Beni le bonobo, héros du film d’Alain Tixier

Bonobos

La grande forêt tropicale… un jeune bonobo insouciant avec une maman attentive, un peu autoritaire à son goût, lui qui rêve d’explorer le monde. Les premières images du film sont idylliques jusqu’au vent de panique que provoque, chez les singes, l’irruption des humains.

Bonobos, extrait du film d’Alain Tixier

☞ Tout va très vite alors. Accroché à sa mère qui a grimpé le plus haut possible, le petit bonobo chute tout à coup avec elle. Il ne sait pas, il ne comprend pas qu’elle est morte, tuée par les braconniers. Il se retrouve dans une cage, bringuebalé dans une voiture, puis assourdi au milieu de la foule d’un marché et pour finir, sur le comptoir d’un bar où les clients le font fumer et boire. Dans son désespoir, il se referme sur lui-même et commence à se laisser mourir. C’est le sort réservé à tous les bonobos privés de liberté. C’est alors qu’entre en scène, Claudine André, une femme extraordinaire qui consacre sa vie à ces primates que l’on ne trouve qu’en République Démocratique du Congo.

Claudine André

Le film est un docu-fiction qui s’appuie sur l’histoire vraie de cette femme de passion dont la vie a basculé le 9 décembre 1993 lorsqu’un marchand a déposé un petit bonobo mourant au zoo de Kinshasa. La ville était la proie d’émeutes sanglantes et Claudine André, fille de vétérinaire, avait été mise au courant de la situation catastrophique des animaux et avait décidé de leur porter secours. Elle a donc sauvé ce premier petit bonobo. Il y en a eu un deuxième, puis un troisième et cela ne s’est plus jamais arrêté. Mère de cinq enfants, grand mère de huit petits enfants, elle n’est pas en mal de maternité mais comment résister à ces regards qui vous transpercent l’âme.

Maman de substitution

Les bonobos partagent avec nous 98,7 % de gènes. C’est l’espèce la plus proche de nous ! De plus, ils adoptent la position debout des bipèdes bien plus souvent que les chimpanzés avec lesquels ils ont longtemps été confondus. Alors comment ne pas se révolter et agir. Les bonobos adultes sont souvent considérés comme simple viande de brousse. Les bébés, vendus comme animaux de compagnie, sont incapables de survivre sans leur mère. Chez ces animaux qui peuvent vivre jusqu’à soixante ans, l’éducation des jeunes s’étend sur cinq ans. C’est pourquoi d’ailleurs, des mamans humaines de substitution, s’occupent des orphelins.

Bonobos, extrait du film d’Alain Tixier

En 2001, Claudine André a créé Lola ya Bonobo, « le paradis des bonobos », un sanctuaire de 35 hectares où, s’ils ne sont pas totalement libres, ils vivent au milieu des arbres avec beaucoup d’espace. Mais voilà, ils sont maintenant trop nombreux. Que faire ? « Nous n’avions le choix qu’entre l’euthanasie ou la réintroduction. » Elle a donc cherché un coin de forêt où vivent leurs congénères sauvages et où le bonobo ne figure pas au menu des autochtones. Le pari n’est pas gagné. Très imprégnés par les humains, les dix premiers bonobos réintroduits ne se sont pas mélangés avec leurs frères sauvages mais ils se sont apparemment bien adaptés à leur nouvel environnement. Un deuxième groupe a été relâché le 13 février dernier. A suivre donc.

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L’affiche du film Bonobos d’Alain Tixier


A voir absolument

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26/03/2010 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte est soumise à autorisation

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