Archives pour l'étiquette renard

Renard, notre beau rouquin

Renard

Dessin de Krapo extrait de Fantastique Renard, mini bande dessinée éditée par l’ASPAS à l’occasion du colloque renard

Croiser un renard dans le petit matin est un des plus beaux cadeaux de bienvenue de la nature. Mais cet animal a la réputation d’être un dévoreur de poules alors on ne l’aime pas et on le pourchasse 365 jours et nuits par an ! Classé nuisible, enfin maintenant on dit « animal susceptible d’occasionner des dégâts », on peut le tirer, le piéger ou encore le déterrer. Quelques 500 000 renards sont détruits chaque année. Le colloque organisé par l’Aspas les 12 et 13 juin était vraiment remarquable. Il s’est terminé avec « le Clan des Renards »,  un très joli documentaire de Anne et Érik Lapied. ☞ lire la suite

© Danièle Boone

Le renard à l’honneur à l’université Pierre et Marie Curie

Colloque renardMieux connu, il sera mieux vu. Tel est le pari de l’Aspas, organisatrice de ce colloque consacré au renard. Ne ratez pas ce rendez-vous ce vendredi 12 et ce samedi 13 à l’université Pierre et Marie Curie à Paris.

On y parlera du goupil de manière à la fois bienveillante et réaliste. Gageons que bien des idées reçues tomberont. Le rouquin ne mérite vraiment pas sa réputation de dévoreur de poules qui lui vaut d’être classé sur la liste des nuisibles. La mauvaise foi des chasseurs est sans limite, c’est pourquoi, d’ailleurs, ils s’émeuvent que de plus en plus de paysans ne soient plus chasseurs. Ces derniers découvrent en effet que, finalement, le renard est un auxiliaire formidable notamment en détruisant un nombre incroyable de campagnols! Certains réclament même qu’il soit déclassé de cette liste honteuse. J’espère avoir été convaincante. Alors à demain, pour les parisiens au moins!

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© Danièle Boone

Prédateurs: chronique d’une disparition annoncée


Photo de Elisabeth Faivre-Thévenet parue dans mon livre « Voir la faune »


Le département du nord se prépare aux Ch’tis fox days. Le nom résonne comme une fête mais cela sent surtout le sang. La semaine du 17 au 23 février sera entièrement consacrée à la chasse aux renards. Tout sera permis : déterrage, piégeage, tirs… Encourager des actes capables de causer d’immenses souffrances à des créatures vivantes est un acte de pure barbarie, une déchéance pour notre humanité. Cette initiative revient à Jean-Marc Dujardin, le nouveau président de la FDC 59 (Fédération départementale de chasse). Je suppose qu’un cabinet de communication a été mis à contribution pour ce concept qui résonne très Country. ☞ lire la suite

© Danièle Boone

Gérard Frémion et le renard

Qui est Gérard Frémion? De fait, je ne connais pas ce monsieur, pourtant, j’aurai envie d’utiliser des gros mots à son sujet mais ça ne se fait pas! Je ne sais qu’une seule chose de lui : il habite à Oizons, 738 habitants, en Sologne, dans le département du Cher. Si l’on tient compte des prénoms générationnels, il doit tourner autour de 60 – 70 ans. Je l’imagine volontiers assez imbu de sa personne. Il sait. Il se pense spirituel et débordant d’humour. Que c’est drôle, monsieur Frémion d’imaginer une peau de renard en descente de lit, sauf que vous avez oublié que vous y poseriez à peine plus d’un pied. Les gens comme vous Monsieur Frémion me font de la peine. Je crois que vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez. ☞ lire la suite

© Danièle Boone

La peau du renard? Et si c’était la nôtre!

Mais qui veut la peau du renard ? C’est sous ce titre qu’est paru aujourd’hui le contre-article que nous avions demandé. Perso, je le trouve bien condescendant. Rémy Beurion donne à fond dans les clichés. Selon lui, les membres du « collectif réuni par Nature 18 » (mais qui sont-ils ? le public ne le saura pas) auraient insisté en ces termes « la pauvre bête n’est pas à jeter aux chiens. » No comment. On lit aussi que le renard  se nourrit de 3 à 400 rongeurs par an mais en réalité, c’est 3 à 4000! Le service rendu aux agriculteurs n’est pas tout à fait le même! Est-ce donc si difficile de rendre justice à cet animal? Enfin, le journaliste prend un malin plaisir à en rajouter sur l’opposition naturalistes-chasseurs.

L’ennui, c’est que ce deuxième article, paru en page 7, ne modifiera que de manière infime l’impact de la « une » initiale dont le message a été reçu par un nombre de personnes dépassant largement le lectorat du Berry. Le mal est fait: le renard a été désigné comme le coupable et c’est bien connu, la foule crie toujours « Mort au coupable ». C’est là, la force du lobbying. Les chasseurs sont peu nombreux mais fort bien organisés.

Nous, les naturalistes, et, plus largement, les écologistes, nous n’avons bien souvent comme arme à notre disposition que notre sincérité et cela ne pèse pas lourd face à une stratégie bien rodée. C’est pourquoi le travail réalisé par des associations totalement indépendantes comme l’Aspas est fondamental. La bataille juridique est incontestablement le seul recours efficace face à l’arrogance et au mensonge. Mais c’est long.

Quant à nous, journalistes, nous nous devons de détricoter les scénarios basés sur la manipulation des informations et nous avons fort à faire. Zoomer sur un fait, c’est déjà déformer donc désinformer. Et taire une partie des infos, c’est déjà du mensonge. Déformer ou nier les données scientifiques est une autre stratégie encore plus insidieuse. Mais il n’existe aucun scrupule lorsqu’il s’agit d’orienter la pensée collective et d’affaiblir les résistances. Je me prends quelquefois à rêver d’un monde qui passe derrière le miroir et où tous les succédanés de notre société de consommation se déliteraient. Et je me surprends de plus en plus souvent à faire un petit pas de côté pour sortir du somnambulisme ambiant.

© Danièle Boone