Tous les articles par D.B.

TTIP/TAFTA : négociation déloyale

L’union européenne a autorisé hier l’importation et la commercialisation de dix-sept OGM destinés à l’alimentation humaine ou animale et de deux œillets transgéniques. L’autorisation a pris effet immédiatement et vaut pour dix ans. Elle survient au lendemain du neuvième cycle de négociations du Traité Transatlantique, TTIP ou TAFTA, qui a eu lieu à Washington du 20 au 24 avril! Un hasard? Permettez-moi d’en douter. Ces autorisations étaient en suspens car les États membres n’étaient pas parvenus à constituer une majorité pour ou contre leur commercialisation. En effet, jusqu’à maintenant, la Commission autorisait les OGM après avis de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) mais elle se retrouvait systématiquement bloquée par les 19 états anti OGM dont la France. Un tour de passe-passe juridique fait que désormais les états membres pourront interdire leur utilisation sur leur territoire! Cela pourrait, au premier abord, sembler un avantage. Auparavant, les pays opposés devaient prendre des clauses de sauvegarde ou des mesures d’urgence pour des motifs environnementaux et sanitaires. De fait, ce soi-disant droit tout neuf des États pourrait bien être un leurre. Ces OGM étant autorisés en Europe, il sera quasiment impossible de contrôler leur entrée dans un pays. Ce n’est pas la peine d’être un phénix pour comprendre, par exemple, que la viande des animaux élevés avec des aliments transgéniques dans des pays moins regardant se retrouvera forcément dans tous les supermarchés européens! ☞ lire la suite

Les animaux en bord de chemin

Ce nouveau livre de Marc Giraud est un livre d’éthologie, un bien gros mot dont l’auteur ne se targue pas, car lorsqu’il parle du comportement des animaux, il raconte des histoires à la portée de tous. Et cette fois, l’histoire est racontée en images. C’est juste super!

Marc a collecté près de 700 photos auprès de 40 photographes. Il a fait les choses à l’envers d’une certaine manière. Il a cherché d’abord les images et a décrit ensuite les comportements photographiés. Il décrypte pour nous telle ou telle attitude d’animaux que chacun d’entre nous peut rencontrer en bord de chemin, dans son jardin ou même en ville. Car c’est la philosophie de ce naturaliste qui, depuis trente ans, n’a de cesse de montrer que l’extraordinaire se cache dans l’ordinaire, juste sous nos yeux. Il suffit juste de regarder. Autre particularité de l’approche Giraud : parler aussi bien des animaux domestiques que des animaux sauvages car apprendre à les regarder et les comprendre, c’est déjà un état d’esprit, un apprentissage car eux, sont très faciles à observer. Et comme nos compagnons à poils ou à plumes ont été sauvages, même s’il y a très longtemps, ils ont gardés des réflexes que l’on peut toujours observer chez leurs cousins libres. Saviez-vous par exemple qu’ils existent globalement deux grandes catégories, les prédateurs et les proies. Les premiers (chien, chat, renard, lynx…) regardent devant. Ils ont des yeux alignés qui leur donne une image en relief utile pour repérer précisément les proies qu’ils poursuivent. Les seconds (chevaux, lièvres, souris…) ont des yeux sur les côtés : ils ont besoin de savoir ce qui se passe derrière eux lorsqu’ils s’alimentent.

Convaincu ? En tout cas, je vous recommande ce livre passionnant qui peut se lire de A jusqu’à Z ou, au contraire picorer au fil des pages. Vous y apprendrez des tas de choses notamment sur ce qui se passe en ce moment dans la nature toute énamourée, des oiseaux qui chantent à tue-tête, s’offrent des cadeaux de noces ou dansent pour séduire leur belle jusqu’aux grenouilles et autres amphibiens comme le crapaud, véritable obsédé sexuel qui saute sur tout ce qui bouge!

Les animaux en bord de chemin, éditions Delachaux et Niestlé, 256 pages, 24,90 €

Que sont devenus les animaux de l’Ancienne Égypte ?

Chouette – temple d’Hapchetsout – Deir el-Bahari © Philippe Huet

Qu’elle est belle cette chouette gravée pour l’éternité dans la pierre du temple de la reine Hapchetsout à Deir el-Bahari non loin de Louxor et de la vallée des rois. Elle n’a pas échappé à l’œil pointu de Philippe Huet qui, avec Marie, sa femme, a arpenté l’Égypte des temples. En découvrant ces images à Ménigoute, Laurent Arthur et Michèle Lemaire, les conservateurs du Muséum d’Histoire naturelle de Bourges ont été conquis et ont souhaité les exposer. Voilà chose faite mais une exposition au Muséum se devait d’avoir une dimension naturaliste. Le pari a été relevé tout simplement en répondant à la question, que sont-ils devenus?
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Émergences

La nature a l’air encore en dormance mais les signes du renouveau se font de plus en plus nombreux. L’armure de ces bourgeons de lilas se fendille. Et puis, j’ai vu passer mon premier citron dimanche. Ce papillon jaune vif est vraiment le messager du printemps tout comme les bourdons solitaires. De fait, ce sont des femelles, et même plus, des reines, les seules survivantes de la colonie, les seules à avoir passer l’hiver. Leur mission : modeler un nid de cire, couver, donner la vie à un nouveau peuple bourdonnant, le nourrir de nectar et de pollen jusqu’à ce que les ouvrières puissent prendre le relais et… s’occuper de leur reine qui n’aura plus alors qu’à pondre.
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14 février : journée mondiale du désinvestissement des énergies fossiles et… saint Valentin

Les premières journées mondiales de désinvestissement des énergies fossiles ont eu lieu ces 13 et 14 février. Faire pression sur les institutions publiques et les banques pour qu’elles arrêtent de financer l’industrie des combustibles fossiles, pétrole, charbon, gaz de schistes… tel est leur objectif. La mobilisation est mondiale toutefois les médias français sont restés très discrets, un non sens à dix mois de la conférence sur le climat (COP 21) qui se tiendra à Paris car cette démarche est essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Je trouve toutefois curieux que le mouvement a choisi le même jour que la saint Valentin sans y faire aucune allusion. En effet, cette fête est une catastrophe écologique pas à cause de l’amour mais à cause de la culture et du commerce des fleurs! Tout le monde devrait reprendre en cœur avec Brel, « je vous ai apporté des bonbons » ! Les fleurs arrivent en effet par milliers par avion de l’Équateur, de la Colombie, du Kenya… à Aalsmeer en Hollande, marché et plaque tournante mondial de la fleur coupée. Même les fleurs cultivées en Europe, Italie principalement, remontent en Hollande. Elles repartent ensuite dans toute l’Europe par camion et aux États-Unis par avion cargot. Cela juste pour le bilan carbone car c’est sans compter les engrais chimiques et les pesticides utilisés en surabondance – les fleurs n’étant pas des denrées alimentaires, elles ne sont soumises à aucunes normes – qui nuisent gravement à la santé des travailleurs surexploités! ☞ lire la suite