Quand les multinationales prônent une agriculture climato-intelligente, nos décideurs y croient !

Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture. Un chiffre inquiétant… et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.

De fait, les multinationales se servent du changement climatique pour imposer leur futur modèle agricole avec le concept nouveau d’une « agriculture climato-intelligente » pour produire plus et mieux… Dans les arènes des négociations sur le climat, elles sont dans les starting-blocks pour promouvoir des « engrais intelligents » et des plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. L’agro-industrie est en passe de remporter cette bataille sur l’agro-écologie, une victoire qui risque de coûter cher à notre santé, à l’environnement et … à nos portes-feuilles. En effet, ces lobbies ayant l’écoute des politiques,  sont champions pour récupérer un maximum de subventions donc l’argent de nos impôts ! Des chercheurs et des ONG tentent de renverser la donne.

Lire la suite de cette passionnante enquête signée Sophie Chapelle ici ☞ Bastamag.

Vos guerres, nos morts

« Vous êtes en guerre, vous les Sarkozy, Hollande, Valls, Cameron, Netanyahou, Obama. Vous êtes en guerre, vous et vos alliés politiques, vous et vos amis patrons de multinationales.

Et vous nous avez entrainés là-dedans, sans nous demander notre avis.

Afghanistan, Iraq, Libye, Mali, Syrie… Nous n’avons pas toujours été très nombreux à protester. Nous n’avons pas suffisamment réussi à convaincre que ces expéditions militaires ne feraient qu’apporter toujours plus d’instabilité, de violences, de tragédies.

Là-bas, et ici.

Car la guerre n’a pas commencé hier soir. Et elle n’avait pas commencé en janvier lors des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Elle avait commencé bien avant.  »

Voilà ce qu’a écrit Julien Salingue docteur en Science politique dont les recherches portent sur la question palestinienne. Il est en outre membre de l’observatoire critique des médias.  Je vous invite à lire la suite de cet article que je trouve très pertinent sur son blog ☞ resisteralairdutemps.blogspot.fr.

N’oublions jamais que la France est un des premiers producteurs d’armes dont celles à l’uranium appauvri malgré la résolution du 22 mai 2008 votée par le Parlement européen qui affirme que « l’emploi d’uranium appauvri dans les conflits viole les règles et principes fondamentaux consacrés par le droit international humanitaire, écrit et coutumier », résolution que la France n’a jamais signée. Les économistes français se sont récemment réjouit des ventes record enregistrées en 2015 dans le secteur de l’armement mais on ne sème jamais la mort impunément.

Le grand business des plantes

Le grand business des plantesAprès un état des lieux sans complaisance en guise d’introduction, Florence Thinard, l’auteur de ce livre paru aux éditions Plume de Carotte nous invite à découvrir en 24 chapitres (algues, blé, café, légumes, fleurs, plantes aromatiques, palme, tabac, vigne, etc.) comment fonctionne ce business implacable. En comprendre les mécanismes et ses excès est essentiel à l’heure où la question se pose de l’appropriation du vivant. Après avoir refermer ce livre, on ne peut que devenir un consomm’acteur si on ne l’est pas déjà car, comme disait Coluche :  « Quand on pense qu’il suffirait qu’on ne l’achète pas pour que ça ne se vende pas !  »   ☞ lire la suite

Bio et pureté : un quiproquo persistant

Samedi, je suis allée chez un apiculteur à une dizaine de kilomètres de chez moi dans le cadre d’une visite publique. Très respectueux de ses abeilles, il fait tout « naturel ». Il refuse d’exploiter la gelée royale et le pollen qui servent à nourrir la reine et sa colonie. Il refuse de mettre ses ruches dans les grandes cultures, bref, j’apprécie hautement son travail mais j’ai bondit lorsque je l’ai entendu dire « le miel bio, cela n’existe pas » sous prétexte que tout est pollué. Ce dimanche, j’ai participé à un déjeuner qui réunissait les membres de mon association Nature 18 et mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai entendu « De toute façon, le bio cela n’existe pas. » La même idée reçue et fausse lancée dans la conversation en 24 heures. Les adversaires du bio qui l’ont initiée, il y a quelques années déjà, ont réussi à l’instiller dans la pensée collective ce qui induit une autre pensée : « pourquoi payer plus cher quelque chose qui de toute façon n’est pas bio ». Ils se reposent sur le fait réel qu’il n’y a plus un centimètre carré sur terre qui n’est pas pollué mais que des personnes qui, visiblement sont respectueux de la nature, tombent dans le panneau de la pureté, j’ai du mal! Car le bio reste la promesse de fruits et légumes plus riches en nutriments même s’ils peuvent comporter des traces de biocides.

Explication : les légumes se nourrissent principalement dans le sol. Le bio est une méthode de culture sans apports d’intrants chimiques et sans pesticides qui permet au sol de rester vivant (voir mon article ☞ ici). Des légumes qui poussent dans ce type de sol sont en bonne santé et du coup, par la règle de la chaîne alimentaire, participent à notre bonne santé. Idem du côté des abeilles. La charte de l’apiculture bio concerne les soins aux abeilles notamment, au niveau de leur nourriture. Au lieu de leur donner du sirop de glucose qui ne contient rien d’autre que du sucre, on leur laisse du miel qui leur fournit tous les sels minéraux et autres micro-nutriments indispensables à une bonne santé. Respect des animaux plutôt qu’hyper production.

La pureté n’existe pas et n’a jamais existé mais la manipulation de la pensée est bien ancrée. Ce n’est pas une raison de baisser les bras. L’alimentation industrielle pas chère à court terme pour le porte-monnaie de la ménagère s’avère très onéreuse en matière de santé publique. Et je continue à penser que ceux qui savent et contribuent à l’empoisonnement universel dans le seul but de s’enrichir devraient être jugé pour crime contre l’humanité. Autant de raisons pour leur dire non et faire le choix de consommer bio, pour notre santé et celle de la planète.

La première monnaie locale à Lignières (18) il y a 60 ans

Au début des années 1950, Lignières, une petite ville du Berry, végète. Refusant la léthargie qui gagne leur ville, Pierre Tournadre (horloger), et Georges Lardeau (directeur du cinéma), veulent que Lignières se redresse ! Ils se heurtent à une municipalité vieillissante et à un maire “indétrônable”, ils constatent que toutes les idées nouvelles sont rejetées sans examen. Mais eux, veulent relancer une économie intra-murros.

le 26 avril 1956 est déclarée au “Journal Officiel” la “Commune libre de Lignières en Berry” (aucune loi ne régit les communes libres qui s’administrent … librement). Les deux amis ouvrent une mairie dans un des commerces abandonnés de la Grande-Rue, Pierre Tournadre est maire et Georges Lardeau, secrétaire. L’aventure commence et quelle aventure: une monnaie locale bien avant l’heure. Et cela va marcher, incroyablement.

La belle aventure durera deux années. La Banque de France s’inquiète du succès de cette initiative et envoie la Police Judiciaire en 1957 pour une enquête car “l’État seul a le droit de frapper monnaie”. Les inspecteurs repartent comme ils étaient venus, sans trouver rien d’illégal, les bons étant couverts par un dépôt en banque. Mais à la fin; les hautes instances de l’Économie mettent les pieds dans le plat pour que s’arrête cette monnaie parallèle. Cela marchait trop bien !

J’ai découvert cette belle histoire sur Gilblog qui annonce par la même la création d’une nouvelle monnaie locale en Berry en 2016. Lire l’article ☞ ici.