Archives pour la catégorie Voir, lire, écouter

Chroniques de films (fictions et documentaires) de livres, d’émissions radio

Menaces en Mers du Nord, un film de Jacques Lœuille


2014-2018, pendant 4 ans la première guerre mondiale a été largement commémorée mais un sujet semble avoir été oublié, ou plutôt mis de côté : les armes chimiques et conventionnelles déversées dans la mer du Nord et la Baltique. Le documentariste Jacques Lœuille a mené une enquête terrifiante. Le sujet est littéralement enterré par la France sous prétexte de « secret défense absolu » alors que les autres pays concernés, la Grande Bretagne, la Belgique, le Danemark, donnent accès à leurs archives et surtout cherchent à mettre en place des solutions pour éviter une catastrophe annoncée. Ce sont pas moins de 35 000 tonnes qui reposent au large de la très sélect plage de Knokke le Zoute. Imaginez, cela représente un millier de camions en volume. Ces restes encombrants avaient été purement oubliés jusqu’aux travaux de rénovation du port de Zeebruges en 1970.  Une cinquantaine de sites sont répertoriés en « Mers du Nord ». En France, officiellement, il n’y en avait aucun jusqu’au jour où un de ces sites a été découvert accidentellement par Greenpeace au large de Cherbourg ! Notre pays serait peut-être le pays le plus concerné. ☞ lire la suite

4  saisons : zéro pesticide, enfin ! 

4Saisons Zero PhytoCe premier janvier 2019, l’usage de tous les produits phytosanitaires sera interdit au jardin, cela valait bien la peine d’en faire le dossier de ce numéro. Il faut dire que ce combat est inhérent au magazine comme le rappelle Marie Arnould, la rédactrice en chef, dans son édito. C’est le 23 avril 1979 que l’équipe fondatrice s’est rencontré pour la première fois avec l’objectif de créer une maison d’édition consacrée au bio. Dans le numéro 42 (janvier-février 1987), étaient publiés les résultats d’une étude menée par Terre Vivante avec le concours de 51 mères volontaires, une des premières du genre. Elle démontrait la rémanence des pesticides : leur lait était toujours pollué par les insecticides organochlorés, quatorze ans après l’interdiction de la majorité d’entre eux. ☞ lire la suite

Nuits des Cévennes

En ce 24 décembre où selon la tradition, une étoile a guidé les rois mages vers l’enfant divin, je me suis plongée dans ces « Nuits des Cévennes » où il n’est pas question de l’étoile de Bethléem mais des cieux exceptionnels du parc national consacré cet été Réserve internationale de ciel étoilé d’Europe. Et j’en suis encore toute émerveillée. Le défi de montrer la nuit est parfaitement relevé. Chaque séquence d’images est séparée par une double page présentant une constellation : la chevelure de Bérénice visible qu’au printemps, celle d’Hercule pour l’été, de Cassiopée pour l’automne et d’Orion pour l’hiver. Les légendes reportées en fin d’ouvrage renseignent sur le lieu, l’heure de la prise de vue et fournissent moult précisions qui permettent d’affiner la lecture de l’image mais on peut aussi se contenter de tourner les pages et se perdre dans l’infini si somptueusement capté par les différents photographes.

Côté texte, cinq cahiers demi-format sont intégrés. Écriture blanche sur fond bleu foncé. Samuel Challéat, chercheur en géographie de l’environnement, parle de la perception de la nuit qui peut aller de l’enchantement à la peur absolue du noir selon les individus. Arnaud Rykner, écrivain, propose « ce que taisent les étoiles », un texte plein de fantaisie et de poésie. Jean-Paul Salasse, co-président des Écologistes de l’Euzière, raconte ses expériences naturalistes en quête du cerf, du grand duc et s’émerveille d’un duo entre le petit duc et le crapeau accoucheur… Guillaume Cannat, amateur d’étoile, nous entraîne au Mont Aigoual pour observer le ciel hivernal. Enfin Alain Renaux, ethnobotaniste, salue la beauté des « belles de nuit », ces fleurs qui, comme les onagres, s’ouvrent le soir pour offrir leur beauté parfumée aux papillons et autres insectes nocturnes. 

Éditions du Rouergue/Parc national des Cévennes, 160 pages, 35 €
www.lerouergue.com

Planète Nièvre : Jouets et friandises

C’est de saison, pour cette dernière émission de l’année, nous nous sommes intéressés aux jouets et aux friandises que nous offrons à nos enfants. Faire plaisir est bien naturel mais comment éviter les pièges de cette fête de la consommation qu’est devenu Noël. Les industriels savent y faire pour nous tromper. Ces dernières années, on a découvert que jouets et bonbons pouvaient être très toxiques pour nos enfants.

Sous prétexte d’économie circulaire, certains jouets sont fabriqués avec des matérieux recyclés qui peuvent contenir des produits toxiques dangereux comme le brome. Des analyses ont montré que l’on pouvait y trouver aussi PVC, phtalates, formaldéhyde, métaux lourds, colorants azoïques. Du côté des friandises industrielles, la plupart contiennent des nanoparticules comme le dioxyde de titane (E171) ou le dyoxide de silicium (E551) or ces particules minuscules de un dix millième de millimètre passent les barrières de notre corps et peuvent arriver au noyau des cellules. Et là, elles peuvent détériorer l’ADN, c’est à dire notre signature génétique.

Que pouvons-nous faire ? Etre vigilant, lire les étiquettes et choisir d’aller acheter ses jouets chez des petits commerçants soucieux de proposer des produits sains et écologiques. Il en existe dans presque toutes les villes. Dans la Nièvre, à Nevers, Jean de la Lune et la Boutique enchantée, à La Charité sur Loire, la Quincaillerie et à Corbigny, La tête à Toto. Le bouche à oreille est la meilleure source pour les connaître. Nous avons rencontré, Nadine Poidvin, propriétaire du magasin de jouets Jean de la Lune, très soucieuse de proposer des jouets, joli, éducatifs, de bonne qualité et écologiques. Quant aux bonbons, sont-ils si bons ? Il existe des alternatives maison et en plus, on peut associer les enfants pour les fabriquer. Ils adorent !

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La loutre après l’eden

Ne ratez pas ce documentaire qui nous invite à la rencontre de la Loutre d’Europe, une jolie naïade qui a bien failli disparaître. Sa frimousse est craquante mais il était reproché à ce mammifère amphibie de dévorer trop de poissons. Et il ne fait pas bon pour animal sauvage d’être catalogué ennemi de l’homme. Heureusement sa chasse a été interdite en 1972 la sauvant de justesse de l’extermination  mais il a fallu attendre 1976 pour qu’elle soit protégée. Depuis, elle a progressivement reconquis une grande partie de ses anciens territoires.

Extrêmement discrète, elle est très difficile à observer. Marie-Hélène Baconnet et Philippe Garguil ont donc fait appel à des animaux imprégnés c’est à dire habitués à l’homme, pour certaines scènes. Ils n’en ont pas moins passé un an pour réaliser ce film dans le marais Poitevin. C’est aussi l’occasion d’admirer l’environnement des loutres poitevines. Canaux bordés d’arbres têtards, prairies à vaches maraichines et à chevaux de trait poitevin, les races locales. On voit aussi, entre autres, le ragondin, l’hermine, le martin pêcheur, le tarier pâtre, le héron, la cigogne blanche, le renard et le cormoran, un autre pêcheur concurrent direct de dame loutre. Si la loutre mange entre 800 g et 1 kg de poissons par jour, elle met très souvent à son menu, des écrevisses de Louisiane. Parler de ces envahisseurs est le prétexte pour montrer une très jolie scène de combat de ces crustacés extrêmement néfastes pour l’environnement.

Et bien sûr, nous apprenons tout sur la loutre, comment elle mange, ses amours, la naissance et l’éducation de ses petits. A noter les superbes séquences sous l’eau de cette nageuse hors pair. On découvre aussi, image à l’appui, comment le réchauffement climatique avec ses extrêmes mène la vie dure à notre mammifère. Trop d’eau d’un coup qui envahit leur catiche (terrier de la loutre) suivi de longue sécheresse qui transforme les rivières en filet d’eau condamnant les poissons dont se nourrit la loutre. Les réalisateurs se sont rendu en Espagne à la rencontre de René Rosoux qui étudie comment les loutres espagnoles se sont adaptées à la sécheresse notamment grâce à des bassins de retenues d’eau mis en place par leurs protecteurs, des idées pour aider nos loutres si la situation continue à se détériorer. Bref, tout cela est passionnant et fort bien conté par Macha Méril.

France 5, mercredi 19 décembre, 16h30