Benda Bilili

Papa Ricky, l’âme de Benda Bilili Si vous n’avez pas encore vu ce film, courez-y. Les musiciens de Benda Bilili ont tout pour se flinguer, handicap, pauvreté… Et pourtant, dès qu’ils prennent leur instrument, parfois aussi sommaire qu’une boîte de conserve et un fil tendu, les voilà qui vivent, joyeux, insolents face à leur destin. Deux documentaristes français les remarquent. Faut pas les embrouiller! décide Papa Ricky, l’âme du groupe. Après bien des aventures, le rêve finit par se réaliser: l’enregistrement d’un disque et une tournée en Europe. Le scénario est trop beau pour ne pas être vrai.

☞ Avec ce montage dynamique et un art du récit consommé, on pourrait en effet croire à une fiction. Et non, c’est bien d’un documentaire dont il s’agit, un documentaire exceptionnel dont le tournage s’est étiré sur quatre ans. C’est que Renaud Barret et Florent de la Tullaye qui les ont découvert au cours d’un reportage sur les musiciens des rues à Kinshasa ont été fascinés par ces hommes, rattrapés par la polyo, mais qui ont toujours refusé d’être des victimes. Au Congo, les fauteuils roulants pour les pauvres, ça n’existe pas. Qu’à cela ne tienne, on s’en fabrique, bien plus beau, avec un vélo, une moto et on pédale à la main… Qui es-tu pour te moquer de moi?

Les musiciens de Benda Bilili

Papa Ricky, le compositeur et l’initiateur du groupe Benda Bilili, décrit leur quotidien. Leur rêve à tous, c’est… un matelas, le comble de la réussite sociale pour ceux qui dorment sur des cartons. Ils savent tous qu’un homme n’est jamais fini avant la fin. Ils croient tous au disque, au succès, à l’Europe. Ces blancs sont pas bien riches, mais ils vont bien finir par trouver l’argent. L’enregistrement commence. C’est la joie. Juste à ce moment là, le centre d’hébergement où ils vivent brûlent. Ils perdent tout même leur espoir. Un temps seulement. Dans la rue, avec femme et enfants, ils s’accrochent. Lorsque Renaud Barret et Florent de la Tullaye reviennent avec l’argent, il faut reformer le groupe qui s’est dispersé après le drame, en particulier Roger, un gamin magique avec son instrument fabriqué, son regard profond et mélancolique. Il est reparti dans son village. On le retrouve presque adulte. Il se la pète sérieux, une vraie graine de star.

Benda Bilili en concert

Et les voilà en France, un concert dans un festival de world music. C’est le triomphe. La tournée les mène en Scandinavie… Bouh… fais froid!!! Le film se termine, un grand éclat d’Afrique, le plein d’énergie et des refrains qui trottent dans la tête. Et pour prolonger, un disque… Mais ce qu’on aimerait savoir maintenant, c’est comment c’est la vie à Kinshasa, après tout ça?

24/09/2010 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte est soumise à autorisation

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