Archives pour la catégorie Agricultures

Quand les multinationales prônent une agriculture climato-intelligente, nos décideurs y croient !

Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture. Un chiffre inquiétant… et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.

De fait, les multinationales se servent du changement climatique pour imposer leur futur modèle agricole avec le concept nouveau d’une « agriculture climato-intelligente » pour produire plus et mieux… Dans les arènes des négociations sur le climat, elles sont dans les starting-blocks pour promouvoir des « engrais intelligents » et des plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. L’agro-industrie est en passe de remporter cette bataille sur l’agro-écologie, une victoire qui risque de coûter cher à notre santé, à l’environnement et … à nos portes-feuilles. En effet, ces lobbies ayant l’écoute des politiques,  sont champions pour récupérer un maximum de subventions donc l’argent de nos impôts ! Des chercheurs et des ONG tentent de renverser la donne.

Lire la suite de cette passionnante enquête signée Sophie Chapelle ici ☞ Bastamag.

© Danièle Boone

Bio et pureté : un quiproquo persistant

Samedi, je suis allée chez un apiculteur à une dizaine de kilomètres de chez moi dans le cadre d’une visite publique. Très respectueux de ses abeilles, il fait tout « naturel ». Il refuse d’exploiter la gelée royale et le pollen qui servent à nourrir la reine et sa colonie. Il refuse de mettre ses ruches dans les grandes cultures, bref, j’apprécie hautement son travail mais j’ai bondit lorsque je l’ai entendu dire « le miel bio, cela n’existe pas » sous prétexte que tout est pollué. Ce dimanche, j’ai participé à un déjeuner qui réunissait les membres de mon association Nature 18 et mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai entendu « De toute façon, le bio cela n’existe pas. » La même idée reçue et fausse lancée dans la conversation en 24 heures. Les adversaires du bio qui l’ont initiée, il y a quelques années déjà, ont réussi à l’instiller dans la pensée collective ce qui induit une autre pensée : « pourquoi payer plus cher quelque chose qui de toute façon n’est pas bio ». Ils se reposent sur le fait réel qu’il n’y a plus un centimètre carré sur terre qui n’est pas pollué mais que des personnes qui, visiblement sont respectueux de la nature, tombent dans le panneau de la pureté, j’ai du mal! Car le bio reste la promesse de fruits et légumes plus riches en nutriments même s’ils peuvent comporter des traces de biocides.

Explication : les légumes se nourrissent principalement dans le sol. Le bio est une méthode de culture sans apports d’intrants chimiques et sans pesticides qui permet au sol de rester vivant (voir mon article ☞ ici). Des légumes qui poussent dans ce type de sol sont en bonne santé et du coup, par la règle de la chaîne alimentaire, participent à notre bonne santé. Idem du côté des abeilles. La charte de l’apiculture bio concerne les soins aux abeilles notamment, au niveau de leur nourriture. Au lieu de leur donner du sirop de glucose qui ne contient rien d’autre que du sucre, on leur laisse du miel qui leur fournit tous les sels minéraux et autres micro-nutriments indispensables à une bonne santé. Respect des animaux plutôt qu’hyper production.

La pureté n’existe pas et n’a jamais existé mais la manipulation de la pensée est bien ancrée. Ce n’est pas une raison de baisser les bras. L’alimentation industrielle pas chère à court terme pour le porte-monnaie de la ménagère s’avère très onéreuse en matière de santé publique. Et je continue à penser que ceux qui savent et contribuent à l’empoisonnement universel dans le seul but de s’enrichir devraient être jugé pour crime contre l’humanité. Autant de raisons pour leur dire non et faire le choix de consommer bio, pour notre santé et celle de la planète.

© Danièle Boone

La ferme dont on rêve découverte par Reporterre

Lorsque je découvre des reportages qui me donnent du baume au cœur, j’ai envie de les partager. C’est pourquoi, il m’arrive quelquefois, de vous faire part de mes trouvailles et j’ai décidé de le faire plus souvent. Cette fois, c’est un article de Marie Astier de Reporterre qui a attiré mon attention. Elle a rencontré Gilles Simonneaux, un paysan breton qui s’est tourné vers le bio en reprenant la ferme laitière de ses parents en 1998. Et comme il se sentait un peu seul, il a diversifié non seulement sa production (céréales) en accueillant sur ses terres d’autres producteurs. Il a commencé par confier un hectare de terre  à une maraîchère, un boulanger et il a ouvert une boutique tenu par une gérante et à laquelle adhère d’autres producteurs bio. Chacun est responsable de sa partie. Résultat : une totale autonomie (l’installation de panneaux solaires assurent les besoins en électricité) et un moindre coût de production par la mutualisation. Et ça marche! La crise bretonne, Gilles Simonneaux ne connaît pas. Cela prouve qu’avec un peu de créativité, il y a d’autres façons de faire. Pour tout savoir (et comprendre) sur ce miracle, je vous renvoie à l’article ☞  ici.

© Danièle Boone

 

L’agroécologie de Pierre Rabhi

L'Agroécologie, une éthique de vieDans ce petit livre d’entretien, Pierre Rabhi rappelle inlassablement ses convictions étayées par sa pratique : oui, l’agroécologie peut nourrir le monde. « En redonnant au paysan la responsabilité d’observer le vivant et de chercher des pratiques harmonieuses avec les dynamiques naturelles, l’agroécologie lui restitue son rôle de chercheur et d’inventeur. »

Jacques Caplat, agronome et ethnologue, issu d’une famille de paysan, est lui-même très engagé pour le maintien d’une agriculture paysanne. L’échange entre ces deux hommes de convictions est clair, limpide mais aussi hyper lucide.

Pierre Rabhi a réussi à convaincre beaucoup de monde y compris des politiques et autres décideurs cependant, il n’est pas dupe « des volontés de récupération ou du double langage de certains, et il faut y prendre garde pour ne pas les laisser détourner un beau courant d’eau vive vers une mare obstruée ». Mais il sait aussi qu’en reconnaissant l’agroécologie, « ils justifient et valorisent le travail admirable de milliers de paysans et ils leur offrent l’énergie mentale nécessaire pour persévérer et amplifier leur œuvre ».

L’agroécologie, une éthique de vie
, Actes sud, 8 €

© Danièle Boone

Circuits courts

Circuits-Courts au LuisantPrès d’un agriculteur français sur cinq commercialise directement tout ou une partie de sa production. Les circuits courts répondent à une nouvelle attente des consommateurs soucieux de se réapproprier leur alimentation. J’animerai une table ronde ce samedi  à Germigny l’Exempt dans le Cher. Si vous êtes en Berry, n’hésitez pas à venir discuter avec les producteurs locaux. A l’heure où se négocie le traité transatlantique (TAFTA), l’enjeu est d’importance. Le débat sera suivi d’un apéritif musical. C’est au Luisant, un lieu superbe, à découvrir absolument. ☞ lire la suite

© Danièle Boone