Nature Nièvre : les osmies

Le trou servant à l’écoulement des eaux de vos fenêtres en bois est bouché par un opercule de terre. Rien de grave, c’est l’ouvrage d’une osmie rousse. Cette abeille solitaire à peu près de la taille d’une abeille domestique, soit 10 à 12 millimètres, est facile à reconnaître : son corps, noir à l’avant et roux vif à l’arrière est couvert d’une fourrure semblale aux bourdons. Cela peut être aussi une osmie cornue, très semblable, mais avec des cornes plus marquées. Les mâles sont les premiers à percer la fine cloison d’argile de leur cellule fin février début mars. Les femelles apparaissent une dizaine de jours plus tard. En les attendant, ces messieurs s’agglutinent autour des trous d’envol. Une grande agitation annonce l’émergence des femelles et les affrontements pour gagner le droit d’être le géniteur sont parfois violents. Quelques jours après les accouplements, tous les mâles meurent.
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La fabrique de l’ignorance sur Arte

Franck Cuvellier et Pascal Vasselin ont enquêté sur la stratégie des industriels pour contrecarrer des résultats scientifiques qui les dérangent. En créant du doute, ils contribuent à maintenir une controverse qui rend le suspect difficile à identifier. Pour cela, les lobbies n’hésitent pas à investir dans de coûteux laboratoires de recherches. Ainsi lorsque les néonicotinoïdes ont été désignés comme responsables de l’effondrement des populations d’abeilles, les chercheurs à leur solde ont détourné l’attention du public et des politiques en pointant d’autres causes possible, notamment les parasites comme le varroa sur lesquels, ils ont produits de nombreuses études scientifiques. Et cela a payé même si le varroa était là depuis 40 ans et que l’effondrement nettement plus récent correspondait avec l’utilisation massive des néonicotinoïdes. Les politiques prennent généralement leur décision en s’appuyant sur des faits, mais ces derniers étant devenu incertains à cause de la manipulation des industriels, l’interdiction de cette famille d’insecticides apparue au début des années 1990 n’a été actée qu’en septembre 2018. C’est pourquoi sa remise en question avec la dérogation accordée aux industriels du sucre, a déclenché la colère des écologistes.
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La fabrique de l’ignorance, documentaire de Franck Cuvellier et Pascal Vasselin (97′) est à voir absolument sur Arte jusqu’au 23 avril.

Nature Nièvre : le crapaud commun


Formidable auxiliaire des jardiniers, le crapaud commun dévore moult limaces et de nombreux insectes. Il chasse la nuit, à l’affût ou en maraude. Il déglutit ses proies avec ses yeux. À la fin de l’hiver, crapauds et crapaudes vont rejoindre la mare de leur naissance pour s’y reproduire. La femelle pond 5000 à 7000 œufs en chapelets de perles transparentes long de 3 à 4 mètres. Le crapaud sécrète du venin mais il n’est pas dangereux pour l’homme. Il est seulement irritant en cas de contact avec les yeux ou la bouche.
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Edgar Morin et Pierre Rabhi : les frères d’âme

Lorsque deux sages se rencontrent pour la première fois et discutent du monde pendant cinq heures, cela donne un livre lumineux qui se lit d’une traite, comme si on était là, assis dans le canapé voisin à les écouter. Denis Lafay a orchestré cet échange. En fait, il est le troisième larron de cette conversation hors du commun. Edgar Morin va avoir 100 ans, Pierre Rabhi, 83 ans. Ce qui semble incroyable, c’est que les chemins des ces deux « frères d’âme » ne s’étaient croisés que très rarement et toujours très brièvement. «.Nous nous sommes en effet très peu vus de manière physique, mais nous nous sommes souvent approchés psychiquement, intellectuellement et émotionnellement. Voilà ce qui est important : cette sorte de convergence profonde entre nos deux vies et nos deux pensées » confirme Edgar Morin.

Les voilà donc là, tous les trois, dans un salon d’un établissement montpelliérain alors que la Covid est venu rappeler à l’homme qu’il n’était finalement pas grand chose. « Plus nous nous croyons maîtres de la nature, plus nous en dépendons » constate Edgar Morin. Pierre Rabhi aurait pu faire la même réflexion. La modernité, la technique, la communication, la mobilité, la répression, la violence, le diktat de l’économie, le calcul pire que le profit, la démocratie, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité… sont autant de sujets abordés. Leurs paroles d’hommes libres et lucides pulsent une énergie bienveillante dont on a bien besoin dans ce temps de perte de repères. Espérons avec eux, pour l’humanité et pour nous, que la «.détermination de poursuivre le combat de vivre » l’emporte sur « la tentation du désespoir ».

Frères d’âme – Edgar Morin et Pierre Rabhi
Entretien avec Denis Lafay, éditions de l’Aube, 170 pages, 17,60 € www.editionsdelaube.com

Et si ma fourchette pouvait sauver la planète

Voilà un livre paru aux éditions du Rouergue auquel j’adhère à 100.%. Marion Haas, l’autrice est une ancienne élève de Sciences Po Paris qui a fondé avec son mari une ferme en biodynamie dans la Drôme en 1987. Autant dire qu’elle sait de quoi elle parle. D’évidence, chacun peut décider du contenu de son assiette. Si elle est composée d’éléments sains, elle sera goûteuse, bonne pour la santé et celle de la planète. « Je n’ose pas utiliser le mot traditionnelle tant il est galvaudé, ni le mot normale, tant il me semble anormal de ne pas manger sainement » écrit l’autrice en parlant de l’alimentation d’une grande majorité de consommateurs. Je m’étonne toujours moi aussi que le bien manger ne soit pas un objectif prioritaire d’autant que les méfaits de l’alimentation industrielle sont désormais parfaitement documentés et que l’information est accessible à tous. ☞ lire la suite