Que crève le capitalisme, ce sera lui ou nous

C’est un Hervé Kempf en grande verve, digne d’un Victor Hugo, qui signe ce nouvel ouvrage. Son introduction, virulente, n’est pas sans rappeler la célèbre tirade de Ruy Blas ! Hervé, c’est le fondateur et le rédacteur en chef de Reporterre, ce quotidien en ligne sur lequel je vous renvoie régulièrement. Nourri de trente ans de journalisme scientifique, d’enquêtes sur le terrain et de cette formidable expérience de « Reporterre », il dresse un tableau imparable de ce capitalisme qui nous a mené là où nous en sommes. Les quinze années qui séparent la publication de Comment les riches détruisent la planète n’ont fait que confirmer ses thèses d’alors. Pire, la classe dirigeante s’est arc-boutée en s’engageant dans la foulée de l’ébranlement financier de 2008-2009 sur un nouveau chemin de radicalisation du capitalisme, niant la nécessité du changement. Le capitalisme ne peut survivre qu’en détruisant. « Arrêter ce qui détruit, cultiver ce qui grandit, voilà notre programme !» écrit Hervé Kempf. Pour obliger au changement, il prône l’action directe sous toutes ces formes, manifestations, blocages, procès, pétitions, intrusions sans jamais fléchir pour faire ce qu’il appelle une « guérilla pacifique ». Chaque acte de résistante, chaque affirmation de liberté, chaque effort émancipateur conduira au point de bascule de ce système capitalisme qui est de plus en plus en déséquilibre. Nous n’avons pas le choix, car comme le précise le titre : « ce sera lui ou nous ». Je vous invite donc à lire de toute urgence ce court livre très documenté : il remet les idées en place et rebooste notre énergie. Personnellement, je l’ai lu d’une traite.

Que crève le capitalisme, ce sera lui ou nous par Hervé Kempf, éditions du Seuil, 120 pages, 14,50 €

 

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