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Planète Nièvre : les mardelles de Prémery

Pierre Kaluzny, Danièle BooneLe printemps nous a donné envie de vous faire découvrir les Mardelles de Prémery, une des richesses naturelles de la Nièvre, située au cœur du massif forestier de Prémery. Les mardelles sont des mares forestières. On en compte au moins 57, l’inventaire n’étant pas tout à fait achevé. Grâce aux études de pollen conservé dans la tourbe, nous savons que le site existe depuis 15 000 ans. Il a été classées en réserve naturelle régionale notamment parce que c’est un milieu humide forestier très ancien où les mares se sont constituées de manière naturelle, mais aussi parce que sa richesse en pollen unique en France est très importante du point de vue scientifique. Par ailleurs, le plateau forestier de Prémery se situant sur un point culminant, de nombreux ruisseaux aériens et souterrains en partent pour rejoindre la rivière Nièvre et les captages. Ce classement répond donc aussi à un enjeu sanitaire.

Des espèces rares et protégées, sont sur le site : la cigogne noire, un oiseau migrateur qu’on trouve essentiellement dans les forêts et qui se nourrit de grenouilles, poissons, le triton marbré, un amphibien, la leucorrhine à gros thorax, une grosse libellule et l’osmonde royale, une grande fougère. On y rencontre également des mousses acidiphiles comme la sphaigne et des plantes carnivores comme l’utriculaire citrine.

Christophe Barge, Geneviève Omessa, Pierre Kaluzny et moi même (photo) avons la chance d’avoir eu pour guide sur ce site exceptionnel Bénédicte Rollin, conservatrice de la réserve naturelle régionale et agent forestier de l’ONF.

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© Danièle Boone

Planète Nièvre : sol vivant

Pour cette nouvelle émission de Planète Nièvre, nous abordons du sol vivant, un sujet passionnant. Nous avons rencontré Arnaud Bayle au jardin refuge de  l’Adater  dont j’ai déjà parlé sur ce blog, Yann Labuche de Terre d’Humus ainsi que Alain Krebs, chef de culture et président du groupe Magellan qui rassemble 29 agriculteurs qui travaillent et expérimentent les techniques de semis sous couvert permanent ou annuel dans le but de réduire l’utilisation des engrais et des herbicides.

La réflexion de tous ces « expérimentateurs » part de l’observation du modèle forestier où le sol n’est jamais nu et où tout est recyclé naturellement grâce à de nombreuses petites bêtes, bactéries et autres micro-organismes. Cette vie du sol crée la fertilité nécessaire aux plantes. Par ailleurs, les végétaux créent via la photosynthèse de la matière organique qui va être décomposées par des organismes vivants, des microbes, des champignons, des bactéries.  Ce processus crée l’humus, mais permet aussi de recycler l’azote pour le rendre assimilable aux plantes. Les racines jouent un rôle primordial : elles aèrent le sol et sécrètent des composés organiques qui seront assimilés par les organismes du sol en particulier les champignons.

Un sol vivant est également un sol qui a une capacité de rétention d’eau et qui donc, est capable de fournir de l’eau quand on le voit plus en apparence. Il y a encore au sein des agrégats de l’eau que les racines vont pouvoir intercepter. Le sol vivant se pratique aussi bien sur des petites surfaces comme nos jardins que dans les grandes exploitations céréalières.

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Planète Nièvre : les crues de la Loire

Les dernières crues mémorables de Loire  à Nevers remontent à 1907 et à 1856 et 1866 pour les crues centennales (probabilité d’une chance sur 100 de se produire chaque année). Depuis, avec l’urbanisation des zones inondables, l’augmentation des enjeux (biens), l’affaiblissement avec le temps des levées le risque inondation s’est accru considérablement. L’agglo de Nevers a été classé par la Directive Européenne Inondation en territoire à risque important fin 2012.

Sur la base des propositions de l’étude EGRIAN (étude générale sur le risque inondation de l’agglomération de Nevers),  une stratégie locale de gestion du risque inondation a été élaborée et arrêtée par le préfet de la Nièvre fin 2016.

L’équipe de Planète Nièvre dont je fais partie vous présente cette stratégie qui comporte 6 objectifs :
• Préserver les capacités d’écoulement des crues ainsi que les zones d’expansion de crue
• Planifier l’organisation et l’aménagement du territoire tenant compte du risque
• Réduire les dommages aux personnes et aux biens implantés en zone inondable
• Intégrer les ouvrages de protection centre les inondations dans une approche globale
• Améliorer la connaissance et la conscience du risque inondation
• Se préparer à la crise et favoriser le retour à la normale

Il s’agit de mettre en place une relation au fleuve renouvelée par une économie moins vulnérable aux inondations et une participation des riverains à l’avenir du fleuve.

Pour cette émission, nous avons rencontré Mme Bonicel, vice présidente de l’agglomération de Nevers en charge du cycle de l’eau et de Éric Bastaroli, ingénieur à l’agglo en charge de cette stratégie.

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Planète Nièvre : les poulaillers industriels et autres

La France est le premier producteur européen de volailles, avec 847 millions de poulets de chair en 2015. Malgré tout 40 % du poulet consommé en France sont importés notamment pour la restauration collective (cantine scolaire, chaines de fast food, etc.) et cette consommation s’approvisionne à 80% en provenance d’élevages industriels intensifs. Qu’en est-il dans la Nièvre ?

Qu’est ce que l’élevage industriel ? Ses nuisances sur la santé humaine et sur l’environnement ? Comment y vivent les poulets ? Peut-on parler de maltraitance animale ? Pourquoi de nouveaux projets apparaissent sans cesse ? Autant de questions auxquelles l’équipe de Planète Nièvre dont, comme vous le savez, je fais partie, tente de répondre. Nous avons pour cela rencontrer Éric Bertrand, président de la Chambre d’Agriculture de la Nièvre et Denis Sanchez, éleveur de volailles fermières.

Il existe heureusement un autre modèle d’élevage avicole, celui de l’agriculture paysanne. Les volailles sont élevées en plein air. La qualité est au rendez-vous. La vente est souvent directe. Ces élevages à taille humaine, ont souvent un atelier de tueries intégré, ce qui évite le transport des poulets, l’une des principales cause du stress des animaux et de propagation des maladies, type grippe aviaire.

Consommer moins mais mieux, tel est le choix que peut faire tout consommateur pour sa santé, pour une agriculture qui fait vivre les paysans, pour atténuer les nuisances environnementales, pour une qualité gustative, pour le bien être des animaux, pour baisser le gaspillage des ressources, pour limiter les pandémies comme la grippe aviaire, pour les liens retrouvés entre producteur et consommateurs.

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© Danièle Boone

Planète Nièvre : l’affaire Erscia

En décembre 2011, Loire Vivante et Decavipec,  deux associations de protection de la Nature de la Nièvre découvrent dans l’enquête publique ce qui avait été présenté comme une simple scierie et qui, de fait, était un incinérateur, déguisé sous l’appellation de centrale à cogénération, utilisant du bois récupéré dont du bois pollué dans un rayon de 300 km. L’affaire Erscia commençait.

Ce projet se situait près du hameau de Marcilly dans le bois de Tronçais sur la commune de Sardy les Épiry, près de Corbigny. Pour construire, ce que, à un moment, on a qualifié de Wood Valley, il fallait détruire une centaine d’hectares de forêt en zone humide, ainsi que des espèces protégées.

Les habitants de Marcilly se sont rapidement constitués en collectif et ont décidé de suivre les deux associations pré-cités au tribunal. Peu après, se crée Adret Morvan, l’Association pour le développement dans le Respect de l’Environnement en Territoire Morvan. Cette association de veille citoyenne va agir sur le terrain. Une ZAD se constitue lorsqu’il est flagrant que la préfète ne va pas tenir ses promesses.

Le 18 octobre 2016, la cour d’appel de Lyon a confirmé l’annulation de l’arrêté d’autorisation du préfet et rejeté la requête de Erscia qui avait deux mois pour lancer une nouvelle procédure. Le délai est passé sans que Erscia n’ait déposé de requête. Ce feuilleton juridique qui a duré trois ans et demi a donc été définitivement clos quelques jours avant Noël.

Avec mes confrères de Planète Nièvre, nous avons décider de revenir sur ce dossier, un de ces grands projets inutiles, capteur de subventions publiques, soi-disant prometteur d’emplois, mais aussi objet de séduction des politiques. Nous avons donné la parole à Jacqueline Thévenot (Loire Vivante), 
François Laballery (Decavipec et Loire Vivante)
 et Jérôme Bognard (Adret Morvan).

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© Danièle Boone