Chaque hiver, la mise en place des mangeoires ramène le ballet des oiseaux au jardin. C’est toujours un grand spectacle. Cette année, ils sont là mais avec une baisse d’environs 60 %. Habituellement, les mangeoires étaient vides en fin de matinée, là, le soir, il reste encore des graines. La même constatation a été faite dans d’autres jardins. C’est terrifiant de voir à quelle vitesse va la perte de biodiversité. Malgré ces signaux d’alarme visibles à l’œil nu, l’inconscience collective et l’utilisation des produits phytosanitaires assassins perdurent. Quelquefois, je me dis que Rachel Carson, l’auteure de « un printemps silencieux », avait raison. Son livre publié en 1960 était peut-être bien prémonitoire. Alors mon impuissance me remplit de tristesse, voire de désespoir.
Le grand orchestre des animaux

Il ne vous reste qu’au 8 janvier pour aller voir cette exposition à la Fondation Cartier mais courez-y si vous êtes sur Paris. Bernie Krause, musicien et bio acousticien américain, qui a enregistré les univers sonores des animaux dans le monde, a inspiré ce « grand orchestre des animaux » qui rassemble aussi des œuvres représentant nos multiples représentations de l’animalité, en résonance avec son travail. L’exposition est, de fait, une invitation à s’immerger dans une méditation, à la fois sonore et visuelle, autour du monde animal. Il est bien difficile de rester insensible à la qualité symphonique de cet orchestre menacé par la cacophonie humaine. ☞ lire la suite
Rougegorge
Saviez-vous qu’en Angleterre, le rougegorge est le symbole de Noël. Il décore les cartes de vœux et les papiers cadeau. Une légende dit que la tache qui orne sa poitrine serait une goutte du sang du Christ car l’oiseau lui aurait rendu visite sur la croix.
Le rougegorge familier doit son nom à son aisance à fréquenter les humains. Le jardinier le sait bien. L’oiseau est là, tout près, dès fois qu’un repas sautillant, genre ver de terre ou coléoptères, sorte de terre. Cette attitude viendrait du temps où les rougegorges vivaient essentiellement en forêt et dénichaient leur nourriture auprès des sangliers ou des cerfs qui remuent fréquemment le sol. Il y a toujours à glaner dans ces travaux de terrassement et le jardinier que nous sommes est lui aussi un gros mammifère qui remue la terre. ☞ lire la suite
Le génie de l’arbre
Depuis vingt ans Bruno Sirven, géographe spécialiste du paysage et des arbres, prend des photos, engrange des témoignages, collectionne les données, arpente, observe, explore pour approcher le « génie de l’arbre ». Avocat passionné des arbres, il montre dans ce livre paru aux Éditions Actes sud comment les arbres sont des acteurs essentiels de la biodiversité. « Un arbre ne vit jamais seul, écrit-il. C’est un habitat peuplé à tous les étages, dans le sol et dans les airs, du bout de la plus infime racine jusqu’à l’extrémité ultime de la cime où il héberge, tel un village vertical, des résidents de toute nature. » La mort de l’arbre n’est d’ailleurs pas celle des hôtes qu’il abrite, au contraire. « Même mort, l’arbre continue à donner la vie et préparer le terreau en se décomposant pour mieux accueillir ses successeurs. Il continue à être un lieu de vie et d’étape. » ☞ lire la suite
L’homme et l’eau
Selon l’organisation des Nations Unies, 10% de la population mondiale vit dans une zone où le manque d’eau est chronique. D’ici 2050, cette proportion atteindra 45 %. L’eau est donc au centre de défis essentiels pour l’avenir de l’humanité (agriculture, sécurité alimentaire, énergie, santé). Si la gestion de cette ressource ne change pas radicalement, le monde devra faire face à un déficit hydrique global de 40% dès 2030, avec comme corollaire la montée en flèche du stress hydrique et la menace de tensions et de conflits pour s’approprier gisements naturels et aquifères.
Si le XXIème siècle amorce une prise de conscience quant à l’importance de l’eau pour l’homme et la planète et sa reconnaissance en tant que bien commun de l’humanité et droit humain, Évelyne Ramelet et Pauline Dalençon, les auteurs regrettent que la convention issue de la COP21 ne fait aucune mention, à aucun moment de l’eau ou du cycle de l’eau. Bien que le constat ne pousse pas à l’optimisme, ils veulent croire que les décisions prises sur le plan international couplées aux initiatives citoyennes permettront sans doute une meilleure relation d’égalité entre les peuples face à cette denrée indispensable et trop largement sous-estimées.
L’homme et l’eau, de la surconsommation à l’équilibre par Évelyne Ramelet et Pauline Dalençon, éditions Alternatives, collection Manifestô, 160 pages, 17 €
