Après avoir longtemps nié l’intelligence animale, les humains ont voulu la prouver scientifiquement pour le meilleur et le pire. De nombreux protocoles de recherches ont alors été mis en place mais avec pour étalon unique : l’intelligence humaine. Le projet Nim en est un témoignage d’une de ces aventures navrantes. ☞ lire la suite
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Tous au Larzac
Il faut absolument aller voir ce film de Christian Rouaud, d’abord parce qu’il est drôle, qu’on passe un bon moment et qu’on en ressort plein d’énergie, ensuite parce qu’il raconte l’histoire d’une lutte pacifique qui a duré 11 ans et qui s’est achevée par une éclatante victoire citoyenne. Et ça se passait chez nous. Ce film rafraîchit nos mémoires et, on en a bien besoin, sapées qu’elles sont par toutes les contre-vérités qu’on nous balance tous les jours.
La grande leçon de ce film, c’est ce qui a fait la force des 103 paysans qui ont dit non à une force qui semblait tellement plus puissante qu’eux : ils sont toujours resté unis et toutes les décisions ont été prises à l’unanimité. Saurions-nous relever le même défi quelques quarante ans plus tard alors que l’individualisme s’est exacerbé et que le dialogue a tendance à ne plus s’effectuer qu’à travers un écran. La question est importante car il se pourrait bien que, dans pas si longtemps, nous ayons à nouveau à nous battre. Les paysans du Larzac ont refusé de quitter leur terre nourricière et de les voir se transformer en champ de la mort. Qu’est-ce d’autre en effet qu’un terrain militaire où on joue à la guerre et où on teste des armes destinées à tuer?
Ce qui se profile aujourd’hui (l’extraction des gaz de schiste, les essais à l’air libre des armes à l’uranium appauvri, les constructions d’EPR, les manipulations génétiques, etc.) a aussi la mort pour horizon. Et ces menaces véritables pèsent très lourd et très fort sur la vie, la nôtre, mais aussi sur tout ce qui en fait sa saveur, la faune, la flore, la nourriture et le rire de nos enfants.
L’Or Vert du Décor
Une info pour les parisiens: Mélodie Tribourdaux et l’Association Cœur de Forêt présentent L’or Vert du Décor, un documentaire de 52 mn tourné en Bolivie, dans la région des Yungas. Mélodie, la réalisatrice a effectué du volontariat pour le refuge de la Senda Verde situé à 3 heures de la Paz. C’est à la fois un sanctuaire pour la faune et la flore sauvage et un lieu d’accueil pour des animaux nés en captivité qui apprennent à renouer avec leur milieu naturel. C’est aussi un centre d’éco-tourisme et un lieu d’éveil à l’environnement. Elle y est retournée pour réaliser ce documentaire avec le soutien de l’Association Cœur de Forêt, une association qui œuvre pour la reforestation et le développement.
Une projection aura lieu ce vendredi 16 décembre à 18h30 à la Maison de l’Amérique latine, 217 bd St Germain, Paris 7ème. Entrée libre (100 places). Mélodie Tribourdaux sera présente. Je ne la connais pas, je n’ai pas vu le film, je ne pourrais pas venir mais je suis sûre que c’est passionnant.
L’homme qui plantait des arbres
Voilà une éternité que je voulais lire ce texte de Giono. J’ai enfin pensé à acheter ce minuscule livre de 33 pages. C’est, en fait, une très jolie nouvelle écrite en 1953. Le magazine américain, The Reader’s Digest avait demandé à l’écrivain de rédiger quelques pages pour une rubrique intitulée « Le personnage le plus extraordinaire que j’ai jamais rencontré. »
…
Elzéard Bouffier était, selon Giono, ce caractère inoubliable. Le texte a immédiatement plu à la rédaction qui le fit savoir à l’auteur dans un courrier. Mais quelques semaines plus tard, une seconde lettre traitait Jean Giono d’imposteur : Elzéard Bouffier n’avait jamais existé. Giono fut surtout surpris qu’il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc à un inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu’il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination! ☞ lire la suite
Rosa candida
Rosa Candida c’est le nom latin d’une rose à huit pétales qui n’existe pas. Elle est pourtant l’un des personnages principaux du roman de Audur Ava Ólafsdóttir, une auteure islandaise. C’est Daniel Vigne, le libraire de « L’esprit Livre », une excellente librairie de Charenton-le-Pont (94) qui m’a conseillé cet ouvrage sorti en 2010 et je l’en remercie.
Le livre est une quête entre passé et présent et la rose en est le fil conducteur. Un jeune garçon islandais quitte son pays pour devenir le jardinier d’un monastère toujours habité où se trouve la plus belle roseraie d’Europe reconnue comme telle depuis le Moyen-Age. Il emmène dans ses bagages trois plans de la rose à huit pétales créée par sa mère, décédée dans un accident de voiture. Il y a plein de coïncidences magiques: sa mère est née et morte un 7 août et sa fille conçue lors d’un seul rapport, justement dans la serre où a été créée la nouvelle rose, est née aussi ce jour là. Et la petite ressemble trait pour trait à l’enfant Jésus de l’église du monastère où, par ailleurs, sur la rosace, il y a … la rose à huit pétales. Il n’y a cependant rien d’ésotérique dans ce récit parfois candide comme le nom de cette rose à « huit pétales soudés au fond de la corolle et puis deux fois huit autres à l’extérieur, vingt-quatre pétales en tout, en trois rangs qui forment le bouton, presque toujours humide de rosée. »
On se laisse porter par l’imaginaire de Audur Ava Ólafsdóttir et aussi, par sa sensibilité des choses de la nature. Son écriture est simple et belle. Il sait traduire les instants et les sentiments apparemment banaux et, pourtant, essentiels pour goûter la vie.
Zulma, 334 pages, 20 €
