Un bistrot pour la faune sauvage

Foule d'oiseaux à l'abreuvoirL’eau va probablement être le grand enjeu des années qui viennent. Tout le vivant, nous, les animaux et les plantes en ont besoin pour survivre. On peut vivre relativement longtemps sans manger mais pas sans eau. Offrir de l’eau reste encore un geste d’hospitalité chez bien des peuples notamment les nomades. Avec des étés aussi secs que celui-ci, il est indispensable de proposer de l’eau aux petits animaux qui vivent près de chez nous. De fait, il faut en mettre à disposition toute l’année. Vous ne le regretterez pas car c’est un sacré spot d’observation.  lire la suite

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Le jardin sans pétrole de Christine Laurent

Jardin-C.LaurentJe me suis vraiment régalée en lisant ce livre. Christine Laurent tient chronique sur le site de Reporterre sous ce même titre. On pourrait penser qu’elle a rassemblé ses articles pour en faire un livre mais pas du tout. Ici, elle raconte toute l’histoire. «.Depuis sept ans, le samedi, nous mettons les vélos dans le RER, laissons la ville se déliter dans le bruit métallique du train jusqu’à la frontière de l’urbanisation… Et là, en lisière de forêt, entre paddock pour les chevaux et tennis abandonné, nous prenons soin de 400 m2 de terre en ayant recours, autant que nous le pouvons aux moyens du bord. » Ce sont les premières phrases du livre. Vous avez noté le « nous prenons soin ». Le ton est donné.
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CETA, pas pour moi !

L’analyse du vote est intéressante. Sur les 577 députés que compte l’Assemblée nationale, seulement 24 députés se sont esquivés, c’est dire si le CETA a mobilisé. Au finish, le traité a été adopté à 266 voix pour et 213 contre mais il y avait 74 abstentions. Ainsi si l’on additionne ceux qui ont voté contre et ceux qui se sont abstenus, cela fait 287 députés qui n’ont pas voulu voter pour, soit 51,9 % des votants. Et si on affine encore, 52 députés LRM sur les 304 membres du groupe se sont abstenus soit en gros, un député LRM sur 6. Lorsqu’on appartient à un groupe, il est de bon de ne pas voter contre (9 ont pourtant osé le faire), on peut donc considérer que ces 52 députés étaient contre. Mais le fait est là, par la faute des ces imbéciles, nous voilà engagés encore davantage dans une voie qui ne va dans le bon sens et qui s’accompagne d’un insupportable déni démocratique. Rappelons que deux français sur trois étaient contre ce traité.

Alors que faire ? Pour ce qui me concerne, c’est une évidence. C’est un traité commercial or pour que le commerce marche, il faut des acheteurs. Donc, n’achetez plus dans les circuits de la grande distribution qui nous impose notre manière de vivre et de consommer. Côté alimentation, évitez tous les produits transformés, bourrés d’additifs qui nous empoisonnent. Achetez bio, local et de saison. En cas de doute, choisissez la certification Demeter. La biodynamie, c’est très compliqué. Ceux qui la pratiquent le font vraiment par conviction et non uniquement pour gagner de l’argent. L’idéal est de se fournir directement auprès des producteurs dont on connaît le travail et l’engagement. Même dans les grandes villes, c’est possible notamment via le système des AMAP. Moi, c’est ce que je fais. Je me suis convertie au bio en 1980 et petit à petit tout est devenu bio chez moi, y compris les produits ménagers, les lessives, mes crèmes de soin, etc.  Et pourtant, j’ai un petit budget. Comme j’ai quitté Paris pour m’installer à la campagne avec le but d’être un maximum autonome au niveau alimentaire, je cultive un potager, j’ai planté un verger et j’ai des poules. Je ne vais jamais dans les supermarchés préfèrant fréquenter les marchés où viennent les producteurs bio.

Je ne me pose pas comme un modèle à suivre, je suis juste la preuve qu’on peut faire autrement et je connais plein de gens qui font autrement aussi, chacun à sa manière, dans son contexte. C’est juste une question de priorité dans sa vie. Vaut-il mieux avoir un budget alimentation un peu plus élevé et garder son vieux portable ou manger des choses pas chères mais douteuses et avoir toujours le dernier smartphone.? Voilà une des multiples questions que chacun peut et devrait se poser. Nos gouvernants ont opté et vont encore opté pour les traités de libre-échanges qui sont climaticides, biodiversiticides et liberticides, mais nous ne sommes pas obligés de les suivre dans leur délire rétrograde. En tout cas, c’est mon point de vue de consommatrice responsable, très très sobre, qui a toujours préféré la qualité à la quantité.

La biodiversité, une priorité. Vraiment ?

La préfète de la Nièvre a autorisé le retournement de prairies naturelles en bord d’Allier en zone Natura 2000 ainsi que l’irrigation de ces terres par pompage dans la nappe de la rivière. Cela va être un massacre au niveau de la biodiversité et également une mise en danger des éleveurs traditionnels qui travaille en aval dans le respect du bocage. François de Rugy, l’ex-ministre de l’écologie, a donné son feu vert pour reconduire la liste des animaux « susceptibles de causer des dégâts », autrefois nommés « nuisibles », malgré une forte mobilisation citoyenne lors de la consultation publique autorisant par là le massacre de millier d’animaux dont les services rendus sont aujourd’hui scientifiquement reconnus mais selon le président Macron, agir pour la biodiversité est une priorité au même titre que lutter contre le réchauffement climatique. De qui se moque-t-on ?

J’ai écrit un édito sur ce sujet paru sur le site des JNE (association des journalistes pour la Nature et l’Ecologie) que je vous invite à découvrir ☞ ici

Masanobu Fukuoka : semer dans le désert, c’est possible

L’un des derniers livres de Masanobu Fukuoka, l’auteur du livre culte « la Révolution d’un seul brin de paille » vient d’être réédité. C’est une très bonne nouvelle. Masanobu Fukuoka y présente son projet révolutionnaire pour réhabiliter les déserts et parvenir à la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture sauvage, méthode qu’il a élaboré. Lors de ses voyages, il a constaté que parfois au milieu du désert, coule un fleuve comme le Niger, par exemple. Or si il y a de l’eau, il devrait y avoir des plantes qui poussent. Que comprendre sinon que c’est l’homme lui -même qui est responsable. « La signification de la disparition d’un seul oiseau ou d’une seule plante n’est pas juste la mort de cet oiseau ou de cette plante. Elle a une profonde signification pour nous tous. Elle est connectée à la destruction de l’harmonie entre tout ce qui vit. » 

Fukuoka pose des questions pertinente : « comment peut-on se féliciter de l’avancée de l’agriculture moderne, y compris de l’énorme accroissement de la production, si le rythme des famines, des disettes, de l’épuisement de la terre, des maladies, augmente encore plus rapidement ? »  Pour lui, l’essentiel est de se reconnecter à la nature. Pour que la vie revienne dans les déserts, il faut revitaliser la terre ou plutôt laisser la nature le faire elle-même. Il préconisait de lancer des milliers de graines enrobées dans une boulette d’argile, voire depuis un hélicoptère. Quand les conditions sont favorables, certaines, les pionnières, poussent et créent un environnement favorable pour que d’autres s’épanouissent à leur tour. 

Le livre va bien au delà de l’agriculture. Il nous interroge sur notre façon de vivre. « C’est le moment de stopper le développement dialectique construit sur une civilisation fausse et centrifuge. C’est le moment de saisir, philosophiquement et religieusement, que l’espèce humaine affronte sa fin. » Voilà tout est dit. A nous d’en tirer les conclusions et d’adopter cette sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi et ce respect de la nature que nous enseignent les peuples racines.

Éditions Guy Trédaniel, 264 pages, 21 € – www.editions-tredaniel.com