Archives pour la catégorie Agricultures

Agriculture durable et/ou biologique, permaculture

Marche pour la forêt

rassemblement forêt saint-bonnet de TronçaisPour alerter sur le devenir des forêts publiques, l’intersyndicale des personnels de l’ONF a décidé d’organiser une grande marche pour la forêt. La privatisation de la gestion des forêts publiques et son industrialisation sont les deux sujets qui fâchent. Les initiateurs de cette marche veulent sensibiliser le public qui, globalement, ignore ces problèmes. Pourtant les forêts jouent un rôle essentiel. Elles protègent notre eau, notre climat, nos paysages et la biodiversité. Elles approvisionnent la filière bois et surtout elles nous accueillent. Lieu de promenade et de ressourcement pour de nombreux citadins privés de nature, elle remplit une fonction bien particulière au niveau de l’imaginaire tant collectif qu’individuel. Bref, elle est indispensable dans l’équilibre du monde. Pourtant, aujourd’hui, elles sont menacées par les décisions de l’Office National des Forêts (ONF) et du Ministère de l’Agriculture. La marche pour la forêt qui a débuté le 17 septembre arrive bientôt à son terme. Quatre chemins partis de Mulhouse, Perpignan, Strasbourg et Valence convergent vers Saint Bonnet de Tronçais où la journée du jeudi 25 novembre sera entièrement dédiée à la forêt en présence de nombreuses associations de préservation de la nature. ☞ lire la suite

© Danièle Boone

Planète Nièvre : glyphosate, pourquoi tant de résistance ?

Le 15 septembre dernier, 42 députés sur 80 votants ont refusé d’inscrire dans la loi Alimentation/Agriculture, l’interdiction dans les trois ans du glyphosate, herbicide gravement toxique alors qu’une majorité  de français ont désormais pris conscience de la dangerosité des pesticides et souhaitent son interdiction. Pourquoi tant de résistance ? C’est ce que nous avons cherché à comprendre. 

Pour cela nous avons exploré les arguments des pro-glyphosates qui souhaitent remplacer une molécule par une autre, argumentant également la mise en concurrence déloyale avec les autres céréaliers européens qui eux pourront utilisé l’herbicide pendant encore cinq ans ainsi que les différentes techniques pour s’en passer, labours profonds, rotations plus larges des cultures et aussi semis dans paillis. Nous nous sommes également interrogé sur le rôle ambigu des coopératives qui, à la fois, conseillent les agriculteurs adhérents, leurs vendent semences et produits phytosanitaires et leur achètent leur production, d’autant qu’elles se retrouvent aujourd’hui au sein des grands groupes de l’agroalimentaire qui eux mêmes investissent dans les pesticides. Enfin, nous avons constaté le rôle non négligeable de la mondialisation : pour être concurrentielles, les céréales à l’exportation doivent être produites au plus bas coût, ce que permet le glyphosate. Entre la santé des humains, la biodiversité et l’argent, une fois encore le choix a été fait au profit de l’argent !

écouter l’émission

© Danièle Boone

Planète Nièvre – Vignerons bios en Nièvre

Pour cette dernière émission de l’année, nous sommes allé à la rencontre des vins de Nièvre et surtout des vignerons passionnés et passionnants qui ne demandent qu’à partager leur enthousiasme. Ils travaillent en bio ou en biodynamie pour nous offrir des breuvages goûteux, bons pour nos papilles, pour notre santé et celle de la planète.

La Nièvre est riche de 5 vignobles : Pouilly sur Loire que l’on ne présente plus. Au Nord Ouest près de Cosne sur Loire, c’est le vignoble des Coteaux du Giennois, au centre ouest, autour de La Charité, les Côtes de la Charité, au Centre Nord près de Clamecy, les coteaux de Tannay et au sud à Livry, le vignoble du Rioussat

La vigne qui a bien failli disparaître (Phylloxera, prime à l’arrachage, remembrement). Seul le vignoble de Pouilly-sur-Loire réencépagé en Sauvignon et Chasselas, qui a obtenu son AOC en 1937, avait résisté. Aujourd’hui, parmi les quelques 220 vignerons du département, seulement sept ont opté pour le bio. En superficie, cela représente environ 60 hectares sur les quelques 1500 ha de vignes, soit 4 %.

Alexandre Bain Fabrice Barle, Frédéric Benzergua, Pierre Hervé et Jonathan Pabiot nous ont parlé de la conduite du vignoble en bio ou en biodynamie, les levures naturelles, les sulfites, etc…

écouter l’émission

© Danièle Boone

Planète Nièvre : La Baratte, l’agriculture urbaine à Nevers

Pour notre nouvelle émission Planète Nièvre, Christophe Barge, Geneviève Omessa et moi-même avons choisi de vous parler d’agriculture urbaine et/ou périurbaine à partir de l’exemple du Val de la Baratte. Ces jardins potagers et maraîchers sont situés sur la plaine alluviale des bords de la Loire, en zone péri-urbaine et humide, sur les communes de Nevers et de Saint-Éloi. Des lignées de jardiniers s’y succédent depuis des siècles.

Mais l’urbanisation anarchique des années 1970 avec, entre autres, la construction des immeubles du quartier des Courlis, le projet d’une pénétrante routière dans les  années1980 puis d’une route des pompiers dans les années 2000, ont bien failli venir à bout de cette tradition légumière qui remonte au haut Moyen Âge. Grâce au combat des riverains et des associations Saint-Fiacre Loire-Baratte, Loire Vivante, Nevers aménagement, la trentaine d’hectares du val de la Baratte a été classée zone inondable en 2001 puis, plus récemment inscrite comme zone agricole au plan d’urbanisme local (PLU) par l’ancienne municipalité le protégeant ainsi de toute tentative d’urbanisation et assurant du même coup la pérennité de l’activité de maraîchage.

La nouvelle municipalité souhaite que le val retrouve pleinement sa vocation maraîchère historique stimulant par là-même une économie locale qui passe par les circuits courts. Elle a soutenu notamment la création de l’espace test en mettant à disposition des testeurs, trois hectares de terre. Un CAPE, contrat d’appui au projet d’entreprise, permet à des jeunes de tester à la fois l’activité et l’existence d’une clientèle sans avoir à payer de charges ni à chercher des terres. Parmi les autres partenaires de l’espace test, le Conseil départemental, la Chambre d’agriculture, la couveuse d’entreprise Potentiel et Semeurs du possible.

Les intervenants :
Jean-Marie Lambert et Raphaël Revenu, les deux testeurs
Guillaume Debeer, maraîcher bio, ancien testeur
Christophe Solheillac, maraîcher raisonné, tuteur des testeurs
Anne Wozniak, adjointe au maire
Christelle Martin de la Chambre d’agriculture
Brigitte Compain-Murez, présidente de l’association Saint-Fiacre Loire Baratte

écouter l’émission

© Danièle Boone

Planète Nièvre : la transition à Rouy (58)

Le 12 avril dernier, le Collectif Transitions 58 a décerné sa récompense annuelle du colibri d’or  au Maire de Rouy (58). Les raisons ? Il y a un marché de produits bios et locaux une fois, des produits bios et locaux au menu des cantines scolaires et plusieurs producteurs bios sur la commune… De fait, cette synergie n’est pas un hasard. Nous avons enquêté et rencontré les acteurs du changement, Christine Delbove, agricultrice, Thierry Gautier, maire de Rouy, Aurélie Jacquot, maraichère
, Jean-paul Loisy, agriculteur  et Gilles Vadrot, boulanger.

Peut-on pour autant parler de commune en transition ? La réponse est clairement oui. La relocalisation, la solidarité, la cohésion sociale, sont les principes fondateurs du mouvement de la transition né à Totness en Angleterre en 2006. En même temps, rien n’est écrit. C’est différent à chaque fois selon le contexte, selon les gens. Chaque pays, chaque ville ou village mène sa transition comme il l’entend mais le plus souvent tout commence à la suite d’une somme d’interrogations ou bien après une crise économique.

Rouy ne déroge pas à cette règle. Tout a commencé avec la crise de la vache folle. Des femmes d’agriculteurs, réunies au sein de l’association « Actrices nivernaises » remettent très rapidement en question le système agro-industriel. Et le concret suit avec la création du marché du Colibri, le passage au bio de Jean-Paul Loisy, mari de Nadine, qui faisait partie de l’association.

Ce qui m’a le plus réjoui lors de ce reportage, c’est d’avoir rencontré des gens lumineux en accord avec eux-mêmes, qui sont là où ils doivent être, et font ce qu’ils ont à faire. C’est comme cela qu’on se libère d’un système aliénant qui nous transforme en machine à consommer. Leur exemple nous montre que nous pouvons nous libérer des marchés internationaux et que nous avons le pouvoir de reprendre en main notre destin et que cela se passe d’abord au niveau local.

 ☞ écouter l’émission

© Danièle Boone