Archives de catégorie : Voir, lire, écouter

livres, films, émissions, expositions

Tarzan ! Rousseau chez les Waziri

Tarzan a marqué des millions d’enfances, son cri de singe, ses envolées de liane en liane, ses combats contre les bêtes sauvages et les expéditions civilisatrices, ses regards énamourés pour Jane… Mais saviez-vous que Tarzan était écolo ? L’homme-singe veille à ce que la Terre mère produise de quoi subsister pour tous. Il protège la couche d’ozone par son refus obstiné de toute technologie et semble peu préoccupé par l’évolution de son pouvoir d’achat. Il est aussi le premier héros blanc à s’opposer au pillage de l’Afrique.  ☞ suite

Agir!

Agir, il n’y a pas d’âge pour l’engagement. Milan jeunesse.Voilà un petit bouquin* pour de grandes idées… Destiné aux ados dès 11 ans, les adultes peuvent aussi s’en inspirer. Le sous-titre, il n’y a pas d’âge pour l’engagement, fonctionne dans les deux sens.  Pourquoi j’aime ce livre ? Parce qu’il donne des tas d’infos, d’adresses, de conseils pour les démarches à effectuer sans jamais être autoritaire. Les auteurs, Marie Taillan et Lucie Albon, font le tour de la question en s’appuyant sur des témoignages.

Négliger les petites choses sous prétexte qu’on voudrait en faire de grande, c’est l’excuse des lâches, écrivait Alexandra David-Neel. Agir,  ça peut être plein de petits trucs. Faire du soutien scolaire: si on est fort dans une matière, on aide les copains qui pataugent. On peut aussi faire de la lecture à haute voix pour les personnes âgées, partager le transport scolaire avec ses voisins ou nettoyer la plage. Les plus entreprenant peuvent se lancer dans la création d’une association, créer un club CP,  convaincre sa commune d’adopter une éco-attitude ou son école à participer à un éco-parlement de jeunes, etc.

Agir, c’est intervenir, c’est dire non à la fatalité et, à lire cet ouvrage, on s’aperçoit que finalement ce n’est pas le bout du monde, c’est même à la portée de tous. Fabrice Nicolino dont j’apprécie énormément le travail, raconte sur son blog  comment une dame de 71 ans ayant découvert Guerilla Gardening (groupe de jardiniers sauvages qui, la nuit, nettoie et replante un peu de verdure dans des endroits délaissés en milieu urbain) est entrée dans la danse. En une nuit, elle a transformé une jardinière servant de dépôt d’ordures en une petite merveille pleine de capucines et de roquette… En plus elle a su convaincre le fleuriste du coin de l’aider… C’était sa première action… Elle continue. J’emprunte à Fabrice sa conclusion, je ne ferai pas mieux !  : Quiconque relève la tête, dans ce monde soumis et malade, est non seulement un rebelle, mais aussi un espoir. Un grand espoir.

* Agir, il n’y a pas d’âge pour l’engagement par Marie Taillan et Lucie Albon, Milan jeunesse, 13 €

Le Stabat Mater Dolorosa de Julien Jâlal Eddine Weiss

Le théâtre de la ville a célébré Pâques à sa manière avec ce Stabat Mater Dolorosa, création de Julien Jâlal Eddine Weiss. Ce musicien et musicologue remarquable, passionné par le chant byzantin et la musique arabe classique, met en lumière les liens musicaux entre les deux traditions à partir du thème de la Vierge Marie. En effet, Jésus et Marie font partie des personnages saints de l’Islam. Une sourate complète du Coran, la sourate Myriam (Marie en arabe) est consacrée à la mère du Christ et les grands maîtres, Ibn Arabi, Roumi ou l’Emir Abdel Lader ont également rendu grâce à Marie et au Christ. Julien Weiss a recherché et trouvé côté musique.

Le spectacle commence avec Tropos, un chœur byzantin d’Athènes, de magnifiques voix d’hommes. Puis, c’est au tour de Al-Kindî, l’ensemble instrumental fondé par Julien Weiss en 1983 avec la chorale des Mushiddin de la confrérie Qaderi d’Alep et les derviches tourneurs de Damas. Ainsi, les spectateurs ont d’abord découvert les deux traditions musicales séparément. La troisième partie du spectacle est la confrontation des deux, et là, c’est fabuleux. L’intensité n’a cessé de monter pour atteindre, au final, un paroxysme éblouissant. Oui la musique peut être une prière qui mène à l’extase! Après cette démonstration de virtuose, Julien Weiss a présenté l’ensemble des musiciens qui ont accepté de le suivre dans cette aventure. « Ce n’est pas une démarche New Age, a-t-il commencé par dire, mais bien un travail sur deux traditions classiques qui reposent sur des principes musicaux communs ».

N’étant pas musicienne, je ne peux retranscrire son explication qui était pourtant limpide. Le résultat est que chrétiens et musulmans ont fait ensemble un travail sur ce qui les réunit et non sur ce qui les oppose. Comme on aimerait que cela rejaillisse dans la vie quotidienne.

L’or des Amériques

Le buisson. Or natif. © Museum national d’Histoire naturelleL’or sous toutes ses facettes… Voilà une très belle exposition comme sait en concocter le Museum d’Histoire Naturelle. D’abord le côté géologique avec certaines pièces naturelles qui pourraient inspirer les plus grands sculpteurs. A l’état natif, l’or se trouve sous forme de lamelles, de fins filaments ou encore de cristaux géométriques. Le buisson, l’une des plus belles pièces exposées, est un agrégats de cristaux d’or sur une gangue de quartz blanc. Une autre de ces sculptures naturelles est composée d’une série de cristaux d’or, d’un morceau de quartz et d’un fragment de racine. Cette pièce,  l’une des plus belles au monde, a été trouvée en 1959, à quelques centimètres sous terre seulement! Puis la section consacrée à l’or chez les précolombiens nous apprend que chez ces peuples proches de la nature, l’or valait moins que le sel gemme. Mais  il était réservé aux Dieux!  ☞ suite