
2014-2018, pendant 4 ans la première guerre mondiale a été largement commémorée mais un sujet semble avoir été oublié, ou plutôt mis de côté : les armes chimiques et conventionnelles déversées dans la mer du Nord et la Baltique. Le documentariste Jacques Lœuille a mené une enquête terrifiante. Le sujet est littéralement enterré par la France sous prétexte de « secret défense absolu » alors que les autres pays concernés, la Grande Bretagne, la Belgique, le Danemark, donnent accès à leurs archives et surtout cherchent à mettre en place des solutions pour éviter une catastrophe annoncée. Ce sont pas moins de 35 000 tonnes qui reposent au large de la très sélect plage de Knokke le Zoute. Imaginez, cela représente un millier de camions en volume. Ces restes encombrants avaient été purement oubliés jusqu’aux travaux de rénovation du port de Zeebruges en 1970. Une cinquantaine de sites sont répertoriés en « Mers du Nord ». En France, officiellement, il n’y en avait aucun jusqu’au jour où un de ces sites a été découvert accidentellement par Greenpeace au large de Cherbourg ! Notre pays serait peut-être le pays le plus concerné. ☞ lire la suite
2019

C’était il y a quelques jours. La brume persistait encore à 11 heures. Le soleil était tout rond et tout blanc. Se prenait-il pour la lune ? Allez savoir ! Cela ressemble un peu à notre monde, incertain. Alors pour cette année 2019, je souhaite que les utopies se multiplient et qu’à force, elles finissent par changer le monde. J’entends par utopies toutes ces espérances de vivre autrement, mieux, plus solidairement, plus sobrement qui se concrétisent dans des expériences qui montrent que c’est possible. Et il y en a de plus en plus mais tout cela est encore trop éparpillé, trop méconnu. Alors je nous souhaite pour 2019 d’entrer dans ce grand courant d’énergie pour tourner enfin la page du monde ancien, égoïste et destructeur. Comment ? Dans la simplicité du vivre ensemble, dans la bienveillance envers la nature, dans le refus de l’injustice, dans la gratitude de tous ces petits riens qui nous sont donnés quotidiennement : une belle lumière, le chant d’un oiseau, un sourire éclatant ou des rires d’enfants.
4 saisons : zéro pesticide, enfin !
Ce premier janvier 2019, l’usage de tous les produits phytosanitaires sera interdit au jardin, cela valait bien la peine d’en faire le dossier de ce numéro. Il faut dire que ce combat est inhérent au magazine comme le rappelle Marie Arnould, la rédactrice en chef, dans son édito. C’est le 23 avril 1979 que l’équipe fondatrice s’est rencontré pour la première fois avec l’objectif de créer une maison d’édition consacrée au bio. Dans le numéro 42 (janvier-février 1987), étaient publiés les résultats d’une étude menée par Terre Vivante avec le concours de 51 mères volontaires, une des premières du genre. Elle démontrait la rémanence des pesticides : leur lait était toujours pollué par les insecticides organochlorés, quatorze ans après l’interdiction de la majorité d’entre eux. ☞ lire la suite
Coucher de soleil
Nuits des Cévennes
En ce 24 décembre où selon la tradition, une étoile a guidé les rois mages vers l’enfant divin, je me suis plongée dans ces « Nuits des Cévennes » où il n’est pas question de l’étoile de Bethléem mais des cieux exceptionnels du parc national consacré cet été Réserve internationale de ciel étoilé d’Europe. Et j’en suis encore toute émerveillée. Le défi de montrer la nuit est parfaitement relevé. Chaque séquence d’images est séparée par une double page présentant une constellation : la chevelure de Bérénice visible qu’au printemps, celle d’Hercule pour l’été, de Cassiopée pour l’automne et d’Orion pour l’hiver. Les légendes reportées en fin d’ouvrage renseignent sur le lieu, l’heure de la prise de vue et fournissent moult précisions qui permettent d’affiner la lecture de l’image mais on peut aussi se contenter de tourner les pages et se perdre dans l’infini si somptueusement capté par les différents photographes.
Côté texte, cinq cahiers demi-format sont intégrés. Écriture blanche sur fond bleu foncé. Samuel Challéat, chercheur en géographie de l’environnement, parle de la perception de la nuit qui peut aller de l’enchantement à la peur absolue du noir selon les individus. Arnaud Rykner, écrivain, propose « ce que taisent les étoiles », un texte plein de fantaisie et de poésie. Jean-Paul Salasse, co-président des Écologistes de l’Euzière, raconte ses expériences naturalistes en quête du cerf, du grand duc et s’émerveille d’un duo entre le petit duc et le crapeau accoucheur… Guillaume Cannat, amateur d’étoile, nous entraîne au Mont Aigoual pour observer le ciel hivernal. Enfin Alain Renaux, ethnobotaniste, salue la beauté des « belles de nuit », ces fleurs qui, comme les onagres, s’ouvrent le soir pour offrir leur beauté parfumée aux papillons et autres insectes nocturnes.
Éditions du Rouergue/Parc national des Cévennes, 160 pages, 35 €
www.lerouergue.com
