Archives pour la catégorie Voir, lire, écouter

Stéphane Durand raconte la grande histoire de la nature

Stéphane Durand, biologiste et ornithologue, s’est livré avec beaucoup de verve, de poésie aussi, à un exercice peu banal. La nature est le personnage principal de ce récit qui couvre 20 000 ans d’histoire. On se laisse emporter dans ce voyage étonnant basé sur des données scientifiques. Au fil des pages et des périodes, le grand désert de glace fait place à l’abondance naturelle. Partout des arbres, des fleurs, des animaux, de l’eau vive…  Les bouleversements successifs n’ont jamais entamés l’incroyable énergie de la vie. Le dernier chapitre s’intitule : la grande régression. Celle-ci commence il y 8 000 ans environ lorsque surgissent l’éleveur et le cultivateur. 24 pages seulement avec l’homme donc, sur les 256 du livre ! Mais à quoi bon s’étendre sur l’épopée destructrice d’Homo sapiens que désormais tout le monde connaît ?

Comme Gilbert Cochet avec lequel Stéphane Durand a co-signé le très beau « Ré-ensauvageons la France » publié chez le même éditeur en avril dernier, l’auteur croit à l’immense capacité de résilience de la nature pour peu qu’on la laisse tranquille. Cette nouvelle manière d’envisager l’avenir irrigue la pensée naturaliste d’aujourd’hui. Oui, des espèces sont en train de disparaître, certaines ont même déjà disparu à cause de nous. Le constat est là. Aucune raison d’en être fier. Dans le même temps, certaines populations animales, des rapaces par exemple, sont de nouveau dans une dynamique ascendante. On a juste arrêté de les exterminer à coup de fusil, de poison et d’idées reçues. La question est maintenant de savoir « quels espaces de liberté sommes-nous prêts à laisser à la nature pour qu’elle puisse s’adapter, réagir, proposer des combinaisons nouvelles et surtout garder tout son potentiel évolutif et créatif. » Bref, en résumant à ma manière, je dirais : sommes nous prêt à lâcher prise (et nos peurs) pour que vive le sauvage ?

20 000 ans ou la grande histoire de la nature par Stéphane Durand. Actes sud, 256 pages, 22 €

© Danièle Boone

Planète Nièvre – Abattoir de Corbigny, vers un autre modèle ?

C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur parce qu’il concerne à la fois l’alimentation et le bien être animal. Le monde industriel s’est emparé de tout le vivant, y compris nous, en nous manipulant pour faire de nous de parfaits consommateurs. Face à la décision de Sicarev qui ne souhaite plus exploiter l’abattoir mucipal de Corbigny, la mairie, la communauté de communes, les éleveurs, les bouchers gèrent ensemble cette situation délicate. Un comité de pilotage a été constitué, un bureau d’étude a été nommé et la solution la plus viable apparaît devoir être locale avec une réorientation de l’élevage de proximité.

Par ailleurs, depuis quelques temps déjà, des éleveurs s’interrogent pour éviter à leurs animaux la souffrance de cette dernière étape. Nous avons assisté à un colloque sur l’abattage à la ferme à Tracy Saint-Loup en Saône et Loire organisé par Bio Bourgogne. La loi agriculture alimentation a prévu dans son article 73, la mise en place d’expérimentations d’abattoirs mobiles sur le territoire français, une très bonne nouvelle. Nous sommes incontestablement à un moment où, la prise de conscience citoyenne aidant, les changements de paradigmes sont en cours. C’est le sujet de cette émission.

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© Danièle Boone

Les « big five » de Marc Giraud

Les Big Five de Marc GiraudEn Afrique, les « big five » sont les cinq plus gros animaux que les touristes veulent absolument voir et photographier :  l’éléphant, le rhinocéros, le buffle, le lion et le léopard. Chez nous, tout passionné de nature rêve de rencontrer le loup, l’ours brun, le lynx, le cerf et l’aigle royal, des animaux quasi mythiques, nos « big five » à nous. Marc Giraud, l’auteur de ce livre qui vient de paraître aux éditions Delachaux et Niestlé, défend la nature de proximité, celle qui est à notre porte et qu’on oublie trop souvent de regarder. Alors en osant cette comparaison, son message est clair : nous avons chez nous aussi, des animaux extraordinaires, sachons les voir et surtout les protéger, car c’est une chance inouïe. ☞ lire la suite

© Danièle Boone

« Passion oiseaux » de Bastien Juif

Passion oiseaux de Bastien JuifCombien d’heures à arpenter la nature, à fixer le ciel, à observer le comportement des oiseaux, à attendre pour réaliser ces photographies somptueuses. La première image de ce livre : un martinet noir, une espèce emblématique, un oiseau exceptionnel, mon oiseau préféré ! Un signe sans doute, mais en tournant les pages, les unes après les autres, je suis allée d’un bonheur à un autre bonheur. D’oiseaux relativement peu fréquents à observer comme le Monticole de roche ou la Rémiz penduline à des oiseaux  communs comme le Rouge-gorge ou le Pinson des arbres, leur incroyable présence est extraordinaire. Que dire de ce Bihoreau capturant une grenouille, de cette altercation entre un Gros-bec casse-noyaux et un Étourneau sansonnet, de l’offrande d’un jeune brochet par un mâle Guifette moustac à sa femelle en guise de cadeau de noces ? Bref, vous l’aurez compris, je suis tombée sous le charme des photographies de Bastien Juif. Et son texte explique simplement son travail, ses rencontres avec les oiseaux mais aussi son inquiétude sur leur raréfaction. Un très beau livre à offrir sans modération aux amoureux des oiseaux et de la nature.

« Passion oiseaux » par Bastien Juif. Éditions Omniscience, collection Nunataks, 214 pages, 29 €

© Danièle Boone

Pensées pour les amoureux des chevaux

Almaniak 2019Les éditions 365 ont décidé de republier les « Pensées pour les amoureux des chevaux  » initialement parues en 2014. L’iconographie a été renouvelée mais les textes sont repris à l’identique. J’avais pris beaucoup de plaisir à faire ce petit ouvrage qui m’a demandé une grosse recherche documentaire. De fait, c’est un calendrier pour l’année 2019. A chaque jour, soit une pensée, soit un portrait de cheval célèbre (Incitatus, le cheval de l’empereur Caligula, Morzillo, celui de Cortès devenu un dieu, Rossinante, la jument de Don Quichotte, Zingaro, le cheval clown de Bartabas qui a donné son nom à son théâtre équestre), un portrait de passionné (Thierry Lhermitte, Paul Morand, Jean Rochefort, Théodore Géricault), une anecdote sur les pratiques équestres dans le monde (Maroc, États-Unis, Mongolie, Irlande, Oman), un commentaire éthologique qui éclaire sur le comportement de la gent équine ou encore une citation. Je vous livre la première pensée de l’année celle qui illustre le 1er janvier 2019 donc : « Le must pour un cavalier, c’est de rendre son cheval aussi beau que lorsqu’il est dans la nature, sans homme sur le dos. » J’ai longtemps été une cavalière, je ne sais pas si j’ai réussi cela mais c’est vrai qu’un cheval, c’est un compagnon extraordinaire qu’on n’oublie jamais !
Éditions 365, 14,95 €

© Danièle Boone