Archives pour l'étiquette Gaz de schiste

Tous au Larzac

Affiche du film “Tous au Larzac”Il faut absolument aller voir ce film de Christian Rouaud, d’abord parce qu’il est drôle, qu’on passe un bon moment et qu’on en ressort plein d’énergie, ensuite parce qu’il raconte l’histoire d’une lutte pacifique qui a duré 11 ans et qui s’est achevée par une éclatante victoire citoyenne. Et ça se passait chez nous. Ce film rafraîchit nos mémoires et, on en a bien besoin, sapées qu’elles sont par toutes les contre-vérités qu’on nous balance tous les jours.

La grande leçon de ce film, c’est ce qui a fait la force des 103 paysans qui ont dit non à une force qui semblait tellement plus puissante qu’eux : ils sont toujours resté unis et toutes les décisions ont été prises à l’unanimité. Saurions-nous relever le même défi quelques quarante ans plus tard alors que l’individualisme s’est exacerbé et que le dialogue a tendance à ne plus s’effectuer qu’à travers un écran. La question est importante car il se pourrait bien que, dans pas si longtemps, nous ayons à nouveau à nous battre. Les paysans du Larzac ont refusé de quitter leur terre nourricière et de les voir se transformer en champ de la mort. Qu’est-ce d’autre en effet qu’un terrain militaire où on joue à la guerre et où on teste des armes destinées à tuer?

Ce qui se profile aujourd’hui (l’extraction des gaz de schiste, les essais à l’air libre des armes à l’uranium appauvri, les constructions d’EPR, les manipulations génétiques, etc.) a aussi la mort pour horizon. Et ces menaces véritables pèsent très lourd et très fort sur la vie, la nôtre, mais aussi sur tout ce qui en fait sa saveur, la faune, la flore, la nourriture et le rire de nos enfants.

© Danièle Boone

Gaz de schiste : l’eldorado qui rend dingo

J’emprunte mon titre au canard enchaîné qui, cette semaine, raconte la surprise de Maxime Bey, le maire de Gargas (Vaucluse) qui a appris qu’une entreprise minière d’origine suédoise a acquis un permis gazier sous son village. Depuis que l’affaire a éclaté au grand jour, en janvier dernier, chaque semaine apporte des preuves que nos gouvernants bradent sans vergogne notre pays pour, soi-disant, assurer une autonomie énergétique d’une cinquantaine d’années. Des industriels se frottent les mains devant l’eldorado qui s’ouvre à eux car il y a beaucoup d’argent à faire, mais il n’enrichira qu’eux. La facture pour les autres sera énorme. Non seulement  les paysages si beaux, notre fierté nationale, seront irréversiblement détruits mais la vie aussi, celle de la faune, de la flore et la nôtre. ☞ suite

© Danièle Boone