Archives pour la catégorie Voir, lire, écouter

Composter en ville avec Jean-Jacques Fasquel

Composter en villeLe recyclage des biodéchets pour tous et partout, tel est le sous-titre de cet ouvrage pratique consacré au compostage citoyen des biodéchets de ménage en ville. Jean-Jacques Fasquel est le pionnier du compostage en pied d’immeuble dans la capitale. Il s’est tellement passionné pour le sujet qu’il s’est formé pour devenir maître-composteur et c’est aujourd’hui son métier principal. Autant dire qu’il est l’homme de la situation. Il nous donne la recette du compost comme une recette de cuisine : des ingrédients, des quantités, un tour de main et l’intérêt de fabriquer un plat de qualité pour … les plantes. Le livre est très agréable à lire. On se laisse guider, on apprend à connaître les petites bêtes, on découvre plein d’astuces et… on a vraiment envie de s’y mettre.

Éditions Rustica, 128 pages, 12,95 €

© Danièle Boone

Planète Nièvre : la forêt du Morvan en danger

Lorsqu’on se promène dans le Morvan, on ne peut que constater l’exploitation intense de la forêt, des coupes à blanc qui font d’énormes cicatrices dans le paysage, de plus en plus de résineux et la disparition accélérée de la forêt native de feuillus. Le récent Contrat régional forêt-bois qui fixe les orientations sylvicoles pour 2018-2028 prône pour la forêt du Morvan une augmentation de la production de bois et un enrésinement intensif en douglas.

Cette orientation va faire croître la pression sur les espaces forestiers et standardiser la forêt à la demande de la grande industrie, avec des impacts irréversibles sur la biodiversité, les écosystèmes forestiers, leurs fonctionnalités et leur résilience. Force est de reconnaître que ce Contrat n’est pas en cohérence avec les politiques publiques de préservation de la biodiversité, de la qualité de l’eau et du climat.

Cette industrialisation de la forêt a de quoi inquiéter. Heureusement un mouvement citoyen se met en place et des associations se sont constituées pour défendre les forêts. Nous nous sommes rendu à Brassy où nous avons rencontré :
• Isabelle Beuniche qui représente les associations au sein du collectif SOS forêt bourgogne
• Cyril Gilet de l’ONF, qui représente le Snupfen solidaire (syndicat national unifié des forêts et de l’espace naturel) au sein du collectif SOS Forêt Bourgogne
• Nicolas Henri, gestionnaire du groupement forestier du Chat sauvage, un groupement citoyen dont l’objectif est de racheter des parcelles pour les gérer de manière durable et raisonnée.

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© Danièle Boone

Écoute l’arbre et la feuille

Après « Un an dans la vie d’une forêt« , David G. Haskell nous enchante à nouveau par sa connaissance de la nature, son sens de l’observation et son écriture poétique. Cette fois, il a choisi de s’intéresser à douze arbres mythiques, de l’olivier de Jérusalem au noisetier d’Écosse, du fromager d’Amazonie au pin blanc du Japon, en passant par le sapin baumier d’Ontario et le poirier de Chine à l’angle de la 86e rue et de Broadway. Car tous ces arbres dont il nous parle sont bel et bien des individus qu’il a rencontré et suivi sur plusieurs semaines, plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Dans la forêt, les décisions sont prises sur la base de flux d’informations impliquant des milliers d’espèces. « Affirmer que la forêt « pense » n’est pas un anthropomorphisme, écrit David G. Haskell. Seulement ces pensées ne se forment pas dans un cerveau comme le nôtre, mais dans un réseau vivant de relations. » Ici, il nous parle de la mémoire des mésanges, là de celle des plantes inscrite dans leur architecture biochimique. Il aborde également les problèmes du réchauffement climatique, de la déforestation, de l’eau, de la pollution, de l’urbanisation et même des géographies de la peur. Tous ces problèmes sont hélas devenus invisibles aux yeux de beaucoup. Ainsi, tout en nous invitant à observer un arbre, il nous ouvre aux problématiques du monde contemporain dans ses relations à la nature. Un livre magistral.

Éditions Flammarion, 480 pages, 24,90 € – editions.flammarion.com

© Danièle Boone

Planète Nièvre : la permaculture, la voie vers la transition

La permaculture est une philosophie de vie qui vise à créer un monde durable. Dans permaculture, il y a le mot permanence donc un monde qui soit un peu autonome et qui s’inspire du fonctionnement de la nature. La permaculture a de nombreuses applications au jardin mais elle s’applique aussi à tous les domaines de la vie. Elle peut concerner notre façon de produire de la nourriture aussi bien que notre façon d’habiter, de nous déplacer, de nous chauffer, de nous soigner, d’enseigner, etc. Nous avons décider de consacrer notre émission à ce thème. Pour cela, nous avons rencontrer plusieurs nivernais déjà en route :
• Carine Mayo, auteur de deux livres sur la permaculture (éditions Terre Vivante). Elle mène un jardin en s’inspirant de la permaculture non loin de Corbigny
• Rosine Trilli, aide soignante, à la retraite. Elle vit à Suilly-la-Tour avec son mari selon les principes de la permaculture : grand jardin, serre, autonomie en eau, maison en paille et ossature bois en auto-construction.
• Xavier Kandel, de la société Aquatiris, spécialisée en assainissement par phytoépuration à Saint Vérain
• Anne Piélot, enseignante. Elle a restauré de manière écologique une vieille maison à Saint Vérain : poêle de masse autoconstruit, cuve de récupération d’eau de pluie qui alimente les toilettes et le lave-linge et phytoépuration
• Laurie Saulnier, chargée de Prévention Déchets à la Communauté de Communes Loire, Nièvres et Bertranges pour la recyclerie de La Charité-sur-Loire
• James Nibloe, professeur d’anglais à Nevers, initiateur de 3 fêtes de l’abondance à La Marche et du repair café de La Charité sur Loire
• Marion Bertin, animatrice pour l’office centrale de la coopération à l’école qui a autoconstruit sa maison en paille à Montigny-les-Amognes en faisant appel à des chantiers participatifs

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© Danièle Boone

On a 20 ans pour changer le monde

Le film de Hélène Médigue qui sera en salle ce mercredi 11 avril s’ouvre sur un paysage classique de l’agriculture industrielle. « Dans des endroits comme ça, tu te poses des questions, constate Xavier Mathias, maraîcher bio. Comment on a glisser ? Comment un projet de société nous échappe ? Comment on laisse faire les choses ? Qu’est-ce qui s’est produit ? » Dans cette phase de constatation, interviennent plusieurs personnalités, les Bourguignons qui parlent de sols fertilisés mais qui ne sont plus fertiles, Philippe Desbrosses qui ose le terme de décapitalisation, Francis hallé qui déplore la catastrophe et qui souhaite que si certains agriculteurs ne veulent pas changer qu’au moins ils laissent les autres changer. ☞ lire la suite

© Danièle Boone