Salamandre, les pics à l’honneur

Salamandre n°191, avril-mai 2009Depuis février déjà,  la forêt retentit du tambourinage des pics. Ces oiseaux utilisent le martèlement de leur bec pour lancer leurs appels territoriaux et nuptiaux. Pour bien faire se faire entendre, ils choisissent un arbre creux ou une branche morte bien sonore. C’est l’effet tam-tam. Le dossier du nouveau numéro de la Salamandre leur est consacré. Je vous le recommande ainsi que le miniguide pour reconnaître les 9 espèces qui vivent sous nos latitudes.

C’est l’occasion pour Julien Perrot, l’auteur du dossier, d’aborder aussi la santé des forêts. La présence des pics en est un indicateur. Dans les milieux naturalistes, l’importance des très vieux arbres et des bois morts n’est plus à démontrer. Ils sont importants non seulement pour les pics mais pour plein de petits animaux, les coléoptères entre autres. La valeur du bois mort commence à être reconnue par les forestiers mais, sur le terrain, la situation tarde à s’améliorer. Concilier l’équilibre naturel de la forêt avec une exploitation moderne et rentable du bois, un matériau précieux, écologique et renouvelable est pourtant un défi à relever au plus vite.

Donc, précipitez vous sur la Salamandre. Comme vous le savez, j’apprécie beaucoup cette revue des curieux de la nature. Les articles y sont sans prétention mais de grande qualité naturaliste et, en plus, c’est un magazine vraiment indépendant, c’est à dire sans publicité.
1- C’est super reposant.
2- Ça prouve qu’on peut s’en passer

En savoir plus: www.salamandre.net

Le Stabat Mater Dolorosa de Julien Jâlal Eddine Weiss

Le théâtre de la ville a célébré Pâques à sa manière avec ce Stabat Mater Dolorosa, création de Julien Jâlal Eddine Weiss. Ce musicien et musicologue remarquable, passionné par le chant byzantin et la musique arabe classique, met en lumière les liens musicaux entre les deux traditions à partir du thème de la Vierge Marie. En effet, Jésus et Marie font partie des personnages saints de l’Islam. Une sourate complète du Coran, la sourate Myriam (Marie en arabe) est consacrée à la mère du Christ et les grands maîtres, Ibn Arabi, Roumi ou l’Emir Abdel Lader ont également rendu grâce à Marie et au Christ. Julien Weiss a recherché et trouvé côté musique.

Le spectacle commence avec Tropos, un chœur byzantin d’Athènes, de magnifiques voix d’hommes. Puis, c’est au tour de Al-Kindî, l’ensemble instrumental fondé par Julien Weiss en 1983 avec la chorale des Mushiddin de la confrérie Qaderi d’Alep et les derviches tourneurs de Damas. Ainsi, les spectateurs ont d’abord découvert les deux traditions musicales séparément. La troisième partie du spectacle est la confrontation des deux, et là, c’est fabuleux. L’intensité n’a cessé de monter pour atteindre, au final, un paroxysme éblouissant. Oui la musique peut être une prière qui mène à l’extase! Après cette démonstration de virtuose, Julien Weiss a présenté l’ensemble des musiciens qui ont accepté de le suivre dans cette aventure. « Ce n’est pas une démarche New Age, a-t-il commencé par dire, mais bien un travail sur deux traditions classiques qui reposent sur des principes musicaux communs ».

N’étant pas musicienne, je ne peux retranscrire son explication qui était pourtant limpide. Le résultat est que chrétiens et musulmans ont fait ensemble un travail sur ce qui les réunit et non sur ce qui les oppose. Comme on aimerait que cela rejaillisse dans la vie quotidienne.

L’or des Amériques

Le buisson. Or natif. © Museum national d’Histoire naturelleL’or sous toutes ses facettes… Voilà une très belle exposition comme sait en concocter le Museum d’Histoire Naturelle. D’abord le côté géologique avec certaines pièces naturelles qui pourraient inspirer les plus grands sculpteurs. A l’état natif, l’or se trouve sous forme de lamelles, de fins filaments ou encore de cristaux géométriques. Le buisson, l’une des plus belles pièces exposées, est un agrégats de cristaux d’or sur une gangue de quartz blanc. Une autre de ces sculptures naturelles est composée d’une série de cristaux d’or, d’un morceau de quartz et d’un fragment de racine. Cette pièce,  l’une des plus belles au monde, a été trouvée en 1959, à quelques centimètres sous terre seulement! Puis la section consacrée à l’or chez les précolombiens nous apprend que chez ces peuples proches de la nature, l’or valait moins que le sel gemme. Mais  il était réservé aux Dieux!  ☞ suite

VSD se paye la peau de l’ours…

Les populations d’ours dans les pays de l’Est, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Sibérie… se portent plutôt bien. Mais on vient du monde entier et on paye très cher pour tirer ce grand mammifère. Et on rit pour l’éternité sur un cliché souvenir le pied sur la bête! Cela vous rappelle quelque chose? Oui… les photos de chasse coloniale au tigre!  Avec ce commerce lucratif et non régulé, les ours pourraient bien avoir des soucis à se faire. D’autant que cette pratique qui dure depuis des années s’intensifie. L’argent est maître du monde. Encore une fois l’adage est vérifié!

Le magazine VSD vient de publier un reportage sur une chasse à l’ours en Sibérie avec témoignage d’une agence belge qui les commercialise à 8500 € minimum – mais peut-on parler de témoignage lorsque la dite agence reste anonyme! Cette même agence décrit ses clients comme « des gens qui ont des moyens à la recherche de sensations fortes« … comme c’est pudiquement dit!  « Des dizaines de compagnies vous promettent l’excitation de la vie sauvage ». En France, selon le magazine, trois agences au moins se sont spécialisés dans ces safaris juteux!

Comment ne pas être encore plus révolté lorsqu’on apprend que ces chasses sont effectuées pendant la période d’hibernation de l’ours. « La traque et la chasse proprement dite ne durent que deux jours. Une fois repérées, les bêtes, profondément endormies dans leur tanière, doivent être délogées. Les rabatteurs commencent par les titiller avec des bâtons pour les réveiller. » Quelle aventure! Quel courage! Autre perle du texte de VSD: « L’animal gisant dans la neige, c’est alors la fête pour les chasseurs, ravis d’avoir échappé aux griffes du féroce mammifère… » Vraiment! Mais de qui se moque-t-on? Et encore une dernière: « Seul hic : s’ils tuent une femelle, les éventuels oursons seront abandonnés, une pratique dénoncée par les associations de défense des animaux. » Un simple hic? Tiens si on demandait à Jean-Jacques Annaud ce qu’il en pense!

Et c’est un magazine qui nous enjoint régulièrement de respecter l’environnement et de nous convertir au développement durable qui publie un tel reportage! Écœurant!  N’hésitez pas à manifester votre réprobation en envoyant un message au rédacteur en chef délégué,  Olivier Cabréra, à l’adresse suivante : ocabrera@vsd.fr

N.B.: Toutes les citations en italique sont extraites de l’article signé Antoine Dreyfus paru dans VSD ☞ voir l’article