Avec Nénette, l’orang-outan du jardin des plantes

Nenette dans le film de Nicolas Philibert

Le temps du film est lent comme celui de Nénette, une femelle orang-outan de 40 ans dont 37 passés au jardin des plantes.  D’abord gros plan sur ses yeux. Que regarde-t-elle? Que voit-elle? Et puis sa bouche. On dirait qu’elle sourit mais on dirait seulement. Et puis le bruit, les voix des visiteurs, les exclamations: c’est Nénette. Elle a 40 ans. Comme mon papa, remarque un enfant. Et puis tout à coup de nouveau le silence. C’est le rythme des journées de Nénette. C’est le rythme sonore du film. On ne voit que Nénette enfin, aussi, un peu, ses trois congénères dont son fils Toubeau. On n’éprouve pas de compassion pour Nénette. On est dans son espace et on en ressent la clôture. Pas de jugement, pas de révolte. Bien sûr, on apprend plein de choses. Elle est née à Bornéo. Elle est arrivée ici en 1973. Elle a eu trois maris et quatre fils. Elle … mais son histoire n’a pas vraiment d’importance. Ce qui importe, c’est d’être dans son présent ce qui ne veut pas dire dans sa tête car, au bout du film, on ne sait rien de plus sur la pensée des orangs-outans ou celle des animaux des zoos. Mais, et c’est là toute la prouesse de Nicolas Philibert, on fait bel et bien l’expérience dans son corps de l’enfermement. Difficile à expliquer, ça se vit. Voilà pourquoi, il faut aller voir ce film.

© Danièle Boone

One Response to Avec Nénette, l’orang-outan du jardin des plantes

  1. DUFRESNE Evelyne

    Film narrant la sinistre destinée de Nénette arrachée toute jeune à sa forêt.
    On ne nous dit pas tout : Nénétte a mordu sauvagement à la main une soigneuse qui lui avait retiré son petit … l’instinct maternel subsiste même derrière ces horribles barreaux.
    Mais ne vaut-il pas mieux aller sur place, à Kalimantan ou Sumatra, pour observer les derniers survivants de ces « hommes de la forêt » si doux et si paisibles ? Ainsi, le tourisme fonctionnera davantage, rapportant quelques finances à la population locale qui sera de ce fait tentée de se détourner du massacre des arbres remplacés par ces horribles plantations de palmiers à huile si néfastes à notre santé et à notre environnement.
    Si l’on prend en comparaison les prix hoteliers pratiqués en France, le séjour sur place n’est vraiment pas cher. A disposition de qui le souhaite pour donner des informations concernant Sumatra.

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