Archives par mot-clé : films documentaires

La face cachée des énergies vertes

Les énergies vertes sont loin d’être aussi vertueuses qu’elles le promettaient. Objet d’un intense business, elles sont aussi à l’origine d’une immense pollution délocalisée liée notamment à l’extraction des métaux et terres rares nécessaires à leur fonctionnement. La pilule peut paraître amère.  Le documentaire de Jean-Louis Perez et Guillaume Pitron (auteur de La guerre des métaux rares LLL éditions, 2018) part de la voiture électrique tellement prisée par nos gouvernants et présentée comme une solution  essentielle au réchauffement climatique. Leur enquête nous conduit, entre autres, au Chili, en Bolivie, en Norvège, en Chine…  À voir absolument.

La face cachée des énergies vertes a été diffusée sur Arte le 24 novembre. Cette enquête sera rediffusée ce 16 décembre et est en accès libre sur internet jusqu’au 22 janvier. ☞ voir le documentaire

A lire aussi, l’enquête en 3 volets sur la voiture électrique parue sur Reporterre ☞ 123

Chauves-souris : une vie de Grand Rhinolophe

Jeune grand rhinolophe © DR

Hier soir, j’ai visionné le documentaire de Tanguy Stoecklé sur les Grands Rhinolophes, nos plus grandes chauves-souris avec une envergure de 45 cm, malheureusement devenues rares. Face à l’abondance des articles de presse très négatifs pour les chauves-souris, Tanguy a décidé de mettre son film en libre accès dans son intégralité sur Youtube tout le temps du confinement. Ces petits mammifères ont, en effet, bien du souci à se faire : en Chine, il y a actuellement des évacuations de chauves-souris de leur gîte d’hibernation car elles seraient le réservoir du coronavirus. Comme à son habitude, l’homme, au lieu de remettre en question son mode de vie qui empiète de plus en plus sur le territoire du sauvage, détruit ce qui le dérange. Par cette réaction primaire, il ne fait qu’accentuer la mauvaise santé de la biodiversité déjà catastrophique, alors que notre vie, justement, dépend de sa vitalité.

Grand RhinolopheLe film a été tourné et diffusé bien avant l’épidémie de Covid-19. Les images réalisées en Camargue sont magnifiques et exceptionnelles : on voit notamment une mère s’occuper de son petit et même la naissance d’un bébé : absolument magique ! Le film produit par le Groupe Chiroptères de Provence avec le concours du programme européen Life+Chiromed a été primé au festival du film ornithologique de Ménigoute (Grand Prix Lirou d’or 2014) et au festival du film animalier d’Albert (Grand prix 2015). N’hésitez pas à vous faire plaisir. C’est ici : https://youtu.be/tNpSfanm1io

Menaces en Mers du Nord, un film de Jacques Lœuille


2014-2018, pendant 4 ans la première guerre mondiale a été largement commémorée mais un sujet semble avoir été oublié, ou plutôt mis de côté : les armes chimiques et conventionnelles déversées dans la mer du Nord et la Baltique. Le documentariste Jacques Lœuille a mené une enquête terrifiante. Le sujet est littéralement enterré par la France sous prétexte de « secret défense absolu » alors que les autres pays concernés, la Grande Bretagne, la Belgique, le Danemark, donnent accès à leurs archives et surtout cherchent à mettre en place des solutions pour éviter une catastrophe annoncée. Ce sont pas moins de 35 000 tonnes qui reposent au large de la très sélect plage de Knokke le Zoute. Imaginez, cela représente un millier de camions en volume. Ces restes encombrants avaient été purement oubliés jusqu’aux travaux de rénovation du port de Zeebruges en 1970.  Une cinquantaine de sites sont répertoriés en « Mers du Nord ». En France, officiellement, il n’y en avait aucun jusqu’au jour où un de ces sites a été découvert accidentellement par Greenpeace au large de Cherbourg ! Notre pays serait peut-être le pays le plus concerné. ☞ lire la suite

La loutre après l’eden

Ne ratez pas ce documentaire qui nous invite à la rencontre de la Loutre d’Europe, une jolie naïade qui a bien failli disparaître. Sa frimousse est craquante mais il était reproché à ce mammifère amphibie de dévorer trop de poissons. Et il ne fait pas bon pour animal sauvage d’être catalogué ennemi de l’homme. Heureusement sa chasse a été interdite en 1972 la sauvant de justesse de l’extermination  mais il a fallu attendre 1976 pour qu’elle soit protégée. Depuis, elle a progressivement reconquis une grande partie de ses anciens territoires.

Extrêmement discrète, elle est très difficile à observer. Marie-Hélène Baconnet et Philippe Garguil ont donc fait appel à des animaux imprégnés c’est à dire habitués à l’homme, pour certaines scènes. Ils n’en ont pas moins passé un an pour réaliser ce film dans le marais Poitevin. C’est aussi l’occasion d’admirer l’environnement des loutres poitevines. Canaux bordés d’arbres têtards, prairies à vaches maraichines et à chevaux de trait poitevin, les races locales. On voit aussi, entre autres, le ragondin, l’hermine, le martin pêcheur, le tarier pâtre, le héron, la cigogne blanche, le renard et le cormoran, un autre pêcheur concurrent direct de dame loutre. Si la loutre mange entre 800 g et 1 kg de poissons par jour, elle met très souvent à son menu, des écrevisses de Louisiane. Parler de ces envahisseurs est le prétexte pour montrer une très jolie scène de combat de ces crustacés extrêmement néfastes pour l’environnement.

Et bien sûr, nous apprenons tout sur la loutre, comment elle mange, ses amours, la naissance et l’éducation de ses petits. A noter les superbes séquences sous l’eau de cette nageuse hors pair. On découvre aussi, image à l’appui, comment le réchauffement climatique avec ses extrêmes mène la vie dure à notre mammifère. Trop d’eau d’un coup qui envahit leur catiche (terrier de la loutre) suivi de longue sécheresse qui transforme les rivières en filet d’eau condamnant les poissons dont se nourrit la loutre. Les réalisateurs se sont rendu en Espagne à la rencontre de René Rosoux qui étudie comment les loutres espagnoles se sont adaptées à la sécheresse notamment grâce à des bassins de retenues d’eau mis en place par leurs protecteurs, des idées pour aider nos loutres si la situation continue à se détériorer. Bref, tout cela est passionnant et fort bien conté par Macha Méril.

France 5, mercredi 19 décembre, 16h30

Les saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

Lynx courantSe taire et contempler, voilà à quoi nous invite Les saisons, le dernier film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, très avare en mots. Dans un monde où le silence est si rare, cela fait l’effet d’un manifeste. Et pourtant les deux hommes nous content la grande histoire universelle des animaux en Europe, en d’autres termes, celle de la nature sauvage. Au début l’homme était à peine visible et les animaux occupaient toute la place. Et puis, au fil des millénaires, Homo Sapiens, le mal nommé, a pris de plus en plus de place et le territoire des animaux s’est réduit comme une peau de chagrin.
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