L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité : une démonstration de Jacques Caplat

Pour une démonstration, cela en est une, parfaite. Jacques Caplat remet les pendules à l’heure : « L’agriculture biologique n’est pas une agriculture « sans produits chimiques de synthèse » mais une agriculture écologique, basée sur le respect des cycles naturels, des équilibres biologiques, de la vie du sol et de l’autonomie des paysans. Le refus des produits chimiques de synthèse ne définit pas la bio, il est seulement une conséquence pratique des choix fondamentaux de l’agriculture biologique : il n’est pas un but mais un moyen. » La plupart des malentendus part de là. Les détracteurs de la bio lui reprochent d’être un retour en arrière et/ou de ne pas être scientifique.

☞ L’auteur souligne que, bien que bénéficiant de peu de crédit, la recherche sur la bio est en partie réutilisée par l’agriculture traditionnelle : labours moins profonds, rotation des cultures, plantation de haies. Pour lui, une des meilleures preuves que cela marche, est que certains propriétaires de très grands crus, cultivent désormais leurs vignes en bio sans le dire expressément, leur réputation étant suffisante. Jacques Caplat confirme que la bio, sous nos latitudes, a des rendements de 15 à 20 % de moins que l’agriculture conventionnelle mais supérieurs de 400 % à ceux de l’agriculture du début du XXème. Ainsi, tout est relatif, d’autant que la valeur nutritive des aliments bio, nettement supérieure, n’est pas prise en considération.

La bio peut-elle nourrir l’humanité ? Sous les tropiques, là où justement sévit le plus de famine et de malnutrition, la bio a, au contraire, des rendements nettement supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. Cela s’explique en partie à cause du type de sols. Ainsi, si l’état du Kerala a fait le choix du 100 % bio à terme, c’est non seulement pour des raisons de santé environnementale mais aussi économiques. Il rappelle aussi le scandale du gaspillage alimentaire (près de 40 %) ainsi que celui de la spéculation sur les produits alimentaires de base. Ce livre très clair, très pédagogique, est à lire absolument. Il apporte tous les arguments pour répondre à ceux qui doutent encore.

Editions Actes Sud, Collection Domaine du Possible, 480 pages, 24 €
www.actes-sud.fr

Cette chronique est parue sur le site des JNE (Association des journalistes pour la nature et l’écologie)

30/05/2012 © Danièle Boone

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