Archives pour la catégorie Nature

Planète Nièvre : vous avez dit nuisibles ?

Depuis la loi «biodiversité» du 8 août 2016, le terme «nuisible» est remplacé par «susceptibles de causer des dégâts». Le terme de «nuisible» devenu politiquement, sociologiquement, culturellement inacceptable, a disparu de tous les textes législatifs et réglementaires mais, malgré ce compromis sémantique, rien n’a changé. L’homme s’octroie toujours le statut de grand ordonnateur de la nature. Inscrire une espèce sur la liste quel que soit le terme apporte une légitimité au droit de la gérer et bien souvent de la détruire sous prétexte de la réguler. Pour chacune des espèces classées, les modalités de sa destruction sont précisées : chasse à tir, piégeage, déterrage, etc. et ceci toute l’année. Cette notion d’animal «nuisible» oppose les chasseurs qui défendent l’idée selon laquelle certains animaux indésirables nuisent à la société et doivent par conséquent être détruits et les protecteurs de la nature pour qui l’idée même d’une séparation entre animaux «utiles» et «nuisibles» est une aberration écologique.

Comme vous le savez, c’est un sujet qui me tient très à cœur. Pour cette émission, nous avons rencontré Sylvie Cardona, vice-présidente et co-fondatrice de AVES France, association de protection des espèces menacées, et François Moutou, vétérinaire épidémiologiste, auteur de nombreux ouvrages.

☞ écouter l’émission

Pour en savoir plus : www.aves.asso.fr & www.aspas-nature.org

Le livre des animaux magiques

Il y a des livres qui émerveillent. Celui-ci en est un. Même si il est destiné aux enfants, je suis complètement sous le charme. Passionnée par les traditions des peuples premiers, Chiara Dattola, l’illustratrice a entraîné sa complice Fleur Daugey, auteur et éthologue, dans cette aventure où croyances et science se répondent. Les enfants à partir de 7 ans (et jusqu’à 77 ans et plus) découvriront que chez les Mayas du Mexique, le colibri est le messager des pensées tandis que le caméléon est le créateur du monde pour les Bobos et les Bwaba, peuples d’Afrique de l’Ouest ou encore que le vautour est l’oiseau du paradis pour les Mongols d’Asie centrale. Ce tour du monde des traditions à travers les animaux magiques est servi par un format généreux, 30 x 30 cm, qui met en valeur les très jolies illustrations de Chiara Dattola.

Éditions du Ricochet, 18,50 € – www.ricochet-jeunes.org

L’odyssée du renard

La réhabilitation du renard se fait tout doucement mais sûrement. Ce livre va incontestablement y participer. Les photos de Laurent Geslin sont sublimes. On imagine les heures et les heures d’affût pour obtenir ce résultat sans jamais déranger le goupil. On voit l’animal se promener, muloter, aimer, dormir et même chaparder une part du festin d’un lynx.

La préface de Marc Giraud rappelle qu’il y a une quarantaine d’année, l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dont il est le porte-parole, a choisi le renard comme emblème. L’ASPAS a largement contribué à faire évoluer l’image du Goupil auprès du grand public. Il faut dire que dans le même temps, les biologistes et les éthologues ont étudié l’animal et que, désormais, on le connaît beaucoup mieux. «.L’image qui en émerge est celle d’un animal étonnant, souple, capable de s’adapter à de nombreuses situations, réactif et fascinant à regarder. »

Le texte de François Moutou raconte une histoire tout en nous informant sur les mœurs et coutumes du rouquin. Les deux auteurs ont en effet décidé de raconter l’odyssée d’un renardeau né à la campagne dans une fratrie de cinq frères et sœurs qui va s’installer en ville une fois devenu adulte. Comme le signale François Moutou, c’est une fable tirée d’une histoire vraie. L’objectif des auteurs, de fait, est de faire découvrir le renard tel qu’il est et non pas celui des fabulistes ou autres chasseurs qui rêvent encore de le décimer. Les amoureux du canidé sauvage vont être comblés.

Éditions Salamandre, 142 pages, 29 € – www.salamandre.net

Un bistrot pour la faune sauvage

Foule d'oiseaux à l'abreuvoirL’eau va probablement être le grand enjeu des années qui viennent. Tout le vivant, nous, les animaux et les plantes en ont besoin pour survivre. On peut vivre relativement longtemps sans manger mais pas sans eau. Offrir de l’eau reste encore un geste d’hospitalité chez bien des peuples notamment les nomades. Avec des étés aussi secs que celui-ci, il est indispensable de proposer de l’eau aux petits animaux qui vivent près de chez nous. De fait, il faut en mettre à disposition toute l’année. Vous ne le regretterez pas car c’est un sacré spot d’observation.  lire la suite

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Mobilisez vous pour les «nuisibles »


En devenant éleveur et agriculteur, il y plus de 10 000 ans, l’homme a dû protéger ses bêtes et ses cultures des prédateurs. De son point de vue d’humain, les animaux sauvages sont devenus des concurrents à éliminer. Hélas rien a changé, malgré l’évolution des connaissances scientifiques qui en montre l’aberration, la séparation du vivant entre « utiles » et « nuisibles » perdure que ce soit du point de vue faune ou botanique.

Tous les trois ans, la commission départementale pour la chasse et la faune sauvage (CDCFS) établit la liste des « nuisibles » ou plus exactement des « animaux susceptibles de faire des dégâts » selon les nouveaux termes de la loi qui est ensuite validée par le ministère de l’écologie puis l’arrêté est publié ☞ voir le projet d’arrêté. Entre les deux, une consultation publique qui est en ce moment. Si vous aimez la faune sauvage, si vous êtes inquiet face à l’effondrement de la biodiversité, si, comme moi, vous pensez que cette liste noire est d’un autre âge et indigne, exprimez vous avant le 27 juin. Vous éviterez le massacre inutile de près de 2 millions d’animaux d’ici juin 2022. Vous trouverez comment participer sur le site de l’Aspas ☞ ici avec des exemples pour argumenter votre réponse ou directement sur le site du ministère ☞ ici.

Pour mieux comprendre l’enjeu de cette consultation, je vous invite également à lire ci-dessous mon article intitulé Vous avez dit nuisible ?  paru dans le Traîne-Buisson, le journal de Nature 18, association pour la protection de la nature et de l’environnement du Cher ☞ lire la suite