Bio et pureté : un quiproquo persistant

Samedi, je suis allée chez un apiculteur à une dizaine de kilomètres de chez moi dans le cadre d’une visite publique. Très respectueux de ses abeilles, il fait tout « naturel ». Il refuse d’exploiter la gelée royale et le pollen qui servent à nourrir la reine et sa colonie. Il refuse de mettre ses ruches dans les grandes cultures, bref, j’apprécie hautement son travail mais j’ai bondit lorsque je l’ai entendu dire « le miel bio, cela n’existe pas » sous prétexte que tout est pollué. Ce dimanche, j’ai participé à un déjeuner qui réunissait les membres de mon association Nature 18 et mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai entendu « De toute façon, le bio cela n’existe pas. » La même idée reçue et fausse lancée dans la conversation en 24 heures. Les adversaires du bio qui l’ont initiée, il y a quelques années déjà, ont réussi à l’instiller dans la pensée collective ce qui induit une autre pensée : « pourquoi payer plus cher quelque chose qui de toute façon n’est pas bio ». Ils se reposent sur le fait réel qu’il n’y a plus un centimètre carré sur terre qui n’est pas pollué mais que des personnes qui, visiblement sont respectueux de la nature, tombent dans le panneau de la pureté, j’ai du mal! Car le bio reste la promesse de fruits et légumes plus riches en nutriments même s’ils peuvent comporter des traces de biocides.

Explication : les légumes se nourrissent principalement dans le sol. Le bio est une méthode de culture sans apports d’intrants chimiques et sans pesticides qui permet au sol de rester vivant (voir mon article ☞ ici). Des légumes qui poussent dans ce type de sol sont en bonne santé et du coup, par la règle de la chaîne alimentaire, participent à notre bonne santé. Idem du côté des abeilles. La charte de l’apiculture bio concerne les soins aux abeilles notamment, au niveau de leur nourriture. Au lieu de leur donner du sirop de glucose qui ne contient rien d’autre que du sucre, on leur laisse du miel qui leur fournit tous les sels minéraux et autres micro-nutriments indispensables à une bonne santé. Respect des animaux plutôt qu’hyper production.

La pureté n’existe pas et n’a jamais existé mais la manipulation de la pensée est bien ancrée. Ce n’est pas une raison de baisser les bras. L’alimentation industrielle pas chère à court terme pour le porte-monnaie de la ménagère s’avère très onéreuse en matière de santé publique. Et je continue à penser que ceux qui savent et contribuent à l’empoisonnement universel dans le seul but de s’enrichir devraient être jugé pour crime contre l’humanité. Autant de raisons pour leur dire non et faire le choix de consommer bio, pour notre santé et celle de la planète.

La première monnaie locale à Lignières (18) il y a 60 ans

Au début des années 1950, Lignières, une petite ville du Berry, végète. Refusant la léthargie qui gagne leur ville, Pierre Tournadre (horloger), et Georges Lardeau (directeur du cinéma), veulent que Lignières se redresse ! Ils se heurtent à une municipalité vieillissante et à un maire “indétrônable”, ils constatent que toutes les idées nouvelles sont rejetées sans examen. Mais eux, veulent relancer une économie intra-murros.

le 26 avril 1956 est déclarée au “Journal Officiel” la “Commune libre de Lignières en Berry” (aucune loi ne régit les communes libres qui s’administrent … librement). Les deux amis ouvrent une mairie dans un des commerces abandonnés de la Grande-Rue, Pierre Tournadre est maire et Georges Lardeau, secrétaire. L’aventure commence et quelle aventure: une monnaie locale bien avant l’heure. Et cela va marcher, incroyablement.

La belle aventure durera deux années. La Banque de France s’inquiète du succès de cette initiative et envoie la Police Judiciaire en 1957 pour une enquête car “l’État seul a le droit de frapper monnaie”. Les inspecteurs repartent comme ils étaient venus, sans trouver rien d’illégal, les bons étant couverts par un dépôt en banque. Mais à la fin; les hautes instances de l’Économie mettent les pieds dans le plat pour que s’arrête cette monnaie parallèle. Cela marchait trop bien !

J’ai découvert cette belle histoire sur Gilblog qui annonce par la même la création d’une nouvelle monnaie locale en Berry en 2016. Lire l’article ☞ ici.

Les plantes ont-elles un sexe ? Histoire d’une découverte

Les plantes ont-elles un sexe ? de Fleur DaugeyAujourd’hui, la sexualité des plantes nous paraît aussi naturelle que celle des animaux. Pourtant, elle a été niée par les botanistes de la naissance de leur discipline dans l’Antiquité jusqu’à la fin du XVIIème siècle. Après avoir exposé un « panorama de la sexualité végétale » telle qu’on la connaît aujourd’hui, Fleur Daugey interroge l’histoire. Les jardiniers assyriens du VIIIème siècle avant notre ère donnaient un coup de pouce à la reproduction naturelle des palmiers dattiers en secouant énergiquement les fleurs des arbres mâles remplies de pollen au dessus des fleurs des arbres femelles. Malgré tout, il ne leur vint pas, ni aux savants de l’époque, qu’elles pouvaient avoir une sexualité. En explorant la mythologie, Fleur Daugey met en évidence que, très vite, la plante est devenu un symbole de pureté, de virginité. Dans le même temps, paradoxalement, les fleurs, la rose par exemple, sont associées à la débauche. ☞ lire la suite

La ferme dont on rêve découverte par Reporterre

Lorsque je découvre des reportages qui me donnent du baume au cœur, j’ai envie de les partager. C’est pourquoi, il m’arrive quelquefois, de vous faire part de mes trouvailles et j’ai décidé de le faire plus souvent. Cette fois, c’est un article de Marie Astier de Reporterre qui a attiré mon attention. Elle a rencontré Gilles Simonneaux, un paysan breton qui s’est tourné vers le bio en reprenant la ferme laitière de ses parents en 1998. Et comme il se sentait un peu seul, il a diversifié non seulement sa production (céréales) en accueillant sur ses terres d’autres producteurs. Il a commencé par confier un hectare de terre  à une maraîchère, un boulanger et il a ouvert une boutique tenu par une gérante et à laquelle adhère d’autres producteurs bio. Chacun est responsable de sa partie. Résultat : une totale autonomie (l’installation de panneaux solaires assurent les besoins en électricité) et un moindre coût de production par la mutualisation. Et ça marche! La crise bretonne, Gilles Simonneaux ne connaît pas. Cela prouve qu’avec un peu de créativité, il y a d’autres façons de faire. Pour tout savoir (et comprendre) sur ce miracle, je vous renvoie à l’article ☞  ici.

Projet de Silicon valley niçoise et risques d’inondations

La métropole niçoise s’est lancé dans une vaste opération d’aménagements bétonnés de la vallée du Var pour créer l’Eco-Vallée présentée comme la Silicon Valley provençale. L’intensification des graves inondations n’y change rien. Le projet financé par l’État et allègrement soutenu par Christian Estrosi est plus que jamais maintenu. Pourtant l’administration a lancé l’alerte, prévenant que, en cas de crue, le débit du Var pourra être multiplié par deux, l’eau du fleuve côtier ne disposant plus d’espaces naturels sur lesquels s’écouler. Comme trop souvent on marche sur la tête, heureusement, sur place, des associations et quelques élus tentent de limiter les futurs dégâts. Je vous renvoie à l’excellent papier de Sylvie Chapelle, journaliste à Bastamag .

Lire l’article ☞ ici
A lire également : Climat + béton = orages meurtriers, un article paru il y a quelques jours sur le site de Reporterre ainsi que Les inondations dans le Var ne sont pas une catastrophe naturelle paru sur le même site début 2014 et que le magazine a remis en avant. No comment.