En attendant la pluie

La savane ? Non mon jardin © Danièle Boone

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Le grand tilleul du poulailler apporte de la fraîcheur aux poules mais ce matin, lorsque je suis allée rafraîchir au jet leur espace, je me suis aperçue que l’abreuvoir était au soleil. Les rayons passaient à travers les branches dégarnies. Après des semaines sans eau, cette dernière canicule accélère les effets visibles. Pour survivre, les arbres se débarrassent de leurs feuilles, leurs fruits et même de certaines de leurs branches. Nous découvrirons au printemps prochain les effets de leur souffrance. Certains sembleront repartir mais ce sera un leurre car l’agonie des arbres peut être longue. Espérons, qu’ils soient le moins nombreux possible. Dans tous les cas, après un tel épisode, tous les arbres seront fragilisés et, de moins en moins solides, pour affronter la succession de ces évènements extrêmes.

Devant les effets délétères de cette sécheresse, je me surprends à scruter la météo, ou tout au moins la ligne « précipitation » qui s’obstine à annoncer 0mm. Si par hasard, la pluie enfin est annoncée, je déchante devant le 0,1 à 0,3 mm !!! Et si par hasard, un orage a apporté 20 à 30 mm d’eau à un copain chanceux, je ressens un profond dépit devant mon pluviomètre toujours aussi vide. Lorsqu’il y a seize ans, je me suis installée dans ce coin de campagne alors humide où les paysans se targuaient de cultiver le maïs sans irrigation, je ne pensais pas qu’un jour je serais ainsi à espérer la pluie.

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Henri Rousseau, l’ambition de la peinture

La-cascade
La Cascade, 1910 – The Art Institute of Chicago

J’ai toujours beaucoup aimé Le Douanier Rousseau. Ah excusez maintenant on dit Henri Rousseau ! En délestant Rousseau de son qualificatif de « douanier », l’exposition présentée au musée de l’Orangerie à Paris le sort de sa légende de peintre naïf. C’est le poète Alfred Jarry qui l’avait surnommé ainsi à cause de son emploi de fonctionnaire dans les services de l’octroi à Paris. Ce sobriquet pouvait laisser entendre que Henri Rousseau était un amateur, un peintre du dimanche ! L’art de la composition et des couleurs, la modernité et l’inventivité de cet artiste autodidacte tout sauf naïf est au cœur de cette exposition. C’est l’occasion aussi de découvrir des toiles jamais montrées en France.
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Sous la pluie

Gustave Courbet, Marine (La Trombe), 1866.

La représentation, la sensibilité et l’imaginaire de la pluie émergent à la fin du 18e siècle lorsque les peintres sortent de leur atelier. Difficile à représenter tant elle est fine, transparente et fugace, la pluie est un défi pour l’artiste. Comment peindre ce qui est passager et qui, pourtant, transforme radicalement le paysage ? L’exposition proposée par le Musée d’arts de Nantes invite à une déambulation vagabonde à travers trois grands parties : « Peindre sous la pluie », « Vivre sous la pluie » et « Rêver avec la pluie ». Elle privilégie une approche sensible, mêlant citations littéraires, fragments sonores et extraits de films. C’est magnifique !

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