Archives pour la catégorie Voir, lire, écouter

Chroniques de films (fictions et documentaires) de livres, d’émissions radio

Zéro déchet à la manière d’un lombric

Zéro déchetLe décryptage du zéro déchet réalisé par Nathalie Tordjman à l’aune de la nature est passionnant. Les humains qui gâchent et polluent considérablement auraient beaucoup à apprendre en observant ce qui se passe autour d’eux. Tout le monde sait aujourd’hui comment le ver de terre recycle les déchets organiques mais qui pense qu’en matière d’habillement, le sapin est un modèle ? C’est pourtant ce que nous révèle Nathalie Tordjman. Je vous laisse découvrir comment page 127.

Montrer le fonctionnement de la nature en matière de recyclage est l’occasion de rappeler l’incroyable gaspillage des humains – 30 à 50 % des vêtements achetés ne servent qu’une fois et 8 articles sur 10 finissent dans un poubelle – et de les inciter à plus de sobriété notamment en évitant de tomber dans le piège des soldes ! Nathalie Tordjman passe en revue les différents domaines de notre vie : l’alimentation, le tri, l’emballage, le bâti et même les déchets ultimes dont on parle plus rarement dans un chapitre intitulé : éliminer ses excréments comme un blaireau. Elle démontre ainsi qu’il est urgent de s’inspirer des bonnes pratiques du lynx, du collembole, de l’araignée, du vautour et même du sanglier !

Zéro déchet à la manière d’un lombric par Nathalie Tordjman, éditions Salamandre, 298 pages, 19 €

Planète Nièvre : des écolocrèches à Nevers

Prendre en considération l’environnement dans lequel elles vivent, limiter leur impact négatif notamment par la gestion des déchets et favoriser un milieu favorable à la bonne santé des enfants et du personnel par une alimentation saine et en n’utilisant pas de produits chimiques, tels sont les principaux objectifs des crèches écologiques. Et la ville de Nevers souhaite favoriser ce processus.

Nous avons rencontré les responsables de trois crèches : Frimousse, Calinours et Souricette. Nous avons constaté le même souci pour la santé en mettant à l’abri les enfants des produits polluants, notamment des perturbateurs endocriniens.Toutes ces crèches qui seront sans doute labellisées dès 2020 veulent aller plus loin. Ainsi, à Souricette, ce sont les agents d’entretien de la crèche qui ont bénéficié d’un livret de recettes de produits de nettoyage faits maison. A Calinours, c’est un livret à l’intention des parents avec des recettes de produits ménagers, crèmes pour le soin de la peau des bébés, mais aussi jeux sans chimie, qui est en préparation.

Ce qui se passe à Nevers pourrait faire tâche d’huile dans tout le département. La municipalité de Rouy, elle, avait pris de l’avance. Nous avions parlé de son projet d’ouvrir une éco-crèche dans notre émission de juin 2017. Elle a ouvert en avril 2019.

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SDHI : le crime est presque parfait

Une nouvelle enquête de Fabrice Nicolino qui sans relâche dénonce l’empoisonnement collectif à grande échelle orchestré par les industriels vient de paraître aux éditions Les liens qui libèrent. L’histoire est la même à chaque fois : des mensonges éhontés, des conflits d’intérêts et une âpreté au gain sans scrupule. Leur alerte auprès des autorités sanitaires étant restée sans réponse, neuf scientifiques dont Pierre Rustin, directeur de recherches à l’Inserm ont signé en avril 2018, un article dans Libération pour alerter publiquement les autorités sanitaires des risques potentiels présentés par une nouvelle famille de pesticides appelés SDHI et demander la suspension de ces derniers. Ces pesticides que personne ne connaissait jusque là sont épandus partout en France. Utilisés sur de très grandes surfaces agricoles comme fongicides, ils agissent en bloquant une enzyme nécessaire à la respiration cellulaire, présente non seulement chez les champignons et les moisissures ciblés mais aussi chez les humains. Ils peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules provoquant des cancers non seulement chez ceux qui les épandent, mais possiblement aussi chez les consommateurs qui les retrouvent dans leur assiette. ☞ lire la suite

L’odyssée du renard

La réhabilitation du renard se fait tout doucement mais sûrement. Ce livre va incontestablement y participer. Les photos de Laurent Geslin sont sublimes. On imagine les heures et les heures d’affût pour obtenir ce résultat sans jamais déranger le goupil. On voit l’animal se promener, muloter, aimer, dormir et même chaparder une part du festin d’un lynx.

La préface de Marc Giraud rappelle qu’il y a une quarantaine d’année, l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dont il est le porte-parole, a choisi le renard comme emblème. L’ASPAS a largement contribué à faire évoluer l’image du Goupil auprès du grand public. Il faut dire que dans le même temps, les biologistes et les éthologues ont étudié l’animal et que, désormais, on le connaît beaucoup mieux. «.L’image qui en émerge est celle d’un animal étonnant, souple, capable de s’adapter à de nombreuses situations, réactif et fascinant à regarder. »

Le texte de François Moutou raconte une histoire tout en nous informant sur les mœurs et coutumes du rouquin. Les deux auteurs ont en effet décidé de raconter l’odyssée d’un renardeau né à la campagne dans une fratrie de cinq frères et sœurs qui va s’installer en ville une fois devenu adulte. Comme le signale François Moutou, c’est une fable tirée d’une histoire vraie. L’objectif des auteurs, de fait, est de faire découvrir le renard tel qu’il est et non pas celui des fabulistes ou autres chasseurs qui rêvent encore de le décimer. Les amoureux du canidé sauvage vont être comblés.

Éditions Salamandre, 142 pages, 29 € – www.salamandre.net

Planète Nièvre : Mauboux, espace protégé menacé

Un jeune agriculteur a fait une demande de retournement de 55 hectares de prairies permanentes sensibles classées Natura 2000 accordée par la préfète de la Nièvre. Le Val d’Allier est reconnu comme étant une zone humide d’importance internationale par la richesse de ses milieux et son importance pour les oiseaux et à Mauboux, la présence de la tortue Cistude d’Europe, une espèce menacée, est avérée. Sept associations réunies au sein d’un collectif autour de l’association Allier-Sauvage ont déposé un recours gracieux resté sans réponse. Un recours a donc été déposé auprès du Tribunal administratif d’Autun qui a abouti à la suspension de l’arrêté.

« Il existe un doute sérieux sur le respect des prescriptions imposées pour ce site Natura 2000 », peut-on lire dans le jugement. Nous avons donc décidé de mener l’enquête en rencontrant les différents protagonistes et en donnant la parole à Luc Jeannot, l’exploitant et à François Crutain, président du Collectif nivernais pour une agriculture durable et ancien maraîcher en biodynamie.

Luc Jeannot, ingénieur agronome de 27 ans, souhaite mener son exploitation en agriculture régénérative biologique. C’est une technique de sol vivant toujours recouvert. Il envisage d’avoir des bovins perpétuant ainsi le modèle élevage polyculture traditionnellement pratiqué dans le Val d’Allier mais plutôt que la race charolaise, il préfère des races anciennes type Aubrac.

Le projet est agronomiquement très intéressant mais le vrai débat, de fait, est ailleurs. Aujourd’hui, on peut légitimement se demander quelle valeur a un processus de protection de la nature si il est remis en question par des dérogations trop largement et facilement attribuées qui le rendent totalement inefficace. La biodiversité bat de l’aile. Il ne faut pas détruire ce qui reste. La défense de la biodiversité est un devoir élémentaire et ce devoir nous oblige tous. Des espaces sensibles ont été classés sur des critères bien précis. Plus que jamais, ils doivent rester protégés. C’est pourquoi, l’application stricte de la charte Natura 2000 qui interdit le retournement des prairies permanente, à notre avis, doit être appliquée à Mauboux.

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