Les particules crachées par le Eyjafjöll sont les vilains petits canards qui obligent nos gouvernants à dire l’une des vérités les plus brouillées à savoir que toutes les pollutions aériennes font bel et bien le tour de la terre. On se gausse désormais du célèbre nuage de Tchernobyl qui se serait arrêté à nos frontières mais on est toujours prêt à gober tout ce qui nous rassure. Mais cette fois les méchantes particules de cendre et de lave s’attaquent aux moteurs de nos avions et paralysent la flotte au sol! Impossible donc de nous faire prendre des vessies pour les lanternes. Il est tentant de voir dans cette éruption volcanique, une saine colère de la nature pour nous ramener à un peu plus de modestie. Et, oui, de cyclones en raz de marée, il faut bien se rendre à l’évidence: l’homme ne maîtrise rien. Et c’est tant mieux si les mises en échec se multiplient. Cela nous oblige à réfléchir un petit peu!
Solutions locales pour un désordre global
Un paysan qui se suicide aux pesticides… Qui oserait dire après cela que ces produits sont sans danger? Cela se passe en Inde et ce n’est pas un paysan, mais des centaines, et même des milliers. Ils se donnent la mort avec les produits qui les ont ruinés et qui les ont poussés au désespoir. C’est leur manière de sauver leur honneur. S’ils avaient rencontré Vandana Shiva et l’avaient suivi dans sa lutte contre les semenciers et l’industrie chimique, ils auraient pu continuer à aimer leur terre, la regarder vivre et récolter ses fruits… Coline Serreau dénonce et surtout donne la parole à des gens comme Vandana qui n’ont pas renoncé et qui, au quotidien, montre qu’on peut faire autrement, que c’est possible et à la portée de tous. ☞ suite
Protégeons nos amphibiens


J’ai profité du week-end de Pâques pour renouer avec les sorties naturalistes pas bien loin, à une vingtaine de kilomètres de Paris. Notre guide n’était pas n’importe qui, Françoise Serre Collet, spécialiste des amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons et salamandres), au Muséum d’histoire naturelle. Nous nous sommes retrouvés en Seine et Marne, à la nuit tombée, dans un site plutôt urbain (des pavillons) qui a su conservé ses mares. ☞ suite
Avec Nénette, l’orang-outan du jardin des plantes
Le temps du film est lent comme celui de Nénette, une femelle orang-outan de 40 ans dont 37 passés au jardin des plantes. D’abord gros plan sur ses yeux. Que regarde-t-elle? Que voit-elle? Et puis sa bouche. On dirait qu’elle sourit mais on dirait seulement. Et puis le bruit, les voix des visiteurs, les exclamations: c’est Nénette. Elle a 40 ans. Comme mon papa, remarque un enfant. Et puis tout à coup de nouveau le silence. C’est le rythme des journées de Nénette. C’est le rythme sonore du film. On ne voit que Nénette enfin, aussi, un peu, ses trois congénères dont son fils Toubeau. On n’éprouve pas de compassion pour Nénette. On est dans son espace et on en ressent la clôture. Pas de jugement, pas de révolte. Bien sûr, on apprend plein de choses. Elle est née à Bornéo. Elle est arrivée ici en 1973. Elle a eu trois maris et quatre fils. Elle … mais son histoire n’a pas vraiment d’importance. Ce qui importe, c’est d’être dans son présent ce qui ne veut pas dire dans sa tête car, au bout du film, on ne sait rien de plus sur la pensée des orangs-outans ou celle des animaux des zoos. Mais, et c’est là toute la prouesse de Nicolas Philibert, on fait bel et bien l’expérience dans son corps de l’enfermement. Difficile à expliquer, ça se vit. Voilà pourquoi, il faut aller voir ce film.
La voie du Tao
Une exposition sur le Taoïsme, une première en Europe et l’occasion de découvrir cette religion chinoise qui est aussi une philosophie. A l’heure des questions, elle apporte des ébauches de réponse. Libre ensuite à chacun de suivre ou non cette voie du Tao qui prône le respect de l’autre, de ce qui nous entoure et de soi-même ainsi que la modération. La Chine, tellement engagée dans la course à la modernité, devrait prendre le temps de se replonger dans ses racines. ☞ suite
Grand Palais jusqu’au 5 juillet 2010
