Tous les articles par D.B.

Gaz de schistes: vers un crime écologique majeur?

Au moins 10 000 personnes (chiffre de la police) ont participé à la manifestation ardéchoise du 26 février 2011. Les permis d’exploitation des gaz de schistes octroyés par nos gouvernants en catimini donc, sans avoir consulté ni même pris la peine d’informé les élus, sont une insulte à la démocratie. Les interrogations des quelque 20 000 personnes (chiffre des organisateurs) à s’être déplacées sont totalement légitimes. En effet, on a le devoir de se demander pourquoi Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, ne publie pas la liste complète de tous les permis concédés ? Pourquoi la mission d’expertise n’a pas été décidée avant l’octroi des permis ? Pourquoi a-t-elle été confiée à ceux qui ont lancé le programme ? Pourquoi la liste des produits chimiques utilisés ne peut pas être communiquée ? Pourquoi le secret professionnel qui protège les industriels devrait être maintenu puisqu’il s’agit de la santé potentielle de milliers d’individus ? Cette liste de « pourquoi » n’est pas exhaustive.

Lire la suite de cet édito paru sur le site des JNE (Association des journalistes et écrivains pour la Nature et l’Ecologie)

Gaz de schiste : l’eldorado qui rend dingo

J’emprunte mon titre au canard enchaîné qui, cette semaine, raconte la surprise de Maxime Bey, le maire de Gargas (Vaucluse) qui a appris qu’une entreprise minière d’origine suédoise a acquis un permis gazier sous son village. Depuis que l’affaire a éclaté au grand jour, en janvier dernier, chaque semaine apporte des preuves que nos gouvernants bradent sans vergogne notre pays pour, soi-disant, assurer une autonomie énergétique d’une cinquantaine d’années. Des industriels se frottent les mains devant l’eldorado qui s’ouvre à eux car il y a beaucoup d’argent à faire, mais il n’enrichira qu’eux. La facture pour les autres sera énorme. Non seulement  les paysages si beaux, notre fierté nationale, seront irréversiblement détruits mais la vie aussi, celle de la faune, de la flore et la nôtre. ☞ suite

La forêt française au cœur du débat initié par les JNE

Produire plus de bois sans détruire la forêt : utopie ou véritable défi écologique ? Tel est le titre du colloque organisé par l’Association des Journalistes et écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) dont je suis membre.
A l’heure, où le bois semble être l’une des meilleures réponses à nos besoins en énergie peu coûteuse et à la lutte contre le réchauffement climatique, on est en droit de se poser des questions. L’énergie bois n’est peut-être pas aussi propre et verte qu’elle le donne à penser et ne va-t-elle pas entraîner une surexploitation de nos forêts? Ce colloque (programme ici) ouvert à tous devrait nous éclairer et nous aider à faire les bons choix. Venez nombreux.
L’association diffusera également le nouveau numéro de son Canard sauvage consacré aux forêts.

Vendredi 11 février, 10h-16h. Auditorium de la SNHF, 84, rue de Grenelle 75007 Paris. Entrée libre. Inscription par mail : asso.jne@free.fr

A lire également :  Cessez le feu, brochure proposée par l’Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages) – disponible sur simple demande à ASPAS – BP 505 – 26401 CREST Cedex, accompagnée de 6 euros en timbres ou chèque.

L’insecticide Cruiser 350 enfin désavoué

Enfin une bonne nouvelle : Edouard Geffray, le rapporteur public du Conseil d’Etat, a recommandé l’annulation des autorisations annuelles de mise sur le marché de l’insecticide Cruiser 350 de Syngenta, délivrées en 2008, 2009 et 2010 par le ministère de l’Agriculture. Décision sous quinzaine.

La France est championne d’Europe pour les dérogations des usages de pesticides interdits. Pour le Cruiser, l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) avait saisi le Conseil d’Etat aussi en 2008 et 2009. Il semble que cette année, elle a été enfin entendue. Comme quoi, il ne faut jamais renoncer ! Un petit pas dans la bataille : cet insecticide est déjà interdit dans la plupart des pays européens comme l’avaient été auparavant le Gaucho et le Regent. Lequel va-t-on nous sortir maintenant de la boîte de Pandore ?

De fait, on pourra vraiment parler de victoire, lorsque l’agriculture conventionnelle renoncera aux produits chimiques. Malgré les preuves de plus en plus nombreuses de leur nocivité, ils restent encore synonymes de progrès et de rendement dans la plupart des têtes. Mais cela change doucement. On ne peut plus ignorer lorsque la maladie est dans son corps ou dans celui de ses enfants. Les consciences bougent. Les langues commencent à se délier. J’en veux pour preuve une rencontre organisée à  Ruffec par le Mouvement pour les générations futures de François Veillerette. En 2010, ils étaient une quarantaine à témoigner. Une autre rencontre doit avoir lieu en 2011, ils sont déjà 90 à s’être inscrits. Paul François, l’un des rares agriculteurs malades à avoir osé attaqué Monsanto (il a gagné) reçoit de plus en plus d’appels de confrères en détresse et la MSA (mutuelle agricole) octroie de plus en plus le statut de malade professionnelle aux victimes des pesticides.