Masanobu Fukuoka : semer dans le désert, c’est possible

L’un des derniers livres de Masanobu Fukuoka, l’auteur du livre culte « la Révolution d’un seul brin de paille » vient d’être réédité. C’est une très bonne nouvelle. Masanobu Fukuoka y présente son projet révolutionnaire pour réhabiliter les déserts et parvenir à la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture sauvage, méthode qu’il a élaboré. Lors de ses voyages, il a constaté que parfois au milieu du désert, coule un fleuve comme le Niger, par exemple. Or si il y a de l’eau, il devrait y avoir des plantes qui poussent. Que comprendre sinon que c’est l’homme lui -même qui est responsable. « La signification de la disparition d’un seul oiseau ou d’une seule plante n’est pas juste la mort de cet oiseau ou de cette plante. Elle a une profonde signification pour nous tous. Elle est connectée à la destruction de l’harmonie entre tout ce qui vit. » 

Fukuoka pose des questions pertinente : « comment peut-on se féliciter de l’avancée de l’agriculture moderne, y compris de l’énorme accroissement de la production, si le rythme des famines, des disettes, de l’épuisement de la terre, des maladies, augmente encore plus rapidement ? »  Pour lui, l’essentiel est de se reconnecter à la nature. Pour que la vie revienne dans les déserts, il faut revitaliser la terre ou plutôt laisser la nature le faire elle-même. Il préconisait de lancer des milliers de graines enrobées dans une boulette d’argile, voire depuis un hélicoptère. Quand les conditions sont favorables, certaines, les pionnières, poussent et créent un environnement favorable pour que d’autres s’épanouissent à leur tour. 

Le livre va bien au delà de l’agriculture. Il nous interroge sur notre façon de vivre. « C’est le moment de stopper le développement dialectique construit sur une civilisation fausse et centrifuge. C’est le moment de saisir, philosophiquement et religieusement, que l’espèce humaine affronte sa fin. » Voilà tout est dit. A nous d’en tirer les conclusions et d’adopter cette sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi et ce respect de la nature que nous enseignent les peuples racines.

Éditions Guy Trédaniel, 264 pages, 21 € – www.editions-tredaniel.com

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