Participez à la consultation publique sur les loups

Le 5 juin 2025, le Conseil de l’Europe a approuvé définitivement le déclassement du loup, rétrogradant son statut de « strictement protégé » à celui de « protégé ». Ce déclassement fait suite à l’abaissement du niveau de protection du loup au sein de la Convention de Berne, entré en vigueur en mars dernier. Concrètement, cela ouvre la voie à une facilitation des tirs et à une hausse du nombre de loups abattus dans les pays européens.

L’État français propose donc un projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction. Il est soumis à consultation publique jusqu’au 19 décembre. Il est urgent d’y contribuer

Qu’est ce qui va changer ?
À partir du 1er janvier 2026, les tirs deviendront possibles sans autorisation individuelle, sur simple déclaration (cercles 0, 1 et 2). Ce glissement signifie une absence de contrôle préalable, une insuffisance de traçabilité et des risques de dérives : il sera quasiment impossible de vérifier la conformité, la nécessité et la proportionnalité des tirs.

Or les niveaux de prélèvements déjà en vigueur font peser un risque réel de déclin sur la population lupine française.
Voir l’expertise de l’état de conservation du loup en France co-réalisé par le Muséum National d’Histoire Naturelle et l’Office Français de la Biodiversité

Pourquoi choisir une solution mortifère alors que la protection des troupeaux, correctement mis en place, marche. Au contraire, la destruction des loups perturbe la population en déstructurant les meutes et favorise des reports de prédation. Et pourquoi ne pas prendre en compte les effets positifs des loups sur les écosystèmes ?

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a d’ailleurs rendu un avis défavorable à l’unanimité à ce texte. « En déclassant partiellement le loup de la liste des espèces strictement protégées au nom de la défense des troupeaux, les bénéfices écologiques associés à la présence du loup sont laissés totalement de côté en particulier la régulation des populations d’Ongulés, de même qu’est laissé de côté le constat attesté d’une stabilisation des attaques dans un contexte encore récent d’un accroissement de la population de loups, signe que les mesures de protection sont efficaces. »
☞ Consulter le texte intégral du CNPN

À l’heure du changement climatique et de la perte de la biodiversité, nous nous devons de protéger la faune sauvage, et de nous protéger, contre les intérêts économiques à court terme, contre le refus du changement et de l‘adaptation des pratiques et des métiers. Sans la biodiversité, sans les espèces animales, les populations humaines seront confrontées à bien d’autres désastres.

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