La démocratie participative en danger

Gabriel Ullmann, docteur-ingénieur, a conduit des enquêtes publiques en tant que commissaire-enquêteur durant de nombreuses années au cours desquelles il a été amené à donner des avis défavorables sur des projets importants comme le Center Parcs de Roybon, et, tout récemment, le projet de ZAC industrielle Inspira.

Mais pour le préfet Lionel Beffre, Gabriel Ullmann « conçoit les enquêtes publiques comme des missions d’expertise. Cela le conduit à mener des investigations et à rédiger des développements sortant du cadre d’une exécution complète et diligente de l’enquête » et pour cela, il a demandé sa radiation qui a été prononcée le 6 décembre à la majorité des voix d’une commission d’aptitude dont le préfet désigne…six des neuf votants (avec quatre représentants en propres). On lui reproche également d’avoir publié des articles sur le droit de l’environnement. Un recours circonstancié contre cette décision a été déposé le 13 février 2019. Le Tribunal administratif de Lyon en a été saisi.

C’est grave ! Cette radiation met en lumière les conflits d’intérêts qui règnent au sein des commissions d’aptitude des commissaires-enquêteurs. Ce sont autant de graves atteintes à l’indépendance des commissaires-enquêteurs. Tout comme à la liberté d’expression. 

Les enquêtes publiques sont un des rares moyens de s’exprimer pour les citoyens. Le 26 décembre, le gouvernement a publié un décret permettant de remplacer les enquêtes publiques des projets soumis à autorisation environnementale par une simple participation du public par voie numérique, une soi-disant expérimentation dans deux régions, la Bretagne et les Hauts-de-France. Maintenant on radie un commissaire-enquêteur juste parce qu’il a bien fait son travail ! C’est la démocratie locale qui est atteinte : tous les empêcheurs de tourner en rond ne doivent plus entraver les grands projets inutiles et autres caprices d’industriels ! Et cela au moment même du soi-disant « grand débat ».

☞ En complément, lire l’article paru le 6 mars sur Reporterre
D.B.

Planète Nièvre : habitat participatif, vivre autrement

Pour cette nouvelle émission de Planète. Nièvre, nous nous sommes rendu à Urzy au moulin du Greux où nous avons rencontré Catherine Marcadier, Martin Bouté et Faustin Thierry. Tous les trois se sont lancé dans l’aventure de l’habitat participatif. Nous avons également rencontré Gérard Fontaine, directeur du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de la Nièvre (CAUE 58), dont l’un des rôles principaux est le conseil.

Vivre dans un habitat participatif n’est pas vivre en communauté. Chacun dispose d’espaces privatifs et bénéficie, en plus, d’un accès à des espaces à partager comme un jardin ou des pièces de vie. L’habitat participatif est une manière de se réapproprier les décisions et responsabilités de l’acte de construire ou de rénover, d’adapter et d’entretenir son lieu de vie en cohérence avec des valeurs partagées par tous.

Les partenaires du projet du moulin du Greux ont choisi de créer une société civile immobilière d’attribution (SCIA) qui permet d’acquérir à plusieurs, sous forme de part, avec des lots qui sont attribués et des prises de décisions collectives et démocratique sous forme de consentement/consensus. Parallèlement, l’association des 3 HOPS rassemblent une vingtaine de personnes qui soutient le projet et participe notamment aux chantiers participatifs organisés une fois par mois.

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Les oiseaux invités à France Inter !

Moineau domestiqueCe vendredi 1er février, j’étais invitée par Mathieu Vidard à parler de la disparition des oiseaux dans son émission La tête au carré en compagnie de Sébastien Balibar et Etienne Klein, deux physiciens. Nous avons notamment parler de la disparition des moineaux parisiens. N’hésitez pas à nous écouter et à diffuser l’information autour de vous : la cause est fondamentale. Il n’est pas trop tard pour agir. Sauvons les oiseaux !
écouter l’émission (sujet à 43’09)
à propos de l’émission

Sauvons les oiseaux sur RCF

RCF-daniele boone

Olivier Guillaume m’a reçue à RCF Nièvre en tant qu’invitée de la rédaction pour parler de mon livre « Sauvons les oiseaux – 10 actions pour (ré)agir« .

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Le castor, un bûcheron avisé !

Castor nageant

Observer le castor, c’est rien que du bonheur. Moi je ne me lasse pas de le regarder nager dans les reflets de la lune, se hisser sur les berges, saisir un rameau entre ses deux mains, le ronger, se lisser les moustaches, remonter son ventre à la manière d’un gros nounours et se grattouiller. Contrairement à ce que l’on croit souvent, le castor n’hiberne pas et reste donc actif tout l’hiver.

Ses ennemis l’accusent d’abattre les arbres. C’est vrai que sur une plantation de peupliers en bord de rivière, il peut faire des dégâts. En fait, c’est un bûcheron avisé. Il varie les zones de coupes selon les saisons et le niveau de la rivière et entretient ainsi toute une mosaïque de milieux ouverts et de milieux fermés, ce qui est excellent pour la biodiversité. Il fait le travail que font les humains lorsqu’ils entreprennent de renaturer une rivière. ☞ lire la suite