Pour que nature vive, le podcast du Muséum

ature vive - MNHN
Les scientifiques du Muséum National d’Histoire Naturelle prennent la parole pour alerter sur le déclin de la biodiversité dans une série de podcasts intitulé «.Pour que nature vive.». Le titre fait référence au livre de Jean Dorst,  Avant que nature meurt ou plus exactement à la postface écrite par Robert Barbault, professeur au Muséum, intitulée justement Pour que nature vive.  L’ouvrage de Jean Dorst publié en 1965 est le premier en français à défendre la Nature contre l’emprise démesurée de l’homme. Tout comme Rachel Carson, l’autrice du printemps silencieux, il a su détecter les signaux prémonitoires de la crise de l’érosion de la biodiversité qui nous submerge aujourd’hui. L’objectif de cette série est d’expliquer le vivant et le monde qui nous entoure afin de mieux le préserver de manière très simple et accessible à tous. Chaque épisode dure une trentaine de minutes, ce qui est suffisamment long pour approfondir le sujet sans épuiser l’attention de l’auditeur. ☞ lire la suite

L’ourse, récit naturaliste de Jean-Paul Thévenin

Le roman du naturaliste et écrivain Jean-Paul Thévenin vient d’être réédité. C’est une excellente nouvelle car ce récit est magnifique. Il se passe dans la Cordillère cantabrique, au nord-ouest de l’Espagne et nous entraîne à la rencontre de l’Ourse Vanessa, le personnage principal. Le lecteur suit la quête de Francis, un naturaliste français et, très rapidement, la fait sienne. Il parcourt avec lui la montagne, frémit devant un indice, se réjouit de la présence inattendue de l’animal se régalant de baies avec son petit. Et puis, il y a Alberto, le berger et braconnier qui fait comme son père, et avant lui son grand-père. Ces deux hommes « sont les représentant de deux mondes qui s’affrontent ; celui de Francis, d’origine citadine pour qui la relation avec la nature était toute empreinte d’affectivité et de contemplation ; et celui d’Alberto, venu du fond des âges, où les hommes luttent contre la nature et les bêtes sauvages comme si leur survie en dépendait. »

Si Jean-Paul Thévenin dépeint merveilleusement la beauté de la nature et les émotions naturalistes, il sait aussi transcrire la douleur puis la colère d’un homme face à l’attaque de son troupeau. Et puis, il y a les pages où il est l’ourse. On entre alors dans la vie secrète de l’animal, ses bonheurs simples, sa lutte pour vivre lorsqu’elle est prise dans un piège, puis son incroyable adaptation malgré son infirmité jusqu’à être de nouveau mère. De fait, Vanessa, l’ourse amputée d’une patte arrière, a vraiment existé et Jean-Paul Thévenin l’a vu. Après cette rencontre impressionnante mais éphémère, sa connaissance de cet animal mythique, son admiration et son talent de conteur ont fait le reste. L’écriture est belle, imagée, sensible et pudique à la fois. Que du bonheur quoi !

Éditions Hesse, 160 pages, 20 €

Chauves-souris : une vie de Grand Rhinolophe

Jeune grand rhinolophe © DR

Hier soir, j’ai visionné le documentaire de Tanguy Stoecklé sur les Grands Rhinolophes, nos plus grandes chauves-souris avec une envergure de 45 cm, malheureusement devenues rares. Face à l’abondance des articles de presse très négatifs pour les chauves-souris, Tanguy a décidé de mettre son film en libre accès dans son intégralité sur Youtube tout le temps du confinement. Ces petits mammifères ont, en effet, bien du souci à se faire : en Chine, il y a actuellement des évacuations de chauves-souris de leur gîte d’hibernation car elles seraient le réservoir du coronavirus. Comme à son habitude, l’homme, au lieu de remettre en question son mode de vie qui empiète de plus en plus sur le territoire du sauvage, détruit ce qui le dérange. Par cette réaction primaire, il ne fait qu’accentuer la mauvaise santé de la biodiversité déjà catastrophique, alors que notre vie, justement, dépend de sa vitalité.

Grand RhinolopheLe film a été tourné et diffusé bien avant l’épidémie de Covid-19. Les images réalisées en Camargue sont magnifiques et exceptionnelles : on voit notamment une mère s’occuper de son petit et même la naissance d’un bébé : absolument magique ! Le film produit par le Groupe Chiroptères de Provence avec le concours du programme européen Life+Chiromed a été primé au festival du film ornithologique de Ménigoute (Grand Prix Lirou d’or 2014) et au festival du film animalier d’Albert (Grand prix 2015). N’hésitez pas à vous faire plaisir. C’est ici : https://youtu.be/tNpSfanm1io

Oiseaux : les visiteurs de l’été sont presque tous arrivés

Rougequeue femelleFemelle rougequeue noir © Danièle Boone

Chaque année, j’éprouve la même joie à découvrir leur retour. La première à m’être apparue était une femelle rougequeue noir. C’était le 19 mars. Trois jours plus tard, en allant ouvrir les poulaillers, j’ai entendu la fauvette à tête noire qui chantait à tue tête. Je l’ai vu quelques heures plus tard, se désaltérer dans l’abreuvoir des oiseaux.  Le point d’eau est toujours un formidable spot d’observation d’autant que je le vois depuis mon bureau. C’est là que, souvent, je découvre les visiteurs de passage. Certaines espèces en migration font, en effet, une halte dans mon jardin que j’essaie de maintenir accueillant toute l’année. Dans le même temps, est arrivé le pouillot veloce mais son chant fait tellement partie de mon environnement sonore, que je n’ai pas noté précisément le jour de son arrivée ! Ensuite, il m’a fallu attendre presque deux semaines pour entendre le loriot. ☞ lire la suite

Contre le virus, les plantes sauvages sont des alliées

Ail des ours

Ah, voilà l’article que j’attendais ! Les médecines naturelles sont les grandes oubliées dans les débats autour du coronavirus comme si, en dehors de la chimie, il n’y avait pas de salut. Il est vrai qu’à l’heure où on compte ses morts au jour le jour, établissant un classement des pays où, pour une fois, il n’est pas enviable d’être le premier, cela n’est pas vraiment étonnant. Que peut on attendre de cette pensée dominante du tout chimique qui a notamment abouti au déremboursement de l’homéopathie, une manière différente de se soigner sans les effets secondaires dévastateurs de l’allopathie  ? Attention, dans certains cas, des médicaments de type antibiotique par exemple, sont  nécessaires mais leur utilisation devrait être exceptionnelle. Les laboratoires pharmaceutiques vont sans doute sortir les grands gagnants de cette pandémie, encore une fois, d’autant qu’en gros, ce sont les mêmes groupes qui fabriquent les pesticides et engrais chimiques qui continuent, malgré la crise sanitaire, à être largement épandus dans nos champs. Le ministère de l’Agriculture a même permis que les distances de sécurité entre les habitations et les pulvérisations de pesticides soient réduites au minimum possible, sans concertation, confinement oblige.

On se plaint par exemple de la pénurie de gel hydroalcoolique, personnellement je n’utilise jamais ce type de bactéricide. J’ai concocté une solution maison en ajoutant quelques gouttes d’huile essentielle de tea tree et de ravintsara à de l’alcool à 90° aujourd’hui interdit à la vente mais j’en utilise si peu qu’il m’en restait d’avant cette interdiction. Et c’est hyper efficace. Mais là, je sors du sujet traité par l’ami Couplan, qui parle des plantes fraîches et on a de la chance, c’est la saison où elles sont les plus nombreuses et les plus goûteuses. Donc, cet article paru sur le site Reporterre est vraiment le bienvenu. «.L’une des  grandes absentes des directives que l’on nous assène à longueur de journée est la suivante : faites tout ce que vous pouvez pour améliorer votre immunité naturelle.» explique l’ethnobotaniste et écrivain qui prône par la même occasion, la frugalité. Il est vrai que, pour moi qui la pratique, je préfère le peu, de qualité, à la quantité de piètre valeur nutritive. Alors, à mon menu, en ces temps de confinement : ail des ours (photo), ortie, lierre terrestre, alliaire, etc. le tout cueilli dans mon jardin.

lire la tribune de François Couplan parue ce jour sur Reporterre