Archives pour la catégorie Voir, lire, écouter

Chroniques de films (fictions et documentaires) de livres, d’émissions radio

Le livre des animaux magiques

Il y a des livres qui émerveillent. Celui-ci en est un. Même si il est destiné aux enfants, je suis complètement sous le charme. Passionnée par les traditions des peuples premiers, Chiara Dattola, l’illustratrice a entraîné sa complice Fleur Daugey, auteur et éthologue dans cette aventure où croyances et science se répondent. Les enfants à partir de 7 ans (et jusqu’à 77 ans et plus) découvriront que chez les Mayas du Mexique, le colibri est le messager des pensées tandis que le caméléon est le créateur du monde pour les Bobos et les Bwaba, peuples d’Afrique de l’Ouest ou encore que le vautour est l’oiseau du paradis pour les Mongols d’Asie centrale. Ce tour du monde des traditions à travers les animaux magiques est servi par un format généreux, 30 x 30 cm, qui met en valeur les très jolies illustrations de Chiara Dattola.

Éditions du Ricochet, 18,50 € – www.ricochet-jeunes.org

Zéro déchet à la manière d’un lombric

Zéro déchetLe décryptage du zéro déchet réalisé par Nathalie Tordjman à l’aune de la nature est passionnant. Les humains qui gâchent et polluent considérablement auraient beaucoup à apprendre en observant ce qui se passe autour d’eux. Tout le monde sait aujourd’hui comment le ver de terre recycle les déchets organiques mais qui pense qu’en matière d’habillement, le sapin est un modèle ? C’est pourtant ce que nous révèle Nathalie Tordjman. Je vous laisse découvrir comment page 127.

Montrer le fonctionnement de la nature en matière de recyclage est l’occasion de rappeler l’incroyable gaspillage des humains – 30 à 50 % des vêtements achetés ne servent qu’une fois et 8 articles sur 10 finissent dans un poubelle – et de les inciter à plus de sobriété notamment en évitant de tomber dans le piège des soldes ! Nathalie Tordjman passe en revue les différents domaines de notre vie : l’alimentation, le tri, l’emballage, le bâti et même les déchets ultimes dont on parle plus rarement dans un chapitre intitulé : éliminer ses excréments comme un blaireau. Elle démontre ainsi qu’il est urgent de s’inspirer des bonnes pratiques du lynx, du collembole, de l’araignée, du vautour et même du sanglier !

Zéro déchet à la manière d’un lombric par Nathalie Tordjman, éditions Salamandre, 298 pages, 19 €

Planète Nièvre : des écolocrèches à Nevers

Prendre en considération l’environnement dans lequel elles vivent, limiter leur impact négatif notamment par la gestion des déchets et favoriser un milieu favorable à la bonne santé des enfants et du personnel par une alimentation saine et en n’utilisant pas de produits chimiques, tels sont les principaux objectifs des crèches écologiques. Et la ville de Nevers souhaite favoriser ce processus.

Nous avons rencontré les responsables de trois crèches : Frimousse, Calinours et Souricette. Nous avons constaté le même souci pour la santé en mettant à l’abri les enfants des produits polluants, notamment des perturbateurs endocriniens.Toutes ces crèches qui seront sans doute labellisées dès 2020 veulent aller plus loin. Ainsi, à Souricette, ce sont les agents d’entretien de la crèche qui ont bénéficié d’un livret de recettes de produits de nettoyage faits maison. A Calinours, c’est un livret à l’intention des parents avec des recettes de produits ménagers, crèmes pour le soin de la peau des bébés, mais aussi jeux sans chimie, qui est en préparation.

Ce qui se passe à Nevers pourrait faire tâche d’huile dans tout le département. La municipalité de Rouy, elle, avait pris de l’avance. Nous avions parlé de son projet d’ouvrir une éco-crèche dans notre émission de juin 2017. Elle a ouvert en avril 2019.

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SDHI : le crime est presque parfait

Une nouvelle enquête de Fabrice Nicolino qui sans relâche dénonce l’empoisonnement collectif à grande échelle orchestré par les industriels vient de paraître aux éditions Les liens qui libèrent. L’histoire est la même à chaque fois : des mensonges éhontés, des conflits d’intérêts et une âpreté au gain sans scrupule. Leur alerte auprès des autorités sanitaires étant restée sans réponse, neuf scientifiques dont Pierre Rustin, directeur de recherches à l’Inserm ont signé en avril 2018, un article dans Libération pour alerter publiquement les autorités sanitaires des risques potentiels présentés par une nouvelle famille de pesticides appelés SDHI et demander la suspension de ces derniers. Ces pesticides que personne ne connaissait jusque là sont épandus partout en France. Utilisés sur de très grandes surfaces agricoles comme fongicides, ils agissent en bloquant une enzyme nécessaire à la respiration cellulaire, présente non seulement chez les champignons et les moisissures ciblés mais aussi chez les humains. Ils peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules provoquant des cancers non seulement chez ceux qui les épandent, mais possiblement aussi chez les consommateurs qui les retrouvent dans leur assiette. ☞ lire la suite

L’odyssée du renard

La réhabilitation du renard se fait tout doucement mais sûrement. Ce livre va incontestablement y participer. Les photos de Laurent Geslin sont sublimes. On imagine les heures et les heures d’affût pour obtenir ce résultat sans jamais déranger le goupil. On voit l’animal se promener, muloter, aimer, dormir et même chaparder une part du festin d’un lynx.

La préface de Marc Giraud rappelle qu’il y a une quarantaine d’année, l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dont il est le porte-parole, a choisi le renard comme emblème. L’ASPAS a largement contribué à faire évoluer l’image du Goupil auprès du grand public. Il faut dire que dans le même temps, les biologistes et les éthologues ont étudié l’animal et que, désormais, on le connaît beaucoup mieux. «.L’image qui en émerge est celle d’un animal étonnant, souple, capable de s’adapter à de nombreuses situations, réactif et fascinant à regarder. »

Le texte de François Moutou raconte une histoire tout en nous informant sur les mœurs et coutumes du rouquin. Les deux auteurs ont en effet décidé de raconter l’odyssée d’un renardeau né à la campagne dans une fratrie de cinq frères et sœurs qui va s’installer en ville une fois devenu adulte. Comme le signale François Moutou, c’est une fable tirée d’une histoire vraie. L’objectif des auteurs, de fait, est de faire découvrir le renard tel qu’il est et non pas celui des fabulistes ou autres chasseurs qui rêvent encore de le décimer. Les amoureux du canidé sauvage vont être comblés.

Éditions Salamandre, 142 pages, 29 € – www.salamandre.net