Ouvrez l’œil : tout n’est pas noir !

2012 est annoncée comme une année catastrophe. Certains y reconnaissent même celle du déluge, voire même de la fin du monde annoncée par Nostradamus et autres prophètes et gourous. Moi, à moins d’une heure de son avènement, je me refuse à ajouter ma voix à ces litanies paralysantes qui ne peuvent qu’amplifier le sentiment de peur ambiant, cette peur qui conduit à tous les excès à commencer par la haine de l’autre. Oui, le vieux monde de la consommation à tout va agonise mais ouvrez l’œil et vous verrez que la vie est puissante et que, si on lui donne un petit coup de pouce, elle fait même des miracles.

☞ Je ne suis pas la seule à rejeter le pessimisme ambiant. « Passer une année pleine au pays des aveugles est une chose. Finir 2011 sans l’ombre d’un espoir est au-dessus de mes forces », écrit Fabrice Nicolino sur son blog Planète sans Visa. Et le voilà qui raconte une belle histoire qui se passe au Burkina Faso et qui repose sur l’aggradation des terres. Comme vous, je ne connaissais pas le terme. Il s’agit, explique Fabrice, d’une manière de restituer aux sols dégradés par l’agriculture intensive et ses diverses pestes chimiques la fertilité notamment par l’utilisation de bois raméal fragmenté ou BRF. « Mon sujet s’appelle Zoram Naagtaaba, mais aussi Filly Wemanegre, Tenkeega, sans oublier Terre Verte, poursuit mon confrère. Trois noms burkinabé, comme vous n’aurez pas manqué de le remarquer. Et un quatrième français, semble-t-il. Les premiers sont chacun une association du Burkina Faso, État si pauvre de l’Afrique de l’Ouest. Et le dernier une structure de soutien française créée le 23 avril 1989 à Landrecies (Nord), dans une région qui connaît le sens du mot solidarité. » Je ne vais quand même pas tout recopier. Je vous laisse poursuivre la lecture par vous même mais, la conclusion, c’est que ces belles énergies réunies ont bel et bien fait reverdir le Sahel. A la fin de son article, Fabrice Nicolino suggère à ses lecteurs auxquels ils restent deux sous de les envoyer là-bas via Terre Verte ce que je ne peux qu’encourager moi aussi.

Bon d’accord, cela est formidable mais cela se passe bien loin de chez nous. Sauf que tout est lié et que lorsqu’on détruit (ou pollue) à un bout de la planète, nous en récolterons forcément les retombées négatives un jour ou l’autre. Et vice versa, les bonnes choses apportent les bonnes choses. Il est bon donc de se réjouir de toutes ces actions qui jaillissent partout dans le monde comme autant de graines d’espoir. Chez nous, il existe aussi des associations qui font un boulot formidable comme, par exemple, le Mouvement Terre de liens qui plaide pour la propriété collective du foncier agricole. L’association est porteuse d’idéologie et d’éthique. Outre la réduction de  l’endettement qui, bien souvent, est un obstacle à l’installation de jeunes paysans et une cause majeure des suicides dans la profession (plus d’un par jour), l’enjeu est de « maintenir des terres naturelles et/ou agricoles, de sortir des marchés spéculatifs par le biais des Amap par exemple, de maintenir la vie d’un territoire rural, de créer des liens entre urbains et ruraux et entre catégories socioprofessionnelles. En seulement 3 ans, le Mouvement Terre de Liens a accueilli plus de 6300 actionnaires et 1000 donateurs, qui ont apporté plus de 22 millions d’euros. Ce capital a permis d’acquérir 60 fermes et d’en recueillir une dizaine par donation. Les fermes sont louées en fermage à près de 200 paysan(ne)s. » Le numéro de décembre de la revue Silence, dont sont extraites ces quelques lignes, consacre son dossier à ce phénomène porteur d’espoir. On y découvre les témoignages de ceux qui, grâce à Terre de liens, sont devenus des acteurs d’un monde solidaire et respectueux de la nature.

Un grand projet qu’on peut soutenir financièrement mais on peut aussi agir à son niveau d’individu. Des  hommes et des femmes ont choisi de vivre simplement et différemment. Des exemples, il y en a plein, il suffit de savoir les voir. Ainsi, aujourd’hui, dans C02 mon amour, Denis Cheissoux a rediffusé l’interview d’un forestier qui, dans les Vosges, fait du débardage à cheval. Dans les liaisons heureuses, l’émission suivante, Colombe Schneck a reçu Alexandre Romanès, qui malgré son succès, refuse d’agrandir son cirque, ce qui induit qu’il ne sera jamais riche, un choix de vie qu’il souligne avec fierté. Monsieur Lambda, vous et moi donc, peut aussi entrer dans ces énergies nouvelles qui émergent partout comme en témoignent le printemps arabe ou le mouvement des indignés. Il suffit de très peu. La décision d’abandonner les pesticides dans son potager et de se faire une petite basse-cour est, pour ceux qui ont un jardin, un bon moyen d’échapper au dictat de la grande consommation. En plus, en gagnant d’avantage d’autonomie alimentaire, on s’assure aussi de la qualité de ce que l’on mange, ce qui a une incidence évidente sur sa santé personnelle mais aussi collective. Même si cela paraît dérisoire, plus de chimie au jardin, c’est améliorer la qualité de l’environnement et participer à la survie des espèces. Si tous les jardiniers amateurs offraient une bulle de nature saine à la faune et à la flore, ce serait un énorme pas en avant. C’est vrai, 2012, risque d’être rude mais chacun peut allumer sa petite lumière. S’il y a beaucoup de bougies, c’est sûr, nous pourrons triompher de l’obscurité dans laquelle nous a plongé nos gouvernants. Donc je vous souhaite, pour cette nouvelle année, d’avancer les yeux grands ouvert et d’oublier toutes vos peurs. Le soleil se lève chaque matin!

• L’article de Fabrice Nicolino : le grand miracle de l’aggradation des terres (allélulia!)
• Son site : Planète sans visa
• Le site de Terre Verte : www.eauterreverdure.org
• Le site de Terre de liens : www.terredeliens.org
• Le site de la revue Silence : www.revuesilence.net

31/12/2011 © Danièle Boone – Toute utilisation même partielle du texte est soumise à autorisation

2 Responses to Ouvrez l’œil : tout n’est pas noir !

  1. je suis bien d’accord avec toi… tout n’est pas noir !
    je te souhaite une belle année en couleurs !

  2. Très bel article Danièle. Céder au catastrophisme, c’est déjà s’avouer vaincu, alors abordons cette nouvelle année de manière positive 😉

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