Archives par mot-clé : Forêts

Planète Nièvre : la forêt du Morvan en danger

Lorsqu’on se promène dans le Morvan, on ne peut que constater l’exploitation intense de la forêt, des coupes à blanc qui font d’énormes cicatrices dans le paysage, de plus en plus de résineux et la disparition accélérée de la forêt native de feuillus. Le récent Contrat régional forêt-bois qui fixe les orientations sylvicoles pour 2018-2028 prône pour la forêt du Morvan une augmentation de la production de bois et un enrésinement intensif en douglas.

Cette orientation va faire croître la pression sur les espaces forestiers et standardiser la forêt à la demande de la grande industrie, avec des impacts irréversibles sur la biodiversité, les écosystèmes forestiers, leurs fonctionnalités et leur résilience. Force est de reconnaître que ce Contrat n’est pas en cohérence avec les politiques publiques de préservation de la biodiversité, de la qualité de l’eau et du climat.

Cette industrialisation de la forêt a de quoi inquiéter. Heureusement un mouvement citoyen se met en place et des associations se sont constituées pour défendre les forêts. Nous nous sommes rendu à Brassy où nous avons rencontré :
• Isabelle Beuniche qui représente les associations au sein du collectif SOS forêt bourgogne
• Cyril Gilet de l’ONF, qui représente le Snupfen solidaire (syndicat national unifié des forêts et de l’espace naturel) au sein du collectif SOS Forêt Bourgogne
• Nicolas Henri, gestionnaire du groupement forestier du Chat sauvage, un groupement citoyen dont l’objectif est de racheter des parcelles pour les gérer de manière durable et raisonnée.

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Planète Nièvre : les mardelles de Prémery

Pierre Kaluzny, Danièle BooneLe printemps nous a donné envie de vous faire découvrir les Mardelles de Prémery, une des richesses naturelles de la Nièvre, située au cœur du massif forestier de Prémery. Les mardelles sont des mares forestières. On en compte au moins 57, l’inventaire n’étant pas tout à fait achevé. Grâce aux études de pollen conservé dans la tourbe, nous savons que le site existe depuis 15 000 ans. Il a été classées en réserve naturelle régionale notamment parce que c’est un milieu humide forestier très ancien où les mares se sont constituées de manière naturelle, mais aussi parce que sa richesse en pollen unique en France est très importante du point de vue scientifique. Par ailleurs, le plateau forestier de Prémery se situant sur un point culminant, de nombreux ruisseaux aériens et souterrains en partent pour rejoindre la rivière Nièvre et les captages. Ce classement répond donc aussi à un enjeu sanitaire.

Des espèces rares et protégées, sont sur le site : la cigogne noire, un oiseau migrateur qu’on trouve essentiellement dans les forêts et qui se nourrit de grenouilles, poissons, le triton marbré, un amphibien, la leucorrhine à gros thorax, une grosse libellule et l’osmonde royale, une grande fougère. On y rencontre également des mousses acidiphiles comme la sphaigne et des plantes carnivores comme l’utriculaire citrine.

Christophe Barge, Geneviève Omessa, Pierre Kaluzny et moi même (photo) avons la chance d’avoir eu pour guide sur ce site exceptionnel Bénédicte Rollin, conservatrice de la réserve naturelle régionale et agent forestier de l’ONF.

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Planète Nièvre : l’affaire Erscia

En décembre 2011, Loire Vivante et Decavipec,  deux associations de protection de la Nature de la Nièvre découvrent dans l’enquête publique ce qui avait été présenté comme une simple scierie et qui, de fait, était un incinérateur, déguisé sous l’appellation de centrale à cogénération, utilisant du bois récupéré dont du bois pollué dans un rayon de 300 km. L’affaire Erscia commençait.

Ce projet se situait près du hameau de Marcilly dans le bois de Tronçais sur la commune de Sardy les Épiry, près de Corbigny. Pour construire, ce que, à un moment, on a qualifié de Wood Valley, il fallait détruire une centaine d’hectares de forêt en zone humide, ainsi que des espèces protégées.

Les habitants de Marcilly se sont rapidement constitués en collectif et ont décidé de suivre les deux associations pré-cités au tribunal. Peu après, se crée Adret Morvan, l’Association pour le développement dans le Respect de l’Environnement en Territoire Morvan. Cette association de veille citoyenne va agir sur le terrain. Une ZAD se constitue lorsqu’il est flagrant que la préfète ne va pas tenir ses promesses.

Le 18 octobre 2016, la cour d’appel de Lyon a confirmé l’annulation de l’arrêté d’autorisation du préfet et rejeté la requête de Erscia qui avait deux mois pour lancer une nouvelle procédure. Le délai est passé sans que Erscia n’ait déposé de requête. Ce feuilleton juridique qui a duré trois ans et demi a donc été définitivement clos quelques jours avant Noël.

Avec mes confrères de Planète Nièvre, nous avons décider de revenir sur ce dossier, un de ces grands projets inutiles, capteur de subventions publiques, soi-disant prometteur d’emplois, mais aussi objet de séduction des politiques. Nous avons donné la parole à Jacqueline Thévenot (Loire Vivante), 
François Laballery (Decavipec et Loire Vivante)
 et Jérôme Bognard (Adret Morvan).

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Un an dans la vie d’une forêt

Ce livre était là, depuis un moment, en attente de lecture, par faute de temps. Mais lorsque je l’ai ouvert, je ne l’ai plus refermé!

David G. Haskell,  un biologiste américain a observé durant une année, une parcelle d’un mètre de diamètre d’une forêt des Appalaches. Il s’y rendait aussi souvent qu’il le pouvait pour observer , son « mandala », et quelquefois y faire des expériences. Pas une seconde d’ennui d’autant qu’il maîtrise parfaitement l’art du récit. ☞ lire la suite