Aspas: trophée de plume pour Watson, trophée de plomb pour Vanier

Chaque année, les adhérents de l’Aspas (Association pour la sauvegarde et la protection des animaux sauvages) élisent le personnage qu’ils apprécient le plus pour ses actions pour la nature. C’est Paul Watson qui a reçu le trophée de plume 2013. En France, on connaît peu cet homme courageux qui lutte sur le terrain. Il n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour stopper les baleiniers illégaux, ceux qui pratiquent le finning. Il a fondé l’association Sea Shepherd (Berger de la mer). Ses ennemis le font volontiers passer pour un terroriste pourtant même le Dalaï Lama soutient son action. Recharché par la police de plusieurs pays et par les mafias des trafics d’ailerons de requins, Paul Watson a demandé l’asile politique à François Hollande qui n’a donné aucune réponse pour l’instant.

Chaque année, les adhérents de l’Aspas élisent aussi le personnage qu’ils apprécient le moins. C’est Nicolas Vanier qui, avec 65% des votes, a reçu le trophée de plomb 2013. J’approuve à 100 % . J’ai fait un reportage sur son camp  dans le Vercors et j’avais à l’époque (juste avant l’ouverture) été assez écœurée de l’opportunisme du projet et du finalement peu de respect pour la nature et même de l’environnement. Ce camp touristique est implanté dans une zone protégée. Je n’avais pas pu en discuté avec l’intéressé puisque j’avais été reçue seulement par son équipe.
Quant à ses films, malgré les belles images, je ne les ai pas aimé. Les récits ne tiennent pas la route et  les personnages sont peu crédibles. De plus Vanier fait passer des messages qui me déplaisent. « Il n’y aurait pas tant d’animaux s’il n’y avait pas de chasseurs » est-il dit dans « Le dernier trappeur ». Ben voyons donc ! Et dans « Loup », je ne me souviens plus très bien, mais en gros, la fin détruit tout ce qui semble d’abord bienveillant. Sa conclusion, c’est que le loup a toujours été l’ennemi de l’homme et le sera toujours.  Et puis pour parachever l’ensemble,  Nicolas Vanier a déclaré sur Europe 1 qu’il trouvait normal le massacre des phoques au Canada qualifiant l’attitude de ceux qui s’y opposent de « sensiblerie imbécile ».

© Danièle Boone

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