Notre deuxième émission est écoutable dès aujourd’hui. Son thème : les pesticides et leur utilisation par les communes et les jardiniers. Quant à moi, je parle du geai des chênes, un oiseau plus facile à observer en ce moment car il est très occupé à faire ses provisions d’hiver et s’agite beaucoup. Comme tous les corvidés, il est très intelligent et est capable de planifier des stratégies. Et il a une particularité : il prend des bains de fourmis. C’est sa manière naturelle de lutter contre les parasites. Mais je ne vous en dit pas plus.
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Archives par mot-clé : Pesticides
Fabrice Nicolino enquête sur l’industrie chimique
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Un empoisonnement universel, le nouveau livre de Fabrice Nicolino, traite de la contamination chimique généralisée qui nous est imposée par l’industrie chimique. Lorsqu’on referme le livre, on est très en colère et, en même temps, on se sent très impuissant. Pourtant je vous le recommande car il est nécessaire de savoir comment on en est arrivé là. Fabrice Nicolino part des origines, passant en revue les chimistes d’avant la chimie comme Empédocle, jusqu’à nos jours avec un passage obligé par les champs de bataille. ☞ lire la suite
Monsanto jugé responsable de l’intoxication de l’agriculteur Paul François
La nouvelle vient de tomber: le tribunal de grande instance de Lyon a jugé la firme Monsanto « responsable du préjudice de Paul François suite à l’inhalation du produit Lasso ». Il aura fallu bien de la ténacité à ce céréalier de Charente Maritime pour parvenir à ce résultat qui, hélas, ne lui rendra pas sa santé. La victoire est amère donc mais elle est éclatante: c’est la première fois que le géant de l’alimentaire est condamné en France. Une bonne nouvelle qui va mettre du baume au cœur à tous ceux qui se battent pour qu’éclate la vérité et cesse l’empoisonnement du vivant car, comme le souligne Paul François, « cela montre que le pot de terre peut gagner contre le pot de fer ».
Le Tribunal a condamné Monsanto à indemniser entièrement Paul François de son préjudice. Il a confié l’expertise médicale à un médecin de l’hôpital Rothschild à Paris. Le comble, c’est que l’avocat de Monsanto continue à mettre en doute la réalité de l’intoxication, soulignant que les problèmes de santé ne sont apparus que plusieurs mois après! Je ne ferai aucun commentaire tant l’effronterie des empoisonneurs est révoltante. Aujourd’hui alors que la preuve est faite des désastres que provoque sur la santé l’ensemble des molécules chimiques dispersées dans l’eau, dans l’air, dans la terre qui s’accumulent dans tous les organismes vivants.
Notre poison quotidien
Après Le monde selon Monsanto, Marie Monique Robin a enquêté sur les « poisons » chimiques qui « contaminent » nos aliments: pesticides, additifs et emballages alimentaires. « Je dis bien « poisons » et « contaminent », souligne la journaliste car si ces substances ne présentaient pas de « risques » pour la santé humaine, nous n’aurions pas besoin de réglementer leur usage. » Autre preuve sans doute, la reconnaissance par la MSA (sécu des agriculteurs) de certaines maladies provoquées par l’exposition aux pesticides comme maladie professionnelle. La première séquence du film est d’ailleurs consacrée à la rencontre de Ruffec qui s’est tenue en janvier 2010. Une trentaine d’agriculteurs malades, victimes des pesticides, étaient venus témoigner.
La journaliste a enquêté pendant deux ans. Elle est remontée méthodiquement aux sources, a tapé aux portes et… relevé plein d’énormités. Marie-Monique Robin sait poser les bonnes questions. Mieux elle apporte des réponses imparables et révoltantes. Saura-t-on l’entendre dans les sphères décisionnaires ? Sans doute le pouvoir de l’argent sera encore le plus fort, mais à force de se fissurer, l’édifice pourrait s’écrouler un jour. Les récents évènements en Tunisie et Egypte montrent que le plus improbable peut se réaliser. Espérons simplement qu’il ne faille pas attendre des dizaines et des dizaines de morts pour que cesse cette folle course en avant, ce suicide collectif. Yannick Chénet à qui Marie-Monique Robin dédie ce film est le premier. Cet agriculteur de 45 ans qui a osé rompre le silence est décédé en janvier des suites d’une leucémie, myéloïde de type 4 qui s’est développée suite à une exposition chronique au benzène contenu dans les pesticides qu’il utilisait sur ses cultures.
Notre poison quotidien sera diffusé sur Arte ce 15 mars, 20h40. A ne rater sous aucun prétexte. Le film sera suivi d’un débat avec Marie-Monique Robin. Le DVD sera disponible dès le 16.
Rediffusion le 18 mars à 10 h 30, le 26 mars à 14 h 30 et le 14 avril à 14 h 45.
Son livre, même titre, avec encore plus de témoignages, sera en librairie dès le 10 mars.
L’insecticide Cruiser 350 enfin désavoué
Enfin une bonne nouvelle : Edouard Geffray, le rapporteur public du Conseil d’Etat, a recommandé l’annulation des autorisations annuelles de mise sur le marché de l’insecticide Cruiser 350 de Syngenta, délivrées en 2008, 2009 et 2010 par le ministère de l’Agriculture. Décision sous quinzaine.
La France est championne d’Europe pour les dérogations des usages de pesticides interdits. Pour le Cruiser, l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) avait saisi le Conseil d’Etat aussi en 2008 et 2009. Il semble que cette année, elle a été enfin entendue. Comme quoi, il ne faut jamais renoncer ! Un petit pas dans la bataille : cet insecticide est déjà interdit dans la plupart des pays européens comme l’avaient été auparavant le Gaucho et le Regent. Lequel va-t-on nous sortir maintenant de la boîte de Pandore ?
De fait, on pourra vraiment parler de victoire, lorsque l’agriculture conventionnelle renoncera aux produits chimiques. Malgré les preuves de plus en plus nombreuses de leur nocivité, ils restent encore synonymes de progrès et de rendement dans la plupart des têtes. Mais cela change doucement. On ne peut plus ignorer lorsque la maladie est dans son corps ou dans celui de ses enfants. Les consciences bougent. Les langues commencent à se délier. J’en veux pour preuve une rencontre organisée à Ruffec par le Mouvement pour les générations futures de François Veillerette. En 2010, ils étaient une quarantaine à témoigner. Une autre rencontre doit avoir lieu en 2011, ils sont déjà 90 à s’être inscrits. Paul François, l’un des rares agriculteurs malades à avoir osé attaqué Monsanto (il a gagné) reçoit de plus en plus d’appels de confrères en détresse et la MSA (mutuelle agricole) octroie de plus en plus le statut de malade professionnelle aux victimes des pesticides.