanter des milliers et des milliers d’arbres en espérant qu’il n’est pas déjà trop tard car le changement climatique est là. Lorsque je pense aux séquoias géants de Californie qui ont traversé plusieurs siècles et qui sont en train de mourir, je me dis que la menace est bien réelle.


☞ Lorsque je me suis installée à la campagne avec en tête de parvenir le plus possible à une autonomie alimentaire, j’ai planté des arbres, créé un grand potager. Aujourd’hui, je me dis que ce n’est peut-être pas si simple que cela. Les catastrophes écologiques sont là pour le montrer. Quand la nature se fâche, force est de reconnaître qu’on est tout petit, à sa merci.

Lorsque à vingt ans, à l’occasion de l’anniversaire de sa sœur, j’ai découvert la rangée de petits chênes que Guy Millérioux avait semé et qui ne faisaient pas plus d’une dizaine de centimètres de haut, j’ai été sidérée. L’image s’est ancrée dans ma boîte à souvenirs. D’abord enfouie, elle est réapparue pour ressortir de plus en plus souvent. Ce qui m’était incompréhensible à vingt ans s’est éclairé au fil du temps. Plus le temps a passé et plus la capacité de ce jeune homme à sortir de l’instantanéité pour entrer dans le temps de l’arbre m’est apparue comme une sagesse innée.

Le hasard a fait, que j’ai fait la connaissance de Guy presque quarante ans plus tard. Il plante toujours des arbres et ces bébés chênes qui m’avaient tellement impressionnée sont devenus de grands arbres. C’est à lui que j’ai prêté « l’homme qui plantait des arbres » qu’il n’avait jamais lu. Et lui m’a prêté un livre sur les différentes variétés de pommes. Le temps a passé et le retour des livres ne s’est pas fait. Il ne s’occuppe plus du moulin de Pesselières, et nous ne nous sommes plus croisés depuis quelques années, mais je sais qu’il plante toujours des arbres !

Les arbres ont toujours été mes compagnons de vie. A douze ans, une période assez douloureuse de ma vie après la mort de mon frère aîné, j’avais pour confident, un arbre. Lorsque le chagrin était trop fort, je me rendais auprès de lui, dans la campagne avoisinante, et je me ressourçais en le serrant dans mes bras. J’ai découvert longtemps plus tard que c’était un acte chamanique.

Aujourd’hui on sait que les arbres jouent un rôle essentiel dans l’équilibre biologique. Alors ne tuons plus les vieux arbres et partout où c’est possible, plantons des arbres comme le vieil Elzéard Bouffier.


Ce pommier a succombé après une tornade à laquelle j’ai assisté. En quelques secondes, les vents tourbillonnant à 160km/h ont tués des centaines d’arbres sur une bande d’une vingtaine de kilomètres de large. Mon jardin était dedans. Tristesse infinie devant leur vulnérabilité.


Les arbres, c’est de la poésie à l’état pur, à toutes les saisons et l’hiver, lorsqu’ils sont recouvert de givre, c’est absolument magique.
De fait, cette lecture m’a donné envie de parler des arbres. En cherchant parmi mes photos, je me suis rendue compte, que j’en avais plein. Je n’ai retenu que ceux que j’ai photographié en France. Une autre fois, je vous raconterai mes rencontres avec les arbres d’ailleurs.

☞ A lire sur ce blog mon article sur « L’homme qui plantait des arbres. » s


02/08/2018 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte est soumise à autorisation.