Archives de catégorie : Voir, lire, écouter

livres, films, émissions, expositions

Carine Mayo : le bonheur est au jardin

Les jardiniers, même occasionnels, le savent bien : quel bonheur de mettre les mains dans la terre, de sentir la menthe ou la marjolaine ou bien encore de marcher pieds nus dans l’herbe et quel miracle permanent que ces graines confiées au sol qui deviennent des légumes goûteux. Carine Mayo sait tout cela depuis longtemps, c’est pourquoi elle en parle si bien. Son livre publié aux éditions Terre vivante est une invitation à s’ouvrir au plaisir d’une lumière, d’un chant d’oiseau, car ce sont ces petites choses concrètes et gratuites qui rendent heureux. Le jardin est pour cela le lieu idéal. Le soleil, la pluie, le vent font partie du quotidien du jardin. L’autrice en fait des chapitres : jardiner avec le soleil, s’adapter à la pluie, suivre le vent. À chaque fois, elle nous met sur la voie avec philosophie et poésie sans pour autant négliger les propositions très pratiques pour profiter des éléments ou composer avec : installer une douche solaire ou construire un séchoir solaire mais aussi fabriquer des oyas. ☞ lire la suite

Le chat de Geluck aux Champs Élysées

Vingt chats géants en bronze du dessinateur belge ont investi les Champs Élysées apportant une bouffée d’humour et de poésie. Ainsi, dans ces temps de pénurie culturelle, une exposition est enfin visible.! Dans le même temps, dessins, peintures et sérigraphies sont présentés à la galerie Huberty-Breyne. Le Chat a également investi le musée Soulages à Rodez pour une autre exposition qui n’a été ouverte que cinq jours mais qui est prolongée jusqu’en septembre.
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Les animaux parlent, sachons les écouter

Étudier le vivant par le son, c’est la bioacoustique, une science relativement récente. Nicolas Mathevon s’y adonne depuis plus de vingt ans et l’enseigne à l’université de Saint-Étienne. A lire son livre paru aux éditions Humensciences où l’on sent son plaisir du récit, de la transmission et surtout de son métier, on se dit qu’on aimerait bien être son élève. Ses recherches l’ont mené sur tous les continents alors on chemine avec lui à travers le monde dans les biotopes les plus divers à la rencontre d’oiseaux, de reptiles, de mammifères… ☞ lire la suite

La fabrique de l’ignorance sur Arte

Franck Cuvellier et Pascal Vasselin ont enquêté sur la stratégie des industriels pour contrecarrer des résultats scientifiques qui les dérangent. En créant du doute, ils contribuent à maintenir une controverse qui rend le suspect difficile à identifier. Pour cela, les lobbies n’hésitent pas à investir dans de coûteux laboratoires de recherches. Ainsi lorsque les néonicotinoïdes ont été désignés comme responsables de l’effondrement des populations d’abeilles, les chercheurs à leur solde ont détourné l’attention du public et des politiques en pointant d’autres causes possible, notamment les parasites comme le varroa sur lesquels, ils ont produits de nombreuses études scientifiques. Et cela a payé même si le varroa était là depuis 40 ans et que l’effondrement nettement plus récent correspondait avec l’utilisation massive des néonicotinoïdes. Les politiques prennent généralement leur décision en s’appuyant sur des faits, mais ces derniers étant devenu incertains à cause de la manipulation des industriels, l’interdiction de cette famille d’insecticides apparue au début des années 1990 n’a été actée qu’en septembre 2018. C’est pourquoi sa remise en question avec la dérogation accordée aux industriels du sucre, a déclenché la colère des écologistes.
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La fabrique de l’ignorance, documentaire de Franck Cuvellier et Pascal Vasselin (97′) est à voir absolument sur Arte jusqu’au 23 avril.

Edgar Morin et Pierre Rabhi : les frères d’âme

Lorsque deux sages se rencontrent pour la première fois et discutent du monde pendant cinq heures, cela donne un livre lumineux qui se lit d’une traite, comme si on était là, assis dans le canapé voisin à les écouter. Denis Lafay a orchestré cet échange. En fait, il est le troisième larron de cette conversation hors du commun. Edgar Morin va avoir 100 ans, Pierre Rabhi, 83 ans. Ce qui semble incroyable, c’est que les chemins des ces deux « frères d’âme » ne s’étaient croisés que très rarement et toujours très brièvement. «.Nous nous sommes en effet très peu vus de manière physique, mais nous nous sommes souvent approchés psychiquement, intellectuellement et émotionnellement. Voilà ce qui est important : cette sorte de convergence profonde entre nos deux vies et nos deux pensées » confirme Edgar Morin.

Les voilà donc là, tous les trois, dans un salon d’un établissement montpelliérain alors que la Covid est venu rappeler à l’homme qu’il n’était finalement pas grand chose. « Plus nous nous croyons maîtres de la nature, plus nous en dépendons » constate Edgar Morin. Pierre Rabhi aurait pu faire la même réflexion. La modernité, la technique, la communication, la mobilité, la répression, la violence, le diktat de l’économie, le calcul pire que le profit, la démocratie, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité… sont autant de sujets abordés. Leurs paroles d’hommes libres et lucides pulsent une énergie bienveillante dont on a bien besoin dans ce temps de perte de repères. Espérons avec eux, pour l’humanité et pour nous, que la «.détermination de poursuivre le combat de vivre » l’emporte sur « la tentation du désespoir ».

Frères d’âme – Edgar Morin et Pierre Rabhi
Entretien avec Denis Lafay, éditions de l’Aube, 170 pages, 17,60 € www.editionsdelaube.com