Archives de catégorie : Voir, lire, écouter

livres, films, émissions, expositions

Nous voulons des coquelicots

Nicolino-Veillerette« Ceci n’est pas un livre. C’est un manifeste. Celui de la vie, des coquelicots dans les champs de blé, des oiseaux au bord du chemin, des abeilles » est-il écrit dans le prière d’insérer du livre sorti en même temps que le numéro spécial de Charlie pour accompagner l’appel des 100 pour l’interdiction de tous pesticides. C’est un immense pari que lancent Fabrice Nicolino et François Veillerette. « Nous allons vaincre un système né en 1945 car il n’est fort que de nos faiblesses et de nos reculs. Du jour où viendrait enfin une révolte calme, unanime, durable de la société, nous affirmons que les pesticides et leur cortège de mort disparaîtraient de notre paysage. »

Fabrice Nicolino et François Veillerette se donnent un à deux ans pour réussir et sortir la France du tout chimique. Pour cela, ils appellent à une mobilisation citoyenne générale. « Nous voulons ardemment des coquelicots et nous allons le montrer, pacifiquement, mais puissamment. C’est maintenant ou jamais » lit-on dans l’introduction. Ensuite, les auteurs rappellent les faits depuis le DDT miracle jusqu’au roundup, la mécanique bien huilée du mensonge utilisée par les lobbies, l’inaction sans faille des politiques au service du fric, la chimère du plan Écophyto. Ils rappellent aussi les nombreuses alertes dont la première fut lancée par Rachel Carson en 1962. Qui pensait, il y a seulement dix ans encore, qu’un jour, le printemps pourrait vraiment être silencieux, c’est à dire sans chant d’oiseaux. Aujourd’hui, à voir la vitesse avec laquelle, ils disparaissent, on sait que c’est possible, et pas dans un siècle mais demain ! Ce livre-manifeste s’achève avec le texte de l’appel.

Éditions Les Liens qui Libèrent, 128 pages, 8 €
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Planète Nièvre : tous en selle !

Pour que la pratique du vélo décolle, il faudrait un coup de pouce des politiques mais les gouvernements se succèdent et les plans vélos fantômes aussi. On attend celui du gouvernement Macron en septembre mais avec la démission de Nicolas Hulot, ne risque-t-on pas de devoir attendre encore ? Ce serait les moyens alloués à ce plan, quelques 200 millions d’Euros sur trois ans, qui coincerait du côté de Bercy. Pourtant cela ne ferait que 3 € par habitants et par an. Actuellement, ce sont les collectivités locales, agglomérations, villes, régions, qui doivent prendre en charge la création des infrastructures indispensables pour la sécurité des cyclistes mais aussi de leur vélo.

Faut-il attendre pour se mettre en selle ? Non, nous disent nos deux intervenantes, Marie, cycliste depuis 15 ans et Swanee Ravonison qui a ouvert la fée du vélo, une boutique très conviviale à Nevers. En plus, le vélo c’est sain, excellent pour les muscles et le cerveau, bon pour l’économie locale, ça ne pollue pas, ça ne coûte pas cher et c’est facile. Et si le vélo urbain, au quotidien, rebute certains, osons le vélo loisir.  Faire des vacances à vélo, c’est aussi bon pour la planète.

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Composter en ville avec Jean-Jacques Fasquel

Composter en villeLe recyclage des biodéchets pour tous et partout, tel est le sous-titre de cet ouvrage pratique consacré au compostage citoyen des biodéchets de ménage en ville. Jean-Jacques Fasquel est le pionnier du compostage en pied d’immeuble dans la capitale. Il s’est tellement passionné pour le sujet qu’il s’est formé pour devenir maître-composteur et c’est aujourd’hui son métier principal. Autant dire qu’il est l’homme de la situation. Il nous donne la recette du compost comme une recette de cuisine : des ingrédients, des quantités, un tour de main et l’intérêt de fabriquer un plat de qualité pour … les plantes. Le livre est très agréable à lire. On se laisse guider, on apprend à connaître les petites bêtes, on découvre plein d’astuces et… on a vraiment envie de s’y mettre.

Éditions Rustica, 128 pages, 12,95 €

Écoute l’arbre et la feuille

Après « Un an dans la vie d’une forêt« , David G. Haskell nous enchante à nouveau par sa connaissance de la nature, son sens de l’observation et son écriture poétique. Cette fois, il a choisi de s’intéresser à douze arbres mythiques, de l’olivier de Jérusalem au noisetier d’Écosse, du fromager d’Amazonie au pin blanc du Japon, en passant par le sapin baumier d’Ontario et le poirier de Chine à l’angle de la 86e rue et de Broadway. Car tous ces arbres dont il nous parle sont bel et bien des individus qu’il a rencontré et suivi sur plusieurs semaines, plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Dans la forêt, les décisions sont prises sur la base de flux d’informations impliquant des milliers d’espèces. « Affirmer que la forêt « pense » n’est pas un anthropomorphisme, écrit David G. Haskell. Seulement ces pensées ne se forment pas dans un cerveau comme le nôtre, mais dans un réseau vivant de relations. » Ici, il nous parle de la mémoire des mésanges, là de celle des plantes inscrite dans leur architecture biochimique. Il aborde également les problèmes du réchauffement climatique, de la déforestation, de l’eau, de la pollution, de l’urbanisation et même des géographies de la peur. Tous ces problèmes sont hélas devenus invisibles aux yeux de beaucoup. Ainsi, tout en nous invitant à observer un arbre, il nous ouvre aux problématiques du monde contemporain dans ses relations à la nature. Un livre magistral.

Éditions Flammarion, 480 pages, 24,90 € – editions.flammarion.com

On a 20 ans pour changer le monde

Le film de Hélène Médigue qui sera en salle ce mercredi 11 avril s’ouvre sur un paysage classique de l’agriculture industrielle. « Dans des endroits comme ça, tu te poses des questions, constate Xavier Mathias, maraîcher bio. Comment on a glisser ? Comment un projet de société nous échappe ? Comment on laisse faire les choses ? Qu’est-ce qui s’est produit ? » Dans cette phase de constatation, interviennent plusieurs personnalités, les Bourguignons qui parlent de sols fertilisés mais qui ne sont plus fertiles, Philippe Desbrosses qui ose le terme de décapitalisation, Francis hallé qui déplore la catastrophe et qui souhaite que si certains agriculteurs ne veulent pas changer qu’au moins ils laissent les autres changer. ☞ lire la suite