Archives par mot-clé : agriculture biologique

Bio, le sabotage de Bruxelles

L’Europe du bio s’apprête à changer de régime. Les instances européennes ont entrepris la refonte du règlement encadrant l’agriculture biologique. Sous couvert d’harmoniser et de rationaliser ce secteur, l’Union européenne pourrait en modifier profondément la nature en allégeant les contrôles, en instaurant des « seuils pesticides » ou encore en autorisant la culture hors-sol. Cet affaiblissement des règles de l’agriculture biologique dévalorisera le travail fait depuis des dizaines d’années par les « vrais » paysans  bio et inquiètent les consommateurs.

lire l’article de Philippe Desfilhes sur Reporterre

Bio et pureté : un quiproquo persistant

Samedi, je suis allée chez un apiculteur à une dizaine de kilomètres de chez moi dans le cadre d’une visite publique. Très respectueux de ses abeilles, il fait tout « naturel ». Il refuse d’exploiter la gelée royale et le pollen qui servent à nourrir la reine et sa colonie. Il refuse de mettre ses ruches dans les grandes cultures, bref, j’apprécie hautement son travail mais j’ai bondit lorsque je l’ai entendu dire « le miel bio, cela n’existe pas » sous prétexte que tout est pollué. Ce dimanche, j’ai participé à un déjeuner qui réunissait les membres de mon association Nature 18 et mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai entendu « De toute façon, le bio cela n’existe pas. » La même idée reçue et fausse lancée dans la conversation en 24 heures. Les adversaires du bio qui l’ont initiée, il y a quelques années déjà, ont réussi à l’instiller dans la pensée collective ce qui induit une autre pensée : « pourquoi payer plus cher quelque chose qui de toute façon n’est pas bio ». Ils se reposent sur le fait réel qu’il n’y a plus un centimètre carré sur terre qui n’est pas pollué mais que des personnes qui, visiblement sont respectueux de la nature, tombent dans le panneau de la pureté, j’ai du mal! Car le bio reste la promesse de fruits et légumes plus riches en nutriments même s’ils peuvent comporter des traces de biocides.

Explication : les légumes se nourrissent principalement dans le sol. Le bio est une méthode de culture sans apports d’intrants chimiques et sans pesticides qui permet au sol de rester vivant (voir mon article ☞ ici). Des légumes qui poussent dans ce type de sol sont en bonne santé et du coup, par la règle de la chaîne alimentaire, participent à notre bonne santé. Idem du côté des abeilles. La charte de l’apiculture bio concerne les soins aux abeilles notamment, au niveau de leur nourriture. Au lieu de leur donner du sirop de glucose qui ne contient rien d’autre que du sucre, on leur laisse du miel qui leur fournit tous les sels minéraux et autres micro-nutriments indispensables à une bonne santé. Respect des animaux plutôt qu’hyper production.

La pureté n’existe pas et n’a jamais existé mais la manipulation de la pensée est bien ancrée. Ce n’est pas une raison de baisser les bras. L’alimentation industrielle pas chère à court terme pour le porte-monnaie de la ménagère s’avère très onéreuse en matière de santé publique. Et je continue à penser que ceux qui savent et contribuent à l’empoisonnement universel dans le seul but de s’enrichir devraient être jugé pour crime contre l’humanité. Autant de raisons pour leur dire non et faire le choix de consommer bio, pour notre santé et celle de la planète.

Les rendements de l’agriculture biologique, un quiproquo tenace

Lorsqu’est abordée la question, essentielle, de la lutte contre la faim dans le monde, il est fréquent d’entendre dire que l’agriculture biologique présente des limites à cause de ses rendements inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle, prétendument démontrés par plusieurs « études scientifiques ». En tout cas, dans ma campagne, lorsque je parle avec les agriculteurs ou même les villageois, c’est un de leur principal argument. Jacques Caplat, auteur du livre « L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité » vient de publier un article passionnant qui balaye cette idée reçue qui a la vie dure. Pour lui, le mythe des rendements bio insuffisants pour nourrir le monde est le résultat combiné d’une erreur méthodologique monumentale, d’un ethnocentrisme occidental et de politiques publiques qui entravent les pratiques biologiques et il l’explique parfaitement. Il est rare que j’ouvre mon blog ainsi à des articles écrits par d’autres mais si je devais traiter ce sujet qui me passionne, il est évident que je m’en inspirerai très fortement. C’est pourquoi, je vous renvoie à sa lecture directe ☞ ici.

L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité : une démonstration de Jacques Caplat

Pour une démonstration, cela en est une, parfaite. Jacques Caplat remet les pendules à l’heure : « L’agriculture biologique n’est pas une agriculture « sans produits chimiques de synthèse » mais une agriculture écologique, basée sur le respect des cycles naturels, des équilibres biologiques, de la vie du sol et de l’autonomie des paysans. Le refus des produits chimiques de synthèse ne définit pas la bio, il est seulement une conséquence pratique des choix fondamentaux de l’agriculture biologique : il n’est pas un but mais un moyen. » La plupart des malentendus part de là. Les détracteurs de la bio lui reprochent d’être un retour en arrière et/ou de ne pas être scientifique. ☞ lire la suite

Surcoût des produits bio en supermarché : 
une étude biaisée

Je viens de recevoir un communiqué de presse de l’association Agir pour l’environnement. Je trouve fort pertinente leur analyse de l’étude parue dans le magazine Linéaires. En voici donc un résumé. Le mensuel professionnel de la distribution alimentaire publie une comparaison des prix des produits biologiques et des produits conventionnels relevés dans des supermarchés. S’ils reconnaissent  que la différence se réduit nettement (14 points en 2 ans), en affirmant que manger bio revient à 58 % plus cher, ils surestiment encore très largement le surcroît des produits bio et enferment encore une fois la bio dans l’image de produits réservés aux nantis.
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