Archives de catégorie : Voir, lire, écouter

livres, films, émissions, expositions

Planète Nièvre : tous en selle !

Pour que la pratique du vélo décolle, il faudrait un coup de pouce des politiques mais les gouvernements se succèdent et les plans vélos fantômes aussi. On attend celui du gouvernement Macron en septembre mais avec la démission de Nicolas Hulot, ne risque-t-on pas de devoir attendre encore ? Ce serait les moyens alloués à ce plan, quelques 200 millions d’Euros sur trois ans, qui coincerait du côté de Bercy. Pourtant cela ne ferait que 3 € par habitants et par an. Actuellement, ce sont les collectivités locales, agglomérations, villes, régions, qui doivent prendre en charge la création des infrastructures indispensables pour la sécurité des cyclistes mais aussi de leur vélo.

Faut-il attendre pour se mettre en selle ? Non, nous disent nos deux intervenantes, Marie, cycliste depuis 15 ans et Swanee Ravonison qui a ouvert la fée du vélo, une boutique très conviviale à Nevers. En plus, le vélo c’est sain, excellent pour les muscles et le cerveau, bon pour l’économie locale, ça ne pollue pas, ça ne coûte pas cher et c’est facile. Et si le vélo urbain, au quotidien, rebute certains, osons le vélo loisir.  Faire des vacances à vélo, c’est aussi bon pour la planète.

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Composter en ville avec Jean-Jacques Fasquel

Composter en villeLe recyclage des biodéchets pour tous et partout, tel est le sous-titre de cet ouvrage pratique consacré au compostage citoyen des biodéchets de ménage en ville. Jean-Jacques Fasquel est le pionnier du compostage en pied d’immeuble dans la capitale. Il s’est tellement passionné pour le sujet qu’il s’est formé pour devenir maître-composteur et c’est aujourd’hui son métier principal. Autant dire qu’il est l’homme de la situation. Il nous donne la recette du compost comme une recette de cuisine : des ingrédients, des quantités, un tour de main et l’intérêt de fabriquer un plat de qualité pour … les plantes. Le livre est très agréable à lire. On se laisse guider, on apprend à connaître les petites bêtes, on découvre plein d’astuces et… on a vraiment envie de s’y mettre.

Éditions Rustica, 128 pages, 12,95 €

Écoute l’arbre et la feuille

Après « Un an dans la vie d’une forêt« , David G. Haskell nous enchante à nouveau par sa connaissance de la nature, son sens de l’observation et son écriture poétique. Cette fois, il a choisi de s’intéresser à douze arbres mythiques, de l’olivier de Jérusalem au noisetier d’Écosse, du fromager d’Amazonie au pin blanc du Japon, en passant par le sapin baumier d’Ontario et le poirier de Chine à l’angle de la 86e rue et de Broadway. Car tous ces arbres dont il nous parle sont bel et bien des individus qu’il a rencontré et suivi sur plusieurs semaines, plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Dans la forêt, les décisions sont prises sur la base de flux d’informations impliquant des milliers d’espèces. « Affirmer que la forêt « pense » n’est pas un anthropomorphisme, écrit David G. Haskell. Seulement ces pensées ne se forment pas dans un cerveau comme le nôtre, mais dans un réseau vivant de relations. » Ici, il nous parle de la mémoire des mésanges, là de celle des plantes inscrite dans leur architecture biochimique. Il aborde également les problèmes du réchauffement climatique, de la déforestation, de l’eau, de la pollution, de l’urbanisation et même des géographies de la peur. Tous ces problèmes sont hélas devenus invisibles aux yeux de beaucoup. Ainsi, tout en nous invitant à observer un arbre, il nous ouvre aux problématiques du monde contemporain dans ses relations à la nature. Un livre magistral.

Éditions Flammarion, 480 pages, 24,90 € – editions.flammarion.com

On a 20 ans pour changer le monde

Le film de Hélène Médigue qui sera en salle ce mercredi 11 avril s’ouvre sur un paysage classique de l’agriculture industrielle. « Dans des endroits comme ça, tu te poses des questions, constate Xavier Mathias, maraîcher bio. Comment on a glisser ? Comment un projet de société nous échappe ? Comment on laisse faire les choses ? Qu’est-ce qui s’est produit ? » Dans cette phase de constatation, interviennent plusieurs personnalités, les Bourguignons qui parlent de sols fertilisés mais qui ne sont plus fertiles, Philippe Desbrosses qui ose le terme de décapitalisation, Francis hallé qui déplore la catastrophe et qui souhaite que si certains agriculteurs ne veulent pas changer qu’au moins ils laissent les autres changer. ☞ lire la suite

Ça chauffe pour la planète – 60 dessins de presse

PlaneteOn ne sait pas si on doit rire ou pleurer ! Rire bien sûr au talent des dessinateurs qui traitent du réchauffement climatique. Humour souvent caustique comme ce dessin du regretté Tignous « On va manquer d’eau » – « Faut la garder pour la vigne ! » ou celui de Mix et Remis « On est en retard sur le programme » – « Tu veux dire : en avance sur la fin du monde ?! » Et là, je ne donne que les textes !

 Dans la préface, Yann Arthus-Bertrand emprunte le ton provocateur des écolos-anarchistes des années 1970 pour faire l’histoire des lanceurs d’alerte. Il cite 1972, année de la parution de la Gueule ouverte, « le journal qui annonce la fin du monde » soutenu par le Professeur Choron ainsi que d’un numéro spécial du Nouvel Obs tiré à 200 000 exemplaires, « La dernière chance de la Terre ». Mais le constat est là ! Depuis 46 ans, personne n’a jamais voulu les entendre. « Si Reiser, le Professeur Choron, Gébé, Tignous, Wolinski, Cabu, Honoré ou Charb étaient encore là, ils nous engueuleraient » conclue Yann Arthus-Bertrand. Et ils auraient raison.

On doit ce livre qui rassemble 60 dessins de presse internationaux à « Cartooning for Peace », un réseau de 162 dessinateurs du monde entier engagés à promouvoir la liberté d’expression, les droits de l’homme et le respect mutuel entre des population de différentes cultures ou croyance par le langage universel  du dessin de presse. Créé en 2006 par Plantu, il a pour président d’honneur Kofi Annan, prix Nobel de la paix et ancien secrétaire général des Nations Unies.

Éditions Gallimard, Collection Cartooning for peace, 120 pages, 10 €