La ferme maraîchère du Bec Hellouin (27) conduite en permaculture est une des plus naturelles et aussi une des plus productives de France. L’étude de l’INRA sur les performances économiques du maraîchage biologique en permaculture qui vient d’y être réalisée sur cinq ans, montre que dans ces conditions de rendements, 1000 m2 permet de dégager un vrai salaire. C’est la preuve que les microfermes qui se multiplient dans le monde sont viables contrairement à ce qu’affirment les adeptes de l’agriculture industrielle. A l’heure où la ville ne cesse de s’agrandir et d’absorber les surfaces agricoles, elles pourraient même être « la » solution. A la campagne où l’espace est moins compter, elles permettraient de libérer de la place et de planter des arbres, notamment fruitiers. Ces pratiques de production agroécologiques sont généralement associées à des formes originales de commercialisation (Vente directe, AMAP, etc), garantissant une moins grande sensibilité aux incertitudes des marchés. ☞ lire la suite
Salade printanière d’automne!
En voyant une foultitude de pissenlits jaillir dans ma prairie avec cet air tout frais qu’ils arborent au printemps, cela m’a donné envie de tester une salade. En commençant ma cueillette, j’ai découvert des tas de rosettes de pâquerettes elles aussi toute neuve. Je suis donc allée voir si, par hasard, je trouverai aussi des feuilles de coucous. Ainsi, je me suis retrouvée avec trois des composantes principales de mes salades printanières. C’était amusant d’y associer des fleurs de l’été: capucines, soucis et bourraches et du maïs doux qui arrive à maturité en septembre. Simplement accompagné d’une gousse d’ail, d’huile d’olive et de vinaigre de cidre parfumé aux fleurs de sureau, cette salade 100% made in « mon jardin » était juste délicieuse.
De fait, avec la sécheresse de l’été, les plantes soumises à la chaleur et au stress hydrique ont ralenti leur végétation. Elles ont, d’une certaine manière, été en dormance comme en hiver. La prairie, entièrement desséchée, était devenue une paillasse. Il est donc normal, qu’avec le retour de la pluie, elles réapparaissent, toute tendre, comme au printemps. J’ai également testé avec succès la soupe d’ortie. Si je me réjouis de ces saveurs inattendues à cette saison, je m’interroge aussi sur le choc subi par les plantes. Certes leur résilience est incroyable, mais jusqu’à où ? A quelques semaines de la COP 21, le changement climatique est déjà dans nos assiettes pour le meilleur dans cette salade printanière d’automne mais aussi pour le pire comme en témoigne la famine en Afrique ou cette sécheresse qui perdure depuis quatre ans en Californie où les habitants peignent leur pelouse en vert pour tenter de se remonter le moral!
Mésanges à longue queue acrobates
Plaisir du jour : une bande de mésanges à longue queue. Elles sont toutes petites et tellement gracieuses que c’est toujours du bonheur pur de les observer. ☞ lire la suite
Graines
Voici venu le temps d’engranger pour l’hiver et surtout, celui de faire ses graines. On prépare ainsi déjà la saison suivante du grand cycle de la vie. Et puis, on assure son autonomie. Le mot est jeté. Si il fait rêver ceux qui souhaitent s’abstraire de la dictature de la consommation, il fait grincer les semenciers et autres industriels qui tentent de s’emparer du vivant. 75 % du marché mondial de semences est contrôlé par dix multinationales qui, à force de lobbying, cherchent à instaurer une législation qui obligerait tout un chacun de passer par eux. C’est ainsi que l’acte, a priori anodin, de produire ses graines est devenu un acte fort de résistance. ☞ lire la suite
Les petites fermes peuvent-elles nourrir le monde ?
Face à la crise de l’agriculture, que faire ? s’interroge L’Écologiste. Deux orientations existent. Celle qui constitue la politique agricole depuis cinquante ans, à base d’agrandissement, de mécanisation, de pesticides, d’engrais, de haute technologie, bref, une industrie nécessitant des capitaux importants, fournissant très peu d’emplois, des aliments contaminés et pauvre nutritionnellement ou bien au contraire, une agriculture paysanne, à échelle humaine, à forte production d’aliments de qualité, avec de nombreux emplois et, en prime, de forts liens sociaux.
Les politiques main dans la main avec les industriels continuent à prôner le premier modèle bien qu’aujourd’hui les preuves qu’on peut faire autrement s’accumulent comme le montre le dossier proposé par L’Écologiste. « Des précurseurs de la devise « Small is beautiful » sont apparus un peu partout sans bruit, ces quarante dernières années », écrit Philippe Desbrosses. Nous avons pour certains suffisamment de recul pour en tirer des conclusions. « Ils ont soulevé récemment l’enthousiasme des observateurs et du public par leu ingéniosité et leur succès. » En France, ces dernières années, de nombreuses microfermes maraîchères biologiques autour d’un hectare actif ont vu le jour. Kevin Morel, un jeune ingénieur agronome, en a fait le sujet de sa thèse. Voilà qui est passionnant et redonne du baume au cœur!
Au sommaire également : Tafta, le biomimétisme, les perturbateurs endocriniens, une réponse à Maud Fontenoy sur les gaz de schiste, le menu des rats de laboratoire, etc.



