Essai d’armes à l’uranium appauvri et épandage aérien de pesticides, ça fâche !

Je vis dans une campagne charmante qui ressemble à l’image même de la campagne pittoresque comme on rêve et pourtant, mon département, le Cher, est loin d’être un paradis. Pendant des années, on y a essayé des armes à l’uranium appauvri à l’air libre – et sans doute que cela continue – provoquant des leucémies d’un type bien particulier qui touchent les populations voisines du champ de tirs. Ne manquez pas ce soir à 23h15, l’émission « pièces à conviction » sur FR3 : c’est le sujet du jour. D’ailleurs j’en profite pour souligner l’excellence du travail de Joël Frison, ancien professeur de physique et coordinateur du collectif Alerte Uranium, qui mène l’enquête depuis plusieurs années pour faire éclater la vérité.

☞ Par ailleurs,  Nicolas Quillet, le préfet du Cher nommé par Nicolas Sarkozy fin septembre 2011, vient de donner le feu vert à l’épandage aériens de pesticides en Champagne Berrichonne, la zone de culture céréalière. L’eau de Marmagne, l’une des communes concernées, est déjà largement au-dessus des normes en ce qui concerne les nitrates. Nature 18, l’association dont je fais partie, vient de prendre publiquement position contre cette nouvelle dérive.

On m’a rapporté que lors d’une réunion récente, Nicolas Quillet aurait affirmé que l’agriculture biologique, ça ne marchait pas. Il doit penser comme beaucoup que la bio, c’est arrêter d’utiliser les pesticides et faire comme nos grands parents, en d’autres termes, revenir en arrière. Notre Enarque devrait lire « L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité », l’excellent livre de Jacques Caplat pour découvrir que la bio qui repose sur la qualité du sol et les équilibres du vivant est au contraire une technique de pointe avec des références scientifiques dont, paradoxe oblige, s’inspirent de plus en plus ses principaux détracteurs, semenciers et agriculteurs traditionnels qui aujourd’hui recommandent des labours moins profonds, la rotation de certaines cultures et le replantage de haies. Au niveau du nombre des exploitations en bio, le Cher est également à la traîne même si, comme me l’a fait remarqué un jour François Crutain, vice-président du GABB 18 (Groupement des Agriculteurs Biologiques et Biodynamistes du Cher), en superficie des surfaces cultivées, on n’est pas si mal placés, les exploitations céréalières bio occupant davantage d’hectares que le maraîchage.

Le rôle du préfet s’avère hyper important du côté de l’écologie locale notamment parce qu’il a ce pouvoir de donner des dérogations. C’est lui  aussi qui décide de la liste des animaux nuisibles et de leur destruction. Là encore, nous nous retrouvons confronté aux aberrations dont j’ai déjà parlé sur ce blog dans mon papier Plaidoyer pour le renard ☞  ici. Le goupil régule les populations de campagnols. Avec son extermination, les petits rongeurs pullulent. On autorise l’utilisation de poison pour les exterminer à leur tour. Du coup, les rapaces qui s’en nourrissent meurent à leur tour. Bref, c’est la spirale sans fin. A noter que le sympathique blaireau, dans le Cher, est lui aussi victime de la vindicte populaire: il est gazé dans son terrier lorsqu’il a ses petits! Bref, y’a du boulot pour changer un tout petit les mentalités simplement pour offrir un avenir pas trop moche à nos enfants !!!


Voir chronique sur le livre de Jacques Caplat :  L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité paru chez Actes Sud.


16/05/2012 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte  est soumise à autorisation

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