La biodiversité, une priorité. Vraiment ?

La préfète de la Nièvre a autorisé le retournement de prairies naturelles en bord d’Allier en zone Natura 2000 ainsi que l’irrigation de ces terres par pompage dans la nappe de la rivière. Cela va être un massacre au niveau de la biodiversité et également une mise en danger des éleveurs traditionnels qui travaille en aval dans le respect du bocage. François de Rugy, l’ex-ministre de l’écologie, a donné son feu vert pour reconduire la liste des animaux « susceptibles de causer des dégâts », autrefois nommés « nuisibles », malgré une forte mobilisation citoyenne lors de la consultation publique autorisant par là le massacre de millier d’animaux dont les services rendus sont aujourd’hui scientifiquement reconnus mais selon le président Macron, agir pour la biodiversité est une priorité au même titre que lutter contre le réchauffement climatique. De qui se moque-t-on ?

J’ai écrit un édito sur ce sujet paru sur le site des JNE (association des journalistes pour la Nature et l’Ecologie) que je vous invite à découvrir ☞ ici

Masanobu Fukuoka : semer dans le désert, c’est possible

L’un des derniers livres de Masanobu Fukuoka, l’auteur du livre culte « la Révolution d’un seul brin de paille » vient d’être réédité. C’est une très bonne nouvelle. Masanobu Fukuoka y présente son projet révolutionnaire pour réhabiliter les déserts et parvenir à la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture sauvage, méthode qu’il a élaboré. Lors de ses voyages, il a constaté que parfois au milieu du désert, coule un fleuve comme le Niger, par exemple. Or si il y a de l’eau, il devrait y avoir des plantes qui poussent. Que comprendre sinon que c’est l’homme lui -même qui est responsable. « La signification de la disparition d’un seul oiseau ou d’une seule plante n’est pas juste la mort de cet oiseau ou de cette plante. Elle a une profonde signification pour nous tous. Elle est connectée à la destruction de l’harmonie entre tout ce qui vit. » 

Fukuoka pose des questions pertinente : « comment peut-on se féliciter de l’avancée de l’agriculture moderne, y compris de l’énorme accroissement de la production, si le rythme des famines, des disettes, de l’épuisement de la terre, des maladies, augmente encore plus rapidement ? »  Pour lui, l’essentiel est de se reconnecter à la nature. Pour que la vie revienne dans les déserts, il faut revitaliser la terre ou plutôt laisser la nature le faire elle-même. Il préconisait de lancer des milliers de graines enrobées dans une boulette d’argile, voire depuis un hélicoptère. Quand les conditions sont favorables, certaines, les pionnières, poussent et créent un environnement favorable pour que d’autres s’épanouissent à leur tour. 

Le livre va bien au delà de l’agriculture. Il nous interroge sur notre façon de vivre. « C’est le moment de stopper le développement dialectique construit sur une civilisation fausse et centrifuge. C’est le moment de saisir, philosophiquement et religieusement, que l’espèce humaine affronte sa fin. » Voilà tout est dit. A nous d’en tirer les conclusions et d’adopter cette sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi et ce respect de la nature que nous enseignent les peuples racines.

Éditions Guy Trédaniel, 264 pages, 21 € – www.editions-tredaniel.com

Protéger les insectes, c’est protéger notre futur

Tribune-ReporterreL’enjeu planétaire est connu. Protéger les insectes et plus largement la nature, c’est protéger l’Homme et son avenir. Et cela passe par quelques gestes simples : leur donner de l’eau, éliminer tous les biocides, laisser pousser des herbes folles dans son jardin. J’ai écrit une tribune sur le sujet parue aujourd’hui sur Reporterre.

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Les abonnés des 4 saisons en visite dans mon jardin

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Samedi 22 juin, le magazine 4 saisons auquel je collabore, publié par les éditions Terre Vivante, avait organisé une journée de visite de nos jardins par nos abonnés. J’ai accepté d’emblée cette idée de rencontre mais plus l’heure approchait, plus j’étais stressée. Et oui, moi, je suis une spécialiste de la biodiversité et j’écris sur la faune sauvage. Mon jardin est entièrement dédié à son accueil. Certes, je fais un potager mais, sur ce plan, je me sentais toute petite! ☞ lire la suite

Eros dans le jardin de Xavier Mathias

Voilà un livre qui ne manque pas piquant et qui regarde les légumes d’un œil un peu obsédé : Xavier Mathias voit du sexe partout! Non j’exagère, Xavier s’est juste beaucoup amusé et nous amuse tout autant quoique… il s’en passe des choses au potager ! Bon déjà, le langage du jardinier peut prêter à confusion. Lorsqu’on met en terre un plan, celui-ci semble nous dire « arrache moi le chignon » ou « (Dés)habille-moi » ou encore « Plante-moi vite et dépêche-toi de m’inonder ». Aïe, aïe, aïe ! Certes le trait est parfois un peu forcé n’empêche qu’en s’intéressant à la sexualité des plantes, donc à leur reproduction, l’auteur nous livre des informations essentielles. Moi, par exemple, j’ai appris comment faire pour récolter des graines de carottes en les forçant à se reproduire avant la floraison des carottes sauvages car sinon, métissage garanti avec un piètre résultat côté gustatif pour la génération suivante. Et, de plus, les éditions Terre Vivante ont parfaitement joué le jeu : ouvrage hors collection, couverture élégante, tranche orange, marque page vert, assorti à la couleur du fond de couverture où deux carottes s’enlacent… amoureusement ! N’hésitez pas à offrir ce livre, vos amis jardiniers vont adorer !

La vie érotique de mon potager par Xavier Mathias. Préface de Anna Gavalda. Éditions Terre vivante, 160 pages, 25 €