La Gardiole, un balcon sur l’étang de Thau

L’étang de Thau vu de la montagne de la Gardiole © Danièle Boone

La montagne de la Gardiole domine l’étang de Thau alors, parfois, au détour du chemin, le spectacle est grandiose. Les tables ostréïcoles de Bouzigues strient de noir les eaux bleues. Et de l’autre côté, c’est plein cadre sur la lagune de Frontignan. Une grande et magnifique balade dans la Garrigue, avec en prime l’Abbaye Saint-Félix-de-Montceau, à faire le matin tôt.Montagne de la Gardiole © Danièle Boone

☞ Le sentier s’élève doucement au-dessus de Balaruc-le-Vieux. La garrigue riche en épineux, chênes Kermès, cistes cotonneux au feuillage argenté et cistes de Montpellier, plus verts. Et tout à coup, une colonne de tournesols. Par quel mystère sont-ils arrivés là ? Un oiseau sans doute a laissé tombé une graine. Un pied a poussé donnant à son tour des graines. Certaine, cette fois, ont du être épargnées par les volatiles qui en raffolent. Et voilà, pour nous, une étrange rencontre!

Une lavogne, réservoir d’eau destiné à l’origine aux moutons © Danièle Boone

La salsepareille, chère aux Schtroumpfs, s’épanouit généreusement sur toute la colline, tout comme le brachypode rameux, l’herbe à mouton, qu’ici on appelle braouque.  Autrefois, en effet, la Gardiole accueillait des troupeaux comme en témoignent les nombreuses lavognes. Aujourd’hui, ces réserves d’eau, jamais à sec, assurent la présence de nombreux amphibiens.

Ephippigère porte-croix © Danièle Boone

Cette acrobate est une éphippigère porte-croix, un gros insecte de la famille des sauterelles que je n’avais encore jamais vu. Et pour cause, c’est une sudiste qu’on ne rencontre que l’été. Ses ailes antérieure, très courtes, servent à émettre des sons.

Fourmillon © Danièle Boone

Encore un bel insecte que j’ai découvert: le fourmillon.  Mon ami naturaliste Marc Giraud raconte formidablement bien  comment la  larve du fourmillon cachée sous un monticule de sable, piège ses victimes – des fourmis. Seules ses deux pinces tranchantes dépassent. Et il attend.  » Il peut attendre des jours,des semaines, des mois s’il le faut. Il a une incroyable capacité de résistance au jeûne. Enfin, une fourmi (ou un autre insecte) s’aventure au bord du volcan. L’erreur est fatale, les parois de sable glissent, glissent, se dérobent vers la mandibules qui attendent au fond de l’entonnoir. Plus la fourmi s’agite, et plus le sable roule sous ses pattes. Comme si cela n’allait pas assez vite, le fourmillon lance des cailloux pour accélérer l’affaire et affole sa victime, qui précipite sa chute. Dès qu’il sent le moindre contact, il la happe, l’entraîne sous terre et la déguste en la vidant. Ensuite, il jettera la dépouille au loin et attendra l’arrivée de son prochain repas ». Après sa métamorphose, il deviendra ce bel insecte à l’air de libellule!

Citron de Provence © Danièle Boone

Et puis bien sûr, des papillons volètent partout comme ce beau citron de Provence qui, comme son nom l’indique, ne se rencontre que dans le sud. Il est semblable à notre citron national, mais l’intérieur de ses ailes est orange foncé. Sur la photo, on devine cette couleur vive par transparence.

Lichenée rouge © Danièle Boone

Celui là, d’après mes guides d’identification, devrait être une lichenée rouge. Mais le mien n’est pas rouge mais orange. Peut-être une variante?

Abbaye Saint-Félix de Montceau © Danièle Boone

Les ruines de l’abbaye bénédictine Saint-Félix-de-Montceau datent du XIIème siècle. Elles ont été sauvées grâce à des bénévoles. La restauration entreprise dans les années 1970 se poursuit. La reconstitution du jardin monastique justifie à elle seule la visite. En redescendant de l’autre côté, les vues sur la lagune de Frontignan sont aussi somptueuses.

Balaruc le Vieux depuis la crique de l’Angle © Danièle Boone

Depuis Balaruc-le-Vieux, il existe une autre super balade d’une heure à faire en bord d’étang  jusqu’à Bouzigues. Avant de quitter le village, jetez un œil sur le clocher de l’église. Vous n’y verrez pas le traditionnel coq mais un poisson. C’est un mulet qu’ici on appelle muge, le poisson emblématique de l’étang de Thau.

Crique de l’Angle © Danièle Boone

Le chemin longe la crique de l’Angle, l’un des rares espaces sauvages en bordure de l’étang accessible aux promeneurs.  Le paysage  a parfois un air de Camargue.

Flamant rose © Danièle Boone

D’ailleurs, on y rencontre des flamants.

Crique de l’Angle © Danièle Boone

Une image prise au cours de cette balade juste pour le plaisir. Le lieu est très apaisé.
Bouzigues © Danièle Boone

On arrive à Bouzigues, la capitale des huîtres de Thau. Des milliers de tables ostréicoles strient l’étang juste en face de Sète. D’ailleurs, on les voient formidablement bien de la Gardiole. Si vous n’avez pas envie de refaire le chemin à l’envers, vous pouvez prendre un bus qui vous reconduira à Balaruc.

Plus d’infos:
– Le kama-sutra des demoiselles, Robert Laffont. C’est dans ce livre, p. 150, que Marc Giraud raconte l’histoire de la larve du fourmillon – www.marcgiraud-nature.net
– Le site de l’Abbaye : www.saintfelix-abbaye.fr

Itinéraire:
Cette rando est décrite (n° 29) dans « Label Rando dans l’Hérault, Rando Editions

A relire sur ce site: Week-end à Sète


18/07/2011 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte et des photos est soumise à autorisation

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