Plaisirs d’été au jardin

PollinisateurL’été mon jardin naturel est toujours propice à de nombreuses observations. Cette année, un accident sur un chantier de restauration d’un muret en pierres sèches m’a forcée au repos et donc à être encore plus contemplative. Et bien sûr, je n’ai pas résisté à faire ces quelques photos que je partage aujourd’hui avec vous.

Prairie fleurie☞ Ma prairie était particulièrement fleurie cette année et pourtant les papillons étaient peu nombreux. L’effondrement des populations de tous les insectes est une réalité que nul ne peut nier. Je me suis installée à la campagne en 2010 et je l’ai constaté à l’œil nu durant ces six dernières années. Dans le même temps, l’utilisation des insecticides systémiques dits « néonicotinoïdes » a augmenté de 30% en France ! Les sénateurs ont voté leur interdiction pour 2018 mais avec de nombreuses dérogations jusqu’en 2020. En d’autres termes, ils ont donc voté leur utilisation pour quatre ans encore! Au rythme où va cet effondrement, c’est pure folie car la disparition des insectes impactent toute la chaîne alimentaire, les premiers touchés étant les oiseaux qui ne peuvent plus nourrir correctement leurs couvées. Les « sénatueurs » comme certains les appellent vont-ils être à l’origine de ce « Printemps silencieux » annoncé dès 1960 par Rachel Carson ?

PapillonLes azurés ou argus rassemblent tout un tas de petits papillons qui doivent leur nom à leurs couleurs (ailes ouvertes) plus ou moins bleues. Ils étaient pléthore il y a peu de temps encore. Cette année, je n’en ai vu que quelques uns.

CarotteLes fleurs de carottes sauvages comme toutes les ombellifères sont une manne pour les insectes. Mais là encore les ombelles sont bien peu habitées. On aperçoit une coccinelle et une punaise arlequin. Les coccinelles sont elles aussi bien peu nombreuses cet été.

Eristale J’ai photographié cet insecte (voir aussi la première photo) butinant des fleurs de bourrache. Je n’ai pas réussi à l’identifier. Je pense qu’il s’agit d’un membre de la famille des éristales, des diptères (mouches) déguisés en guêpe ou plutôt, ici, en bourdon.

PiérideLes piérides, papillons blancs, qui comportent notamment la piéride du chou, la mal-aimée des jardiniers, semblent mieux résister que les autres espèces.

CoquelicotsCette année, j’ai eu de très beaux coquelicots. Certains persistent encore.

Punaises arlequinsMes plans de rhubarbe étant très fatigués, j’ai décidé d’en laisser fleurir un, prenant le risque de l’achever. Je voulais voir à quoi ressemblait la fleur. Et là, surprise, elle a attiré des centaines de punaises arlequins. Jamais vu auparavant une telle concentration!

Araignée Crabe dans roseLes araignées crabes chassent à l’affût. Celle-ci s’est cachée sous le pétale d’une rose blanche. Les femelles de ces araignées ont la possibilité de changer de couleur et de passer du jaune au blanc, ou vice-versa, en quelques jours selon la couleur de la fleur sur laquelle elle est posée. Ce mimétisme lui permet à la fois d’être inaperçue de ses proies et de ses prédateurs. Le mâle est beaucoup plus petit.

Araignée-Crabe et CriquetCette autre araignée crabe posée sur une fleur d’aster a attrapé un criquet, une proie trois fois plus grosse qu’elle. Le changement de couleur ne s’effectue pas avec le rose ! Bien qu’elle soit très voyante, elle est restée plusieurs jours sur sa fleur d’aster mais un matin, elle n’était plus là, sans doute victime d’un oiseau.

OrchideeUne belle orchidée ! J’ai appris grâce au botaniste Christophe Bodin qu’il s’agissait de l’Ophrys abeille.

Cétoine funesteUne cétoine funeste dans les étamines d’une rose… Je réalise en écrivant cette légende que cette année, je n’ai pas vu de cétoine dorée, ce joli scarabée vert irisé.

FourmiPanique à bord, en soulevant une pierre, j’ai dérangé une colonie de fourmi. Les ouvrières ont mis toutes les larves à l’abri en quelques minutes seulement!

Écureuil rouxMon farfadet s’est laissé prendre en photo. Il faut dire qu’il était très occupé à manger les noisettes à peine formées avec un copain. Leur gourmandise était telle que les deux écureuils roux n’ont pas daigner faire attention à qui était sous l’arbre!

Murin à oreilles échancréesUn murin à oreilles échancrées s’est installé chez moi. L’année dernière j’avais eu l’honneur de recevoir un murin de Natterer, une espèce qui n’est pas rare mais peu fréquente dans mon coin. Les murins à oreilles échancrées sont assez nombreux. Mais les chauves-souris, mammifères insectivores, sont aussi directement menacées par la disparition des insectes.

Huppe fasciéeAh la belle huppe fasciée ! Elle m’a fait l’honneur d’arpenter ma pelouse cette année et comme j’ai une grande porte fenêtre dans mon bureau, j’ai pu l’admirer à loisir car l’oiseau est farouche. Je ne compte pas le nombre de fois où je l’ai vu déguerpir alors que j’ouvrais la porte.

Chardonneret élégantUn point d’eau, voilà une bonne manière d’attirer les oiseaux. Chaque matin, entre 9h30 et 10h, ils viennent boire et se baigner à croire qu’ils sont vraiment routiniers. Ils reviennent en fin d’après-midi mais ce rendez-vous du soir est moins systématique. Ici, bien sûr, vous avez reconnu le chardonneret élégant.

Hirondelle en volIl semble que cette année, la petite colonie d’hirondelles rustiques se soit bien reproduite. Ici, c’est une jeune de l’année dont le vol n’est pas encore très assuré. Les jeunes hirondelles s’exercent en groupe à proximité de mon saule sur lequel elles peuvent se reposer. Avant-hier, il y a eu un regroupement incroyable d’une centaine d’individus sur le fil téléphonique relié à ma maison. Et le lendemain, la plupart avait disparu ! Hormis les quelques retardataires de la dernière couvée, elles sont parties pour le grand voyage. C’est donc déjà la fin de l’été!

Merle noir« Mon » merle est sédentaire. Il hante mon jardin toute l’année et s’est si bien habitué à ma présence que sa distance de fuite a considérablement diminuée. Si je n’avance pas dans sa direction, il me laisse passer à un mètre de lui, sans bouger. Je suis naturellement très fière de cette confiance!

Tourterelle des boisJ’entends la tourterelle des bois bien plus que je ne la vois mais depuis quelques jours, son roucoulement lancinant n’a pas accompagné mes travaux de jardinage. Elle a sans doute, elle aussi, entamé son voyage de retour en Afrique où elle hiverne. La grosse sécheresse et l’absence de nourriture sont sans doute responsables en partie de ces départs relativement précoces. Une chose est certaine : ces départs annoncent la fin de l’été.


20/08/2016 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte et des photos est soumise à autorisation.