Archives pour l'étiquette Jacques Caplat

L’agroécologie de Pierre Rabhi

L'Agroécologie, une éthique de vieDans ce petit livre d’entretien, Pierre Rabhi rappelle inlassablement ses convictions étayées par sa pratique : oui, l’agroécologie peut nourrir le monde. « En redonnant au paysan la responsabilité d’observer le vivant et de chercher des pratiques harmonieuses avec les dynamiques naturelles, l’agroécologie lui restitue son rôle de chercheur et d’inventeur. »

Jacques Caplat, agronome et ethnologue, issu d’une famille de paysan, est lui-même très engagé pour le maintien d’une agriculture paysanne. L’échange entre ces deux hommes de convictions est clair, limpide mais aussi hyper lucide.

Pierre Rabhi a réussi à convaincre beaucoup de monde y compris des politiques et autres décideurs cependant, il n’est pas dupe « des volontés de récupération ou du double langage de certains, et il faut y prendre garde pour ne pas les laisser détourner un beau courant d’eau vive vers une mare obstruée ». Mais il sait aussi qu’en reconnaissant l’agroécologie, « ils justifient et valorisent le travail admirable de milliers de paysans et ils leur offrent l’énergie mentale nécessaire pour persévérer et amplifier leur œuvre ».

L’agroécologie, une éthique de vie
, Actes sud, 8 €

© Danièle Boone

Les rendements de l’agriculture biologique, un quiproquo tenace

Lorsqu’est abordée la question, essentielle, de la lutte contre la faim dans le monde, il est fréquent d’entendre dire que l’agriculture biologique présente des limites à cause de ses rendements inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle, prétendument démontrés par plusieurs « études scientifiques ». En tout cas, dans ma campagne, lorsque je parle avec les agriculteurs ou même les villageois, c’est un de leur principal argument. Jacques Caplat, auteur du livre « L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité » vient de publier un article passionnant qui balaye cette idée reçue qui a la vie dure. Pour lui, le mythe des rendements bio insuffisants pour nourrir le monde est le résultat combiné d’une erreur méthodologique monumentale, d’un ethnocentrisme occidental et de politiques publiques qui entravent les pratiques biologiques et il l’explique parfaitement. Il est rare que j’ouvre mon blog ainsi à des articles écrits par d’autres mais si je devais traiter ce sujet qui me passionne, il est évident que je m’en inspirerai très fortement. C’est pourquoi, je vous renvoie à sa lecture directe ☞ ici.

© Danièle Boone