Archives de catégorie : Voir, lire, écouter

livres, films, émissions, expositions

L’odyssée du renard

La réhabilitation du renard se fait tout doucement mais sûrement. Ce livre va incontestablement y participer. Les photos de Laurent Geslin sont sublimes. On imagine les heures et les heures d’affût pour obtenir ce résultat sans jamais déranger le goupil. On voit l’animal se promener, muloter, aimer, dormir et même chaparder une part du festin d’un lynx.

La préface de Marc Giraud rappelle qu’il y a une quarantaine d’année, l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dont il est le porte-parole, a choisi le renard comme emblème. L’ASPAS a largement contribué à faire évoluer l’image du Goupil auprès du grand public. Il faut dire que dans le même temps, les biologistes et les éthologues ont étudié l’animal et que, désormais, on le connaît beaucoup mieux. «.L’image qui en émerge est celle d’un animal étonnant, souple, capable de s’adapter à de nombreuses situations, réactif et fascinant à regarder. »

Le texte de François Moutou raconte une histoire tout en nous informant sur les mœurs et coutumes du rouquin. Les deux auteurs ont en effet décidé de raconter l’odyssée d’un renardeau né à la campagne dans une fratrie de cinq frères et sœurs qui va s’installer en ville une fois devenu adulte. Comme le signale François Moutou, c’est une fable tirée d’une histoire vraie. L’objectif des auteurs, de fait, est de faire découvrir le renard tel qu’il est et non pas celui des fabulistes ou autres chasseurs qui rêvent encore de le décimer. Les amoureux du canidé sauvage vont être comblés.

Éditions Salamandre, 142 pages, 29 € – www.salamandre.net
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Le jardin sans pétrole de Christine Laurent

Jardin-C.LaurentJe me suis vraiment régalée en lisant ce livre. Christine Laurent tient chronique sur le site de Reporterre sous ce même titre. On pourrait penser qu’elle a rassemblé ses articles pour en faire un livre mais pas du tout. Ici, elle raconte toute l’histoire. «.Depuis sept ans, le samedi, nous mettons les vélos dans le RER, laissons la ville se déliter dans le bruit métallique du train jusqu’à la frontière de l’urbanisation… Et là, en lisière de forêt, entre paddock pour les chevaux et tennis abandonné, nous prenons soin de 400 m2 de terre en ayant recours, autant que nous le pouvons aux moyens du bord. » Ce sont les premières phrases du livre. Vous avez noté le « nous prenons soin ». Le ton est donné.
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Masanobu Fukuoka : semer dans le désert, c’est possible

L’un des derniers livres de Masanobu Fukuoka, l’auteur du livre culte « la Révolution d’un seul brin de paille » vient d’être réédité. C’est une très bonne nouvelle. Masanobu Fukuoka y présente son projet révolutionnaire pour réhabiliter les déserts et parvenir à la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture sauvage, méthode qu’il a élaboré. Lors de ses voyages, il a constaté que parfois au milieu du désert, coule un fleuve comme le Niger, par exemple. Or si il y a de l’eau, il devrait y avoir des plantes qui poussent. Que comprendre sinon que c’est l’homme lui -même qui est responsable. « La signification de la disparition d’un seul oiseau ou d’une seule plante n’est pas juste la mort de cet oiseau ou de cette plante. Elle a une profonde signification pour nous tous. Elle est connectée à la destruction de l’harmonie entre tout ce qui vit. » 

Fukuoka pose des questions pertinente : « comment peut-on se féliciter de l’avancée de l’agriculture moderne, y compris de l’énorme accroissement de la production, si le rythme des famines, des disettes, de l’épuisement de la terre, des maladies, augmente encore plus rapidement ? »  Pour lui, l’essentiel est de se reconnecter à la nature. Pour que la vie revienne dans les déserts, il faut revitaliser la terre ou plutôt laisser la nature le faire elle-même. Il préconisait de lancer des milliers de graines enrobées dans une boulette d’argile, voire depuis un hélicoptère. Quand les conditions sont favorables, certaines, les pionnières, poussent et créent un environnement favorable pour que d’autres s’épanouissent à leur tour. 

Le livre va bien au delà de l’agriculture. Il nous interroge sur notre façon de vivre. « C’est le moment de stopper le développement dialectique construit sur une civilisation fausse et centrifuge. C’est le moment de saisir, philosophiquement et religieusement, que l’espèce humaine affronte sa fin. » Voilà tout est dit. A nous d’en tirer les conclusions et d’adopter cette sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi et ce respect de la nature que nous enseignent les peuples racines.

Éditions Guy Trédaniel, 264 pages, 21 € – www.editions-tredaniel.com

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Eros dans le jardin de Xavier Mathias

Voilà un livre qui ne manque pas piquant et qui regarde les légumes d’un œil un peu obsédé : Xavier Mathias voit du sexe partout! Non j’exagère, Xavier s’est juste beaucoup amusé et nous amuse tout autant quoique… il s’en passe des choses au potager ! Bon déjà, le langage du jardinier peut prêter à confusion. Lorsqu’on met en terre un plan, celui-ci semble nous dire « arrache moi le chignon » ou « (Dés)habille-moi » ou encore « Plante-moi vite et dépêche-toi de m’inonder ». Aïe, aïe, aïe ! Certes le trait est parfois un peu forcé n’empêche qu’en s’intéressant à la sexualité des plantes, donc à leur reproduction, l’auteur nous livre des informations essentielles. Moi, par exemple, j’ai appris comment faire pour récolter des graines de carottes en les forçant à se reproduire avant la floraison des carottes sauvages car sinon, métissage garanti avec un piètre résultat côté gustatif pour la génération suivante. Et, de plus, les éditions Terre Vivante ont parfaitement joué le jeu : ouvrage hors collection, couverture élégante, tranche orange, marque page vert, assorti à la couleur du fond de couverture où deux carottes s’enlacent… amoureusement ! N’hésitez pas à offrir ce livre, vos amis jardiniers vont adorer !

La vie érotique de mon potager par Xavier Mathias. Préface de Anna Gavalda. Éditions Terre vivante, 160 pages, 25 €
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Franz Marc et August Macke à l’Orangerie

La peur du lièvre par Franz Marc

« La peur du lièvre », tel est le titre de ce tableau peint par  Franz Marc en 1912 (collection particulière) et visible dans la magnifique exposition du musée de l’Orangerie intitulée Franz Marc / August Macke, l’aventure du cavalier bleue. Ces deux peintres amis faisaient partie de la grande aventure de l’expressionnisme allemand et du Cavalier bleu. Tous les deux ont peint la nature de manière très colorée. Franz Marc, en particulier, a représenté les animaux de manière très fluide, très réaliste dans leur essence (mouvement, comportement). J’en ai pris conscience en visitant l’exposition que je vous invite à aller voir de toute urgence, avant le 17 juin. Tous les deux, mobilisés en 1914, furent victime de la guerre, August Macke le 26 septembre 1914 à l’âge de 27 ans, Franz Marc 4 mars 1916. Il avait 36 ans. « Quelle connerie la guerre » comme disait Prévert et quels talents massacrés ! ☞ lire la suite
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