Archives par mot-clé : prédateurs

Loups, un mythe vivant

loupsNon, il ne faut pas dire le loup mais les loups car il existe une multitude d’individus avec leur caractère propre et une morphologie différente selon qu’ils sont européens, américains ou africains. Le loup, au singulier, renvoie au mythe, à l’entité ancrée dans nos imaginaires, magique ou malfaisante selon. « Le loup n’existe pas » : Pierre Rigaux annonce la couleur dès les premiers mots du livre qu’il vient de publier aux éditions Delachaux et Niestlé. Il raconte ensuite sa quête et ses rencontres qui se résument parfois seulement à quelques traces. Il dit ses expériences, ses émotions et fait l’état des lieux sur les connaissances actuelles sur cette espèce, biologiques et éthologiques. C’est l’occasion aussi de parler d’autres espèces sauvages : les petits cousins canidés, le chacal et le renard, les proies herbivores, etc. ☞ lire la suite

L’ourse, récit naturaliste de Jean-Paul Thévenin

Le roman du naturaliste et écrivain Jean-Paul Thévenin vient d’être réédité. C’est une excellente nouvelle car ce récit est magnifique. Il se passe dans la Cordillère cantabrique, au nord-ouest de l’Espagne et nous entraîne à la rencontre de l’Ourse Vanessa, le personnage principal. Le lecteur suit la quête de Francis, un naturaliste français et, très rapidement, la fait sienne. Il parcourt avec lui la montagne, frémit devant un indice, se réjouit de la présence inattendue de l’animal se régalant de baies avec son petit. Et puis, il y a Alberto, le berger et braconnier qui fait comme son père, et avant lui son grand-père. Ces deux hommes « sont les représentant de deux mondes qui s’affrontent ; celui de Francis, d’origine citadine pour qui la relation avec la nature était toute empreinte d’affectivité et de contemplation ; et celui d’Alberto, venu du fond des âges, où les hommes luttent contre la nature et les bêtes sauvages comme si leur survie en dépendait. »

Si Jean-Paul Thévenin dépeint merveilleusement la beauté de la nature et les émotions naturalistes, il sait aussi transcrire la douleur puis la colère d’un homme face à l’attaque de son troupeau. Et puis, il y a les pages où il est l’ourse. On entre alors dans la vie secrète de l’animal, ses bonheurs simples, sa lutte pour vivre lorsqu’elle est prise dans un piège, puis son incroyable adaptation malgré son infirmité jusqu’à être de nouveau mère. De fait, Vanessa, l’ourse amputée d’une patte arrière, a vraiment existé et Jean-Paul Thévenin l’a vu. Après cette rencontre impressionnante mais éphémère, sa connaissance de cet animal mythique, son admiration et son talent de conteur ont fait le reste. L’écriture est belle, imagée, sensible et pudique à la fois. Que du bonheur quoi !

Éditions Hesse, 160 pages, 20 €

Marche avec les loups


D’abord de splendides images sur la vallée où Jean-Michel Bertrand a pu observer le comportement des louveteaux, chaque été, pendant trois ans. Entourés et choyés par les membres de la meute, leur arrivée enclenche un processus de remplacement essentiel : Les jeunes de l’année précédente, les subadultes vont devoir céder leur place et quitter la protection de la meute. C’est pour en savoir plus sur le devenir des ces jeunes loups solitaires que Jean-Michel Bertrand a décidé de partager le voyage de l’un d’entre eux, et d’en faire le sujet de ce nouveau film. C’est, de fait, une invitation à s’émerveiller de la beauté de la nature sauvage et à sentir le monde à la façon d’un loup solitaire.
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L’odyssée du renard

La réhabilitation du renard se fait tout doucement mais sûrement. Ce livre va incontestablement y participer. Les photos de Laurent Geslin sont sublimes. On imagine les heures et les heures d’affût pour obtenir ce résultat sans jamais déranger le goupil. On voit l’animal se promener, muloter, aimer, dormir et même chaparder une part du festin d’un lynx.

La préface de Marc Giraud rappelle qu’il y a une quarantaine d’année, l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dont il est le porte-parole, a choisi le renard comme emblème. L’ASPAS a largement contribué à faire évoluer l’image du Goupil auprès du grand public. Il faut dire que dans le même temps, les biologistes et les éthologues ont étudié l’animal et que, désormais, on le connaît beaucoup mieux. «.L’image qui en émerge est celle d’un animal étonnant, souple, capable de s’adapter à de nombreuses situations, réactif et fascinant à regarder. »

Le texte de François Moutou raconte une histoire tout en nous informant sur les mœurs et coutumes du rouquin. Les deux auteurs ont en effet décidé de raconter l’odyssée d’un renardeau né à la campagne dans une fratrie de cinq frères et sœurs qui va s’installer en ville une fois devenu adulte. Comme le signale François Moutou, c’est une fable tirée d’une histoire vraie. L’objectif des auteurs, de fait, est de faire découvrir le renard tel qu’il est et non pas celui des fabulistes ou autres chasseurs qui rêvent encore de le décimer. Les amoureux du canidé sauvage vont être comblés.

Éditions Salamandre, 142 pages, 29 € – www.salamandre.net

La nature, un enjeu trop souvent oublié

Un colloque sur le renard organisé par l’ASPAS, le lynx au programme du prochain congrès des JNE (Association des Journalistes et Écrivains pour la nature et l’écologie) dans les Vosges, et voilà comment est né l’idée de cet édito qui pourra paraître décalé à certains, vu l’actualité politique et la nomination de Nicolas Hulot comme ministre de la Transition écologique et solidaire.

Et pourtant nous sommes là, au cœur du vivant, un enjeu essentiel mais globalement ignoré par nos gouvernants. Ces prédateurs qui occupent une place capitale dans la chaîne du vivant agitent depuis toujours nos émotions. Les « féroces », les « méchants », les « mangeurs d’hommes », les « dévorateurs de troupeaux », en vérité, les mal-aimés, les indomptables, les images de la variété de la vie, les plus beaux symboles de la liberté, comme dit Yves Paccalet, nous tendent un miroir sans concession pour qui ose regarder l’image en face.

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