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Arbres

Il y a peu, j’ai été invitée à une lecture de « l’Homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. Je me suis empressée d’accepter cette invitation car c’est un texte que j’adore et que je n’avais jamais entendu lu. Dans les jours qui ont suivi, et face à la sécheresse qui font souffrir les arbres, je me suis dit que, quelque part, Giono, avait été visionnaire. Il serait urgent de replanter des milliers et des milliers d’arbres en espérant qu’il n’est pas déjà trop tard car le changement climatique est là. Lorsque je pense aux séquoias géants de Californie qui ont traversé plusieurs siècles et qui sont en train de mourir, je me dis que la menace est bien réelle. ☞ lire la suite

Écoute l’arbre et la feuille

Après « Un an dans la vie d’une forêt« , David G. Haskell nous enchante à nouveau par sa connaissance de la nature, son sens de l’observation et son écriture poétique. Cette fois, il a choisi de s’intéresser à douze arbres mythiques, de l’olivier de Jérusalem au noisetier d’Écosse, du fromager d’Amazonie au pin blanc du Japon, en passant par le sapin baumier d’Ontario et le poirier de Chine à l’angle de la 86e rue et de Broadway. Car tous ces arbres dont il nous parle sont bel et bien des individus qu’il a rencontré et suivi sur plusieurs semaines, plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Dans la forêt, les décisions sont prises sur la base de flux d’informations impliquant des milliers d’espèces. « Affirmer que la forêt « pense » n’est pas un anthropomorphisme, écrit David G. Haskell. Seulement ces pensées ne se forment pas dans un cerveau comme le nôtre, mais dans un réseau vivant de relations. » Ici, il nous parle de la mémoire des mésanges, là de celle des plantes inscrite dans leur architecture biochimique. Il aborde également les problèmes du réchauffement climatique, de la déforestation, de l’eau, de la pollution, de l’urbanisation et même des géographies de la peur. Tous ces problèmes sont hélas devenus invisibles aux yeux de beaucoup. Ainsi, tout en nous invitant à observer un arbre, il nous ouvre aux problématiques du monde contemporain dans ses relations à la nature. Un livre magistral.

Éditions Flammarion, 480 pages, 24,90 € – editions.flammarion.com

Alain Pontopiddan et les arbres libres

Alain Pontopiddan est un inconditionnel des arbres. Dans ce livre paru aux éditions MABD (Mouvement de l’agriculture biodynamique), il commence par parler de leur beauté tout en affirmant qu’il s’agit d’un livre technique, dont le sujet est la taille des arbres. Bien sûr, il ne prône que celle qui respecte leur beauté naturelle, l’antithèse de la taille de domination de l’arbre par l’homme qui parfois semble prendre beaucoup de plaisir à élaguer, contraindre. Alain est un des pères de la taille douce. Il a constaté au fil des ans qu’un arbre avait finalement très peu besoin de taille. Il sait se conduire lui-même. Un arbre mis en beauté va produire plus de fruits, plus beaux, s’émerveille-t-il. ☞ lire la suite

Le génie de l’arbre

Le génie de l'arbreDepuis vingt ans Bruno Sirven, géographe spécialiste du paysage et des arbres, prend des photos, engrange des témoignages, collectionne les données, arpente, observe, explore pour approcher le « génie de l’arbre ». Avocat passionné des arbres, il montre dans ce livre paru aux Éditions Actes sud comment les arbres sont des acteurs essentiels de la biodiversité. « Un arbre ne vit jamais seul, écrit-il. C’est un habitat peuplé à tous les étages, dans le sol et dans les airs, du bout de la plus infime racine jusqu’à l’extrémité ultime de la cime où il héberge, tel un village vertical, des résidents de toute nature. » La mort de l’arbre n’est d’ailleurs pas celle des hôtes qu’il abrite, au contraire. « Même mort, l’arbre continue à donner la vie et préparer le terreau en se décomposant pour mieux accueillir ses successeurs. Il continue à être un lieu de vie et d’étape. » ☞  lire la suite

La mise à mort des arbres

Avez-vous noter comme moi la multiplication de faits anti-démocratiques, entre autres, on démarre les travaux avant que la décision administrative soit prise comme ça on ne peut plus revenir en arrière. C’est du fait accompli. Et cela commence souvent par l’abattage d’arbres.

A Sivens, le déboisement a été achevé quelques heures avant que le Tribunal administratif ne rende son avis. A Bourges, 82 arbres (140 arbres sans doute à terme) vont être abattus à partir du 12 novembre sous le prétexte de permettre les fouilles archéologiques qui doivent précéder la construction de la nouvelle maison de la culture.

Le dossier est épineux. On aurait pu reconstruire à l’emplacement de l’ancienne dont seule la façade demeure ne serait-ce que parce qu’elle fut la première en France. Elle avait été inaugurée par André Malraux en 1963. Mais la municipalité encore sous la houlette de Serge Lepeltier a fait un autre choix d’autant plus contesté que, apparemment, la capacité d’accueil ne sera pas augmenté et qu’il faudra bien faire quelque chose derrière la façade classée de l’ancien bâtiment. Pascal Blanc, le nouveau maire, veut mener à bien ce projet très onéreux (L’aide demandée à l’État a peu de chance d’aboutir. Par ailleurs, Pascal Blanc souhaite que Bourges plus, la communauté d’agglomération dont il est aussi président, mettre la main au porte-monnaie.) qui implique le sacrifice des arbres.

Bon nombre d’associations ne sont pas d’accord et invite les berruyers à manifester leur désapprobation, le jeudi 6 novembre à 8h place Séraucourt.  Aujourd’hui, place du 8 mai 45,  une cinquantaine de personnes a planté un arbre en la mémoire de Rémi Fraisse, un acte naturellement symbolique qui relie deux évènements où on fait passer des projets en force. A propos de Sivens, je vous recommande la lecture d’un article limpide, Sivens, un barrage à contretemps, par Jacques Caplat. Son analyse est exemplaire et montre bien cette dérive très inquiétante de décideurs qui ne respectent plus le droit.