Les moissons de Marie-Monique Robin

La nouvelle enquête de Marie-Monique Robin, Les moissons du futur, sera diffusée sur Arte ce mardi 16 octobre. A ne rater sur aucun prétexte. Après avoir dénoncer de manière implacable les méfaits de l’industrie sur l’alimentation et la santé dans Le monde selon Monsanto et Notre Poison quotidien, la journaliste s’est intéressée aux solutions.

En février 2011, explique Marie-Monique Robin, sur le plateau du magazine Mots croisés, je me suis trouvée face au ministre Bruno Le Maire et à Jean-René Buisson, président de l’Association nationale de l’industrie agroalimentaire qui affirmait, chiffres à l’appui, qu’on ne pourrait jamais nourrir le monde sans pesticides. Deux semaines plus tard, je filmais à Genève Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, qui m’expliquait tout le contraire. Selon lui, seule l’agroécologie peut aujourd’hui résoudre le problème de la faim. Les moissons du futur est né de cette contradiction.

Cette fois, la journaliste a réuni des preuves non pas contre mais pour, dans une enquête de deux ans  à travers le monde : Kenya, Sénégal, Mexique, Brésil, Etats-Unis, Allemagne, Japon… Sa conclusion : oui, l’agriculture biologique et l’agroécologie peut nourrir le monde. Mais alors qu’est qu’on attend ? Une décision politique. Espérons donc que la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), annoncée pour 2014, aille dans ce sens.

Les moissons du futur de Marie-Monique Robin – Arte mardi 16 octobre à 16h55 et 20h50. Rediffusions : le 20 à 15h40 et le 30 à 10h35
A lire : Les Moissons du futur. Comment l’agroécologie peut nourrir le monde, coéd. Arte éditions/La Découverte, 224 pages, 19,90€
Le DVD Arte éditions, 15€, sera disponible à partir du 24 octobre.

Le blog de Marie-Monique Robin

© Danièle Boone

Vers l’autonomie alimentaire avec Frédérique Basset

Pourquoi, comment et où cultiver ce que l’on mange, tel est le sous-titre du livre de Frédérique Basset qui vient de paraître aux éditions rue de l’échiquier. Le sujet, vous le savez, me passionne. J’en ai même fait une option personnelle. Faire mon potager, pour moi, c’est entrer en résistance. Je considère même que c’est un acte politique. Ce qui est réconfortant, c’est que je ne suis pas seule à penser cela comme en témoigne ce livre.
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Luis Sepúlveda, la mouette et le chat

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager cette Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler. C’est un petit livre délicieux de Luis Sepúlveda, un auteur chilien que j’aime beaucoup. Comme beaucoup d’écrivains originaires d’Amérique Latine, il a une imagination débordante. Il nous conte donc comment Zorbas, le chat grand noir et gros, fit (et tint) la promesse à une mouette agonisante couverte de pétrole qu’il prendrait soin de son œuf et apprendrait à son poussin à voler.
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C’est démontré : les OGM sont des poisons

On le subodorait depuis longtemps, le professeur Gilles-Eric Seralini et son équipe l’ont démontré. Le résultat de deux années de recherche sur des rats a été publié hier dans Food and Chemical Toxicology, une revue américaine très sérieuse.

Cette étude menée très discrètement a consisté à nourrir pendant deux ans des rats avec le maïs OGM NK 603. Les cobayes étaient répartis en trois groupes, l’un consommait ce maïs, le second mangeait du maïs non OGM mais cultivé avec des pesticides, le troisième recevait du maïs non OGM et cultivé sans pesticide. 200 rats environ ont participé à l’expérience.

Une fois n’est pas coutume, je reprends cet article le jeudi 4 octobre.  L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de rendre son verdict: elle considère que l’étude du Pr Séralini n’est pas valable : le nombre des rats testé est insuffisant et leur espèce serait naturellement sujette aux tumeurs. Rien de surprenant à cela. Faudra-t-il attendre vingt ans, des tas de morts et un empoisonnement généralisé pour qu’on reconnaisse le travail de ces chercheurs? Nos gouvernants ne savent pas que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Ils ne connaissent apparemment pas non plus le sens de l’histoire. C’est navrant!
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