Archives pour la catégorie Nature

La loutre après l’eden

Ne ratez pas ce documentaire qui nous invite à la rencontre de la Loutre d’Europe, une jolie naïade qui a bien failli disparaître. Sa frimousse est craquante mais il était reproché à ce mammifère amphibie de dévorer trop de poissons. Et il ne fait pas bon pour animal sauvage d’être catalogué ennemi de l’homme. Heureusement sa chasse a été interdite en 1972 la sauvant de justesse de l’extermination  mais il a fallu attendre 1976 pour qu’elle soit protégée. Depuis, elle a progressivement reconquis une grande partie de ses anciens territoires.

Extrêmement discrète, elle est très difficile à observer. Marie-Hélène Baconnet et Philippe Garguil ont donc fait appel à des animaux imprégnés c’est à dire habitués à l’homme, pour certaines scènes. Ils n’en ont pas moins passé un an pour réaliser ce film dans le marais Poitevin. C’est aussi l’occasion d’admirer l’environnement des loutres poitevines. Canaux bordés d’arbres têtards, prairies à vaches maraichines et à chevaux de trait poitevin, les races locales. On voit aussi, entre autres, le ragondin, l’hermine, le martin pêcheur, le tarier pâtre, le héron, la cigogne blanche, le renard et le cormoran, un autre pêcheur concurrent direct de dame loutre. Si la loutre mange entre 800 g et 1 kg de poissons par jour, elle met très souvent à son menu, des écrevisses de Louisiane. Parler de ces envahisseurs est le prétexte pour montrer une très jolie scène de combat de ces crustacés extrêmement néfastes pour l’environnement.

Et bien sûr, nous apprenons tout sur la loutre, comment elle mange, ses amours, la naissance et l’éducation de ses petits. A noter les superbes séquences sous l’eau de cette nageuse hors pair. On découvre aussi, image à l’appui, comment le réchauffement climatique avec ses extrêmes mène la vie dure à notre mammifère. Trop d’eau d’un coup qui envahit leur catiche (terrier de la loutre) suivi de longue sécheresse qui transforme les rivières en filet d’eau condamnant les poissons dont se nourrit la loutre. Les réalisateurs se sont rendu en Espagne à la rencontre de René Rosoux qui étudie comment les loutres espagnoles se sont adaptées à la sécheresse notamment grâce à des bassins de retenues d’eau mis en place par leurs protecteurs, des idées pour aider nos loutres si la situation continue à se détériorer. Bref, tout cela est passionnant et fort bien conté par Macha Méril.

France 5, mercredi 19 décembre, 16h30

Enquête sous le noisetier

Aujourd’hui, je vous propose de vous rendre sous un noisetier et de jouer les détectives pour savoir quel animal s’est régalé. En effet, de nombreux petits animaux raffolent des noisettes et les décortiquent directement dans l’arbre. La coque de la noisette étant très dure, il n’est pas simple pour un animal de parvenir jusqu’à l’amande. Cela exige beaucoup d’efforts qui laissent des traces sur la coque, très différentes d’une espèce à l’autre.

Un gros trou rond irrégulier signe l’œuvre d’un campagnol. Si il est plus petit et bien net, c’est un mulot. Une ouverture bien ronde de 8 à 10 mm, avec le bord de l’ouverture très lisse, c’est le muscardin, un petit rongeur nocturne rare. La noisette a été coupée en deux, c’est l’écureuil. Un petit trou ovale avec des marques sur la coque, c’est la mésange charbonnière. Un orifice de 1 à 2 mm de diamètre, c’est le travail du baladin de la noisette, un charançon, pour y déposer son œuf. La larve se nourrira de la graine.

Cette chronique est parue dans les 4 saisons n° 232 – septembre-octobre 2018.

La pie bavarde

Pie bavarde
J’ai envie de vous parler de ces beaux oiseaux mal aimés que tout le monde peut observer facilement et puis aussi, parce qu’en ce moment se joue leur classement pour trois ans sur les listes des animaux « nuisibles »  oh pardon, maintenant on dit des « animaux susceptibles de faire des dégâts » !  Les pies ne sont pas dites pas bavardes pour rien. Leurs jacassements incessants les font remarquer. C’est sans doute pour cela qu’on entend souvent dire qu’il y a beaucoup de pies, voir trop. De fait, vu qu’elles sont persécutées dans les milieux agricoles, elles ont colonisé les milieux urbains et les jardins accueillants. Plus proche des gens et bruyantes, forcément, on a l’impression d’en voir plus. En fait, leurs effectifs sont stables voire en légère baisse et dans certaines régions, même nettement en baisse.
lire la suite

Marche pour la forêt

rassemblement forêt saint-bonnet de TronçaisPour alerter sur le devenir des forêts publiques, l’intersyndicale des personnels de l’ONF a décidé d’organiser une grande marche pour la forêt. La privatisation de la gestion des forêts publiques et son industrialisation sont les deux sujets qui fâchent. Les initiateurs de cette marche veulent sensibiliser le public qui, globalement, ignore ces problèmes. Pourtant les forêts jouent un rôle essentiel. Elles protègent notre eau, notre climat, nos paysages et la biodiversité. Elles approvisionnent la filière bois et surtout elles nous accueillent. Lieu de promenade et de ressourcement pour de nombreux citadins privés de nature, elle remplit une fonction bien particulière au niveau de l’imaginaire tant collectif qu’individuel. Bref, elle est indispensable dans l’équilibre du monde. Pourtant, aujourd’hui, elles sont menacées par les décisions de l’Office National des Forêts (ONF) et du Ministère de l’Agriculture. La marche pour la forêt qui a débuté le 17 septembre arrive bientôt à son terme. Quatre chemins partis de Mulhouse, Perpignan, Strasbourg et Valence convergent vers Saint Bonnet de Tronçais où la journée du jeudi 25 novembre sera entièrement dédiée à la forêt en présence de nombreuses associations de préservation de la nature. ☞ lire la suite

© Danièle Boone

Autour des palombes, un visiteur de marque

Un autour des palombes dans le bain des oiseaux ! A son plumage, c’est un juvénile. C’est la première fois que j’en vois un venir se baigner. La sécheresse n’en finissant pas, les oiseaux ont besoin d’eau ainsi les espèces les plus sauvages n’hésitent plus se rapprocher des maisons pour se désaltérer et faire leur toilette. Et en ce moment, c’est le temps des migrations. Des tas de petits passereaux font une halte au bain. Ce matin, c’était un minuscule gobemouche noir, hier un pouillot fitis. Je sais bien que mon jardin est accueillant mais chaque fois, je reste émerveillée de ce que je considère comme les cadeaux de la nature et ma journée s’en trouve transformée !

© Danièle Boone