
Le temps du film est lent comme celui de Nénette, une femelle orang-outan de 40 ans dont 37 passés au jardin des plantes. D’abord gros plan sur ses yeux. Que regarde-t-elle? Que voit-elle? Et puis sa bouche. On dirait qu’elle sourit mais on dirait seulement. Et puis le bruit, les voix des visiteurs, les exclamations: c’est Nénette. Elle a 40 ans. Comme mon papa, remarque un enfant. Et puis tout à coup de nouveau le silence. C’est le rythme des journées de Nénette. C’est le rythme sonore du film. On ne voit que Nénette enfin, aussi, un peu, ses trois congénères dont son fils Toubeau. On n’éprouve pas de compassion pour Nénette. On est dans son espace et on en ressent la clôture. Pas de jugement, pas de révolte. Bien sûr, on apprend plein de choses. Elle est née à Bornéo. Elle est arrivée ici en 1973. Elle a eu trois maris et quatre fils. Elle … mais son histoire n’a pas vraiment d’importance. Ce qui importe, c’est d’être dans son présent ce qui ne veut pas dire dans sa tête car, au bout du film, on ne sait rien de plus sur la pensée des orangs-outans ou celle des animaux des zoos. Mais, et c’est là toute la prouesse de Nicolas Philibert, on fait bel et bien l’expérience dans son corps de l’enfermement. Difficile à expliquer, ça se vit. Voilà pourquoi, il faut aller voir ce film.
© Danièle Boone
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Une exposition sur le Taoïsme, une première en Europe et l’occasion de découvrir cette religion chinoise qui est aussi une philosophie. A l’heure des questions, elle apporte des ébauches de réponse. Libre ensuite à chacun de suivre ou non cette voie du Tao qui prône le respect de l’autre, de ce qui nous entoure et de soi-même ainsi que la modération. La Chine, tellement engagée dans la course à la modernité, devrait prendre le temps de se replonger dans ses racines. ☞ suite
Grand Palais jusqu’au 5 juillet
© Danièle Boone
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Des océanologues ont découvert une nouvelle accumulation de déchets dans l’océan. Une première “poubelle” avait été trouvée dans le Pacifique en 1997. Cette fois, c’est dans l’Atlantique. Les déchets aboutissent à cet endroit par les effets de courants qui s’enroulent. Du coup, les objets, essentiellement des plastiques, ne peuvent plus s’en échapper. On appelle cela une gyre. Polyéthylène, polypropylène, mousse polystyrène et autres molécules courantes sont présents jusqu’à au moins dix mètres de profondeur. Mais le plus impressionnant est la taille de cette “décharge” aussi grande en superficie que l’état du Texas. Le gros ennui est que ces fragments de plastique fonctionnent comme des éponges. Ils accumulent des polluants organiques persistants. Les principales victimes de cette pollution sont les animaux marins mais qu’on ne s’y trompe, par les effets de la chaîne alimentaire, l’homme n’est pas à l’abri! Les scientifiques pensent qu’il existe trois autres gyres, dans l’Atlantique et le Pacifique sud et dans l’océan Indien. Il est impossible d’envisager un nettoyage, les débris étant trop nombreux et trop fragmentés. Encore une fois, nous sommes devant une urgence dont trop de monde se contrefout: il faudrait cesser immédiatement de continuer à prendre l’océan pour une poubelle. Je lisais hier que la majorité des religions voit en l’eau un moyen de purification alors que le chamanisme notamment celui d’Asie centrale, déconseille toute ablution et autre bain purificateur par crainte de souiller l’eau! Il serait peut être judicieux de faire nôtres quelques unes de ces croyances si respectueuses du vivant!
Pour en savoir plus voir l’article du Monde.
© Danièle Boone
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J’ai découvert l’épigénétique par hasard en écoutant Jean-Claude Ameisen dans La Tête au carré, l’excellente émission de Mathieu Vidard sur France Inter. Une grande respiration… Non, les gènes ne déterminent pas toute notre vie. Oui nous sommes des individus libres, responsables de notre vie. Une grande nouvelle à l’heure de l’infantilisation sociale qui transforme la majorité des individus en victimes consentantes de la consommation, de la crise, des maladies… ☞ suite
© Danièle Boone
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Pour justifier une politique basée sur la loi du plus fort, nos décideurs s’appuient sur de faux principes de biologie. En effet, dans la nature, affirme le primatologue Frans de Waal, la compétition n’est pas le seul moyen de survivre. La coopération a largement sa place d’où le sous-titre de son livre “Leçons de la nature pour une société solidaire”.
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© Danièle Boone
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Cela semblait fou… Heureusement, il arrive que le bon sens reprenne ses droits. Dans l’affaire qui opposait la FNPRT (Fédération nationale des producteurs de raisins de table) au MDRGF (Mouvement pour le respect des générations futures) ☞ ici le Tribunal de Grande Instance vient de trancher ce 10 février 2010 en faveur du MRDGF. Non seulement la FNPRT a été déboutée mais aussi condamnée pour procédure abusive à verser 1 € de dommage et intérêt ainsi que 2 000 € au titre des frais engagés pour sa défense. Cette décision, assez rare dans ce type de procès, remet les pendules à l’heure. C’est une victoire pour la liberté d’expression et l’action et les droits des contre-pouvoirs.
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