Archives pour la catégorie Voir, lire, écouter

Le temps des forêts

Le temps des forêtsAvant l’été, nous avons fait une émission sur la forêt du Morvan en danger à cause d’un enrésinement systématique selon le processus de coupe rase de parcelles de feuillus suivie de plantation de douglas. Le Morvan n’est pas le seul endroit où la forêt vit une phase d’industrialisation sans précédent. Le documentaire de François-Xavier Drouet, Le temps des forêts, vient de sortir. Du plateau de Mille vaches dans le Limousin où vit le documentariste à la forêts des Landes en passant par le Morvan et les Vosges, le constat est sans appel : mécanisation lourde, monocultures, utilisation d’engrais et de pesticides. La gestion forestière suit le modèle agricole intensif. Ces derniers espaces naturels qui parlent à nos imaginaires vont-ils être aussi détruits par l’avidité des hommes ? C’est un film à voir absolument.

Pour ceux qui habitent le département du Cher, Le temps des forêts sera projeté jeudi 18 octobre à 20h au cinéma Le Rio à Saint-Florent-sur-Cher. La projection sera suivi d’un débat auquel je participerai en compagnie de Bertrand Dugrain, directeur de l’agence Berry-Bourbonnais de l’ONF de Bourges, Antoine Hubert, chargé de mission au sein de l’Arbocentre, Jérôme Rosa du Centre Régional de la propriété forestière et Yoann Holub, technicien forestier à la DDT du Cher. Le débat sera animé par Philippe Sellier, responsable du service culturel de Saint-Florent. Venez nombreux.

© Danièle Boone

Planète Nièvre : glyphosate, pourquoi tant de résistance ?

Le 15 septembre dernier, 42 députés sur 80 votants ont refusé d’inscrire dans la loi Alimentation/Agriculture, l’interdiction dans les trois ans du glyphosate, herbicide gravement toxique alors qu’une majorité  de français ont désormais pris conscience de la dangerosité des pesticides et souhaitent son interdiction. Pourquoi tant de résistance ? C’est ce que nous avons cherché à comprendre. 

Pour cela nous avons exploré les arguments des pro-glyphosates qui souhaitent remplacer une molécule par une autre, argumentant également la mise en concurrence déloyale avec les autres céréaliers européens qui eux pourront utilisé l’herbicide pendant encore cinq ans ainsi que les différentes techniques pour s’en passer, labours profonds, rotations plus larges des cultures et aussi semis dans paillis. Nous nous sommes également interrogé sur le rôle ambigu des coopératives qui, à la fois, conseillent les agriculteurs adhérents, leurs vendent semences et produits phytosanitaires et leur achètent leur production, d’autant qu’elles se retrouvent aujourd’hui au sein des grands groupes de l’agroalimentaire qui eux mêmes investissent dans les pesticides. Enfin, nous avons constaté le rôle non négligeable de la mondialisation : pour être concurrentielles, les céréales à l’exportation doivent être produites au plus bas coût, ce que permet le glyphosate. Entre la santé des humains, la biodiversité et l’argent, une fois encore le choix a été fait au profit de l’argent !

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© Danièle Boone

Une nouvelle formule pour les 4 saisons

4 saisonsLe magazine de Terre Vivante auquel je collabore a fait peau neuve : format agrandi, maquette aérée, nouvelles rubriques. La base line indique « Jardin Bio, Permaculture et Alternatives » affirmant ainsi la volonté du magazine à suivre les voies expérimentales du jardinage et au delà, de l’habitat, de la nourriture… bref de tout ce est en mouvement positif. Certes les 4 saisons ont toujours été attentifs mais ces thèmes seront désormais abordé plus systématiquement. La permaculture, régulièrement traitée dans l’ancienne formule, a maintenant une place à part entière puisque dans chaque numéro, une double page sur le sujet est réalisée par Joseph Chauffrey et, dans une autre double page, Carine Mayo assure la partie  » ville » où les initiatives foisonnent ? A noter également une double page Jardin naturel où l’on découvre la faune et la flore du jardin, comment la favoriser et surtout comment la préserver, et c’est là où j’interviens. Rappelons que les 4 saisons est le seul magazine à posséder un jardin expérimental et que tous ses collaborateurs pratiquent. Les experts savent donc de quoi ils causent !

© Danièle Boone

Nous voulons des coquelicots

Nicolino-Veillerette« Ceci n’est pas un livre. C’est un manifeste. Celui de la vie, des coquelicots dans les champs de blé, des oiseaux au bord du chemin, des abeilles » est-il écrit dans le prière d’insérer du livre sorti en même temps que le numéro spécial de Charlie pour accompagner l’appel des 100 pour l’interdiction de tous pesticides. C’est un immense pari que lancent Fabrice Nicolino et François Veillerette. « Nous allons vaincre un système né en 1945 car il n’est fort que de nos faiblesses et de nos reculs. Du jour où viendrait enfin une révolte calme, unanime, durable de la société, nous affirmons que les pesticides et leur cortège de mort disparaîtraient de notre paysage. »

Fabrice Nicolino et François Veillerette se donnent un à deux ans pour réussir et sortir la France du tout chimique. Pour cela, ils appellent à une mobilisation citoyenne générale. « Nous voulons ardemment des coquelicots et nous allons le montrer, pacifiquement, mais puissamment. C’est maintenant ou jamais » lit-on dans l’introduction. Ensuite, les auteurs rappellent les faits depuis le DDT miracle jusqu’au roundup, la mécanique bien huilée du mensonge utilisée par les lobbies, l’inaction sans faille des politiques au service du fric, la chimère du plan Écophyto. Ils rappellent aussi les nombreuses alertes dont la première fut lancée par Rachel Carson en 1962. Qui pensait, il y a seulement dix ans encore, qu’un jour, le printemps pourrait vraiment être silencieux, c’est à dire sans chant d’oiseaux. Aujourd’hui, à voir la vitesse avec laquelle, ils disparaissent, on sait que c’est possible, et pas dans un siècle mais demain ! Ce livre-manifeste s’achève avec le texte de l’appel.

Éditions Les Liens qui Libèrent, 128 pages, 8 €
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M. Macron, président de la Négation écologique

Hervé Kempf a écrit un édito sur Reporterre autour de la nomination de François de Rugy au ministère de l’écologie et de la transition sociale pour succéder à Nicolas Hulot. Il n’y a pas de compromis possible entre le néolibéralisme et une politique écologique. Et il n’y a rien à attendre du pouvoir qui ne serait pas gagné par la lutte, écrit-il. Je suis entièrement d’accord avec l’analyse d’Hervé Kempf et je vous invite à le lire.
l’édito de Hervé Kempf
☞ A lire également, toujours sur Reporterre, François de Rugy ne nuira pas aux Lobbies par la sociologue Vanessa Jérôme

© Danièle Boone