Archives par mot-clé : mammifères

Nature Nièvre : le lièvre d’Europe

Le lièvre d’Europe ou lièvre brun n’est pas un grand lapin. En dehors d’une notable différence de taille et de poids, le lièvre se distingue du lapin de garenne par ses mœurs et sa morphologie. Dans la famille lièvre, le mâle s’appelle bouquin, la femelle, hase et le petit, levraut. Pendant la saison des amours, les mâles se boxent. On dit qu’ils bouquinent. La hase peut être fécondée avant d’avoir mis bas. Elle porte alors deux générations à la fois pendant quelques jours. Cette superfétation concernerait 43% des femelles.

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Nature Nièvre : le chevreuil

Chevreuil
Le chevreuil est le grand mammifère le plus facile à voir. En ce moment, les bois des mâles ou brocart, repoussent. Ils sont couvert d’une sorte d’étui poilu qui donne une impression quasi de peluche. On dit qu’ils sont en velours. Les accouplements ont lieu en plein été mais la croissance embryonnaire ne commence qu’à Noël. Cela permet aux femelles de mettre bas au printemps. Elles donnent naissance à des jumeaux dans 75 % des cas. Face à l’augmentation des populations, les chevreuils ont colonisé les grandes cultures où ils se regroupent en grandes hardes alors qu’en forêt, ils vivent en solitaire ou en petit groupe familial.

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Loups, un mythe vivant

loupsNon, il ne faut pas dire le loup mais les loups car il existe une multitude d’individus avec leur caractère propre et une morphologie différente selon qu’ils sont européens, américains ou africains. Le loup, au singulier, renvoie au mythe, à l’entité ancrée dans nos imaginaires, magique ou malfaisante selon. « Le loup n’existe pas » : Pierre Rigaux annonce la couleur dès les premiers mots du livre qu’il vient de publier aux éditions Delachaux et Niestlé. Il raconte ensuite sa quête et ses rencontres qui se résument parfois seulement à quelques traces. Il dit ses expériences, ses émotions et fait l’état des lieux sur les connaissances actuelles sur cette espèce, biologiques et éthologiques. C’est l’occasion aussi de parler d’autres espèces sauvages : les petits cousins canidés, le chacal et le renard, les proies herbivores, etc. ☞ lire la suite

Nature Nièvre – Le mulot sylvestre


Le mulot sylvestre est un petit rongeur très commun. Il sort au crépuscule et est actif toute la nuit. Il n’est pas facile à observer. Dommage car avec ses grandes oreilles et ses yeux, deux immenses billes noires très brillantes, il est très mignon. On repère sa présence dans les jardins grâce aux nombreux débris de noisettes ou de noix, qu’il abandonne entre les racines d’un vieil arbre ou bien sous une pierre. Il s’agit en fait de sa salle à manger mais comme il ne débarrasse jamais la table, les déchets s’accumulent et finissent par être repérables.

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L’ourse, récit naturaliste de Jean-Paul Thévenin

Le roman du naturaliste et écrivain Jean-Paul Thévenin vient d’être réédité. C’est une excellente nouvelle car ce récit est magnifique. Il se passe dans la Cordillère cantabrique, au nord-ouest de l’Espagne et nous entraîne à la rencontre de l’Ourse Vanessa, le personnage principal. Le lecteur suit la quête de Francis, un naturaliste français et, très rapidement, la fait sienne. Il parcourt avec lui la montagne, frémit devant un indice, se réjouit de la présence inattendue de l’animal se régalant de baies avec son petit. Et puis, il y a Alberto, le berger et braconnier qui fait comme son père, et avant lui son grand-père. Ces deux hommes « sont les représentant de deux mondes qui s’affrontent ; celui de Francis, d’origine citadine pour qui la relation avec la nature était toute empreinte d’affectivité et de contemplation ; et celui d’Alberto, venu du fond des âges, où les hommes luttent contre la nature et les bêtes sauvages comme si leur survie en dépendait. »

Si Jean-Paul Thévenin dépeint merveilleusement la beauté de la nature et les émotions naturalistes, il sait aussi transcrire la douleur puis la colère d’un homme face à l’attaque de son troupeau. Et puis, il y a les pages où il est l’ourse. On entre alors dans la vie secrète de l’animal, ses bonheurs simples, sa lutte pour vivre lorsqu’elle est prise dans un piège, puis son incroyable adaptation malgré son infirmité jusqu’à être de nouveau mère. De fait, Vanessa, l’ourse amputée d’une patte arrière, a vraiment existé et Jean-Paul Thévenin l’a vu. Après cette rencontre impressionnante mais éphémère, sa connaissance de cet animal mythique, son admiration et son talent de conteur ont fait le reste. L’écriture est belle, imagée, sensible et pudique à la fois. Que du bonheur quoi !

Éditions Hesse, 160 pages, 20 €