Copenhague: le ridicule ne tue pas.

J’ai gardé le silence sur Copenhague car je n’avais rien à dire. Je fais partie de ceux qui pensent que, face à l’état du monde, il n’y a pas matière à négociation. Il faut agir. Je redoutais de mauvais accords avec moult auto-congratulations qui auraient été pire que ce résultat lamentable mais clair. Une impasse, c’est toujours une étape importante. Elle oblige à stopper, réfléchir et prendre des décisions, reconnaître aussi qu’on a fait fausse route. Bien, et après avoir constaté cela, que faire?

☞ Nos gourvernants viennent de nous donner une nouvelle preuve de leur inefficacité. Ils sont sous l’emprise d’un pouvoir économique qui ne leur appartient pas. Imaginez un instant tout l’argent dépenser à Copenhague, imaginez encore tout l’argent sans cesse gaspillé en diplomaties diverses, en parlottes et en ronds de jambes… Rassemblez tout cela, et offrez un transport en commun avec un réseau réellement efficace à travers toute l’Europe pour un forfait très accessible. Les grandes entreprises seraient naturellement invitées à participer à cette super cagnotte qui contribuerait forcément à la diminution de la consommation des énergies fossiles et éviteraient des catastrophes annoncées comme les bio-carburants. Je délire en direct… c’est que le brainstorming va être à l’ordre du jour maintenant. Il faut tout réinventé.

Je ne cautionne pas non plus le principe de compensation carbone, droit à polluer, au centre des débats danois. Une vaste supercherie cotée en bourse. Si, si, je vous assure, c’est pour bientôt! Tout cela est bien trop compliqué. Combien d’intermédiaires entre le « prendre » et le « redistribuer ». Combien de sous envolés à chaque étape? Quelle efficacité? Proche de zéro je subodore intuitivement et de façon partiale. Si nous voulons réellement aider les pays dits du Sud, commençons plutôt par cesser les exportations dévastatrices genre ces poulets bretons de sous-sous dernière catégorie qui ont largement contribué à ruiner l’agriculture et les économies locales africaines tout en empoisonnant à petit feu les populations!

Notre système a fait long feu. Difficile à l’accepter et à larguer les amarres pourtant nous n’avons pas d’autres choix si nous voulons survivre. La terre, je le crains, est très fatiguée. Il y a une trentaine d’années, sortant de chez notre éditeur commun, j’ai partagé un taxi avec Frédérick Leboyer, vous savez ce gynécologue qui prônait des accouchements en douceur pour diminuer le traumatisme du nouveau-né. Non, je ne fais pas diversion, vous allez voir. Au contraire. Quelle chance pour la jeune journaliste que j’étais alors. Cet entretien totalement gratuit (aucun article à la clé) m’a profondément marquée. Ce jour là, Frédérick Leboyer a semé en moi l’une des première petites graines de l’éveil. Je ne pourrais plus transcrire notre longue conversation (plus d’une heure) mais je me souviens d’une phrase: « Vous savez, si nous continuons comme ça, la terre se débarrassera de nous ». Je ne l’ai jamais revu mais, hélas, je repense souvent à lui, à cet instant, à sa conviction et je me dis, quelle clairvoyance!

Bon nous sommes mal barrés. Retroussons nos manches et au boulot. Libre à vous de continuer sur votre lancée. Libre à vous aussi de dire non. Je crois que je l’ai déjà cité sur ce blog, Coluche, et même, y’a pas longtemps: il suffirait que vous cessiez de l’acheter pour que ça cesse de se vendre ! Voilà un bon vrai grand principe à pratiquer sans limite, le début de la résistance. Arrêtons de geindre. Arrêtons de dire qu’on ne peut rien faire et après moi le déluge. Le déluge, cette fois, ce n’est pas après nous. C’est là, tout de suite. Prenons notre vie en main. Si l’on examine l’Histoire à travers le monde, la résistance qui porte la victoire, c’est toujours une poignée d’individus déterminés. Le pari n’est pas gagné mais la vie est là! Ça vaut la peine d’essayer, non?

blancblanc
20/12/2009 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte et des photos est soumise à autorisation

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